Deauville 2010 : Holy Rollers

La Rédaction | 10 septembre 2010
La Rédaction | 10 septembre 2010

EN COMPÉTITION

Holy Rollers est un film qu'on a déjà vu. Une histoire de péché puis de rédemption.

Sam Gold, dans sa gentille famille hassidique de Brooklyn, s'ennuie dans la vie matériellement frugale qu'on lui promet, et se lance dans le trafic de drogue. Découverte d'un nouveau monde, choc des cultures, un jeune garçon hassidique avec son look tout droit sorti de l'Ukraine du siècle dernier avec des filles, de la drogue, négociant avec un magnat de l'ecstasy à Amsterdam.

Le choc des cultures, d'Une Etrangère parmi nous à Mariage à la grecque, est un ressort connu et efficace. Ainsi, on ne s'ennuie pas une seule minute, les personnages sont suffisamment sympathiques et complexes pour qu'on s'attache à eux. Le traitement, de l'aveu du réalisateur, est parfois léger, la connivence s'installe, et un lien se crée automatiquement avec le spectateur sur l'universalité de l'envie de prendre son envol. Un petit film aussi inattendu que précieux.

Ripley

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Conférence de presse avec Kevin Asch

 

Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire?

C'est mon rêve d'être un réalisateur. Certains enfants veulent astronautes ou pompier. Moi, c'est ça. Tout ce que j'ai fait jusqu'ici, c'était pour accomplir ce but. Je serais prêt à réaliser n'importe quoi. Mon collègue Danny m'a raconté cette histoire il y a 5 ans et je n'arrivais pas à m'enlever de la tête l'image de ce juif hassidique dans un night club, de la juxtaposition de ces deux mondes. C'est une culture peu explorée au cinéma. Et au fur et à mesure, c'est devenu le premier film idéal. C'est l'un de ces projets qui vous tombe du ciel.

Quelles ont été les réactions de la communauté juive orthodoxe ?

La communauté hassidique ne voit pas ne voit pas de films. Les orthodoxes eux en voient. 95% de ceux  à qui j'ai parlé ont été extrêmement réceptifs. Les autres ont une réaction négative à cause de l'histoire controversée. Je suis sûr qu'ils sont venus voir le film en se disant dès le départ qu'ils n'allaient pas l'aimer.

J'ai essayé d'être honnête. Quand on veut dire du bien de quelque chose, on est obligé d'évoquer le mal aussi. J'ai voulu faire un portrait du point de vue de la communauté, une communauté dans laquelle il y a peu de soutien pour les individus. Le poids de la communauté est très fort. D'où la fin. Il peut communiquer avec son père. C'était important de raconter cette histoire d'un point de vue à l'intérieur, à hauteur d'hommes, pas une question de groupes. Les individus ont le même genre de problèmes que tout le monde. Il fallait briser ces conventions. Il revient du monde séculaire avec ce qu'il a appris et son père est prêt à l'écouter. C'est le sens de la dernière scène.

Pourquoi traiter le sujet de cette manière-là ?

C'est un drame. Les plus grands drames donnent les meilleures comédies. Les deux sont liés. J'ai pris ce film au sérieux. L'histoire du film, c'est celle d'un poisson hors de l'eau. Ce genre de situation appelle la comédie. Il y a beaucoup d'ironie à propos de ce jeune homme très religieux et ce monde extrême des night-clubs. J'ai fait appel à l'humour avec Jesse Eisenberg parce que quand le public rit, ça nous permet de nous sentir plus lié au personnage. Ca rend la communauté moins distante et le drame n'en devient que plus fort. C'était un choix très conscient sans pour autant sous-estimer le fait que ce soit une histoire vraie et sérieuse.

 

 

 

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