Berlin 2010 : Jour 5

Laurent Pécha | 18 février 2010
Laurent Pécha | 18 février 2010

« I'm the king of the market » : Ave Caesar !

Sacré Scarlett ! La peste avait bien raison. Après la pire journée du festival, voici la meilleure ou du moins la plus excitante. Ca commence pourtant moyen. A force d'écrire du texte à pas d'heure, le réveil est de plus en plus compliqué et hop je rate Shahada, film allemand de la compétition. Pas grave puisque j'ai mon ticket pour le rattraper le lendemain avec un réveil cette fois-ci plus tardif de 30 minutes, la demi-heure qui fait toute la différence. Donc, la première projection n'est qu'à midi. Largement de quoi scruter le programme voir s'il n'y a pas quelques changements de dernière minute dans les diverses projections aux quatre coins de Berlin. Une habitude ici et bingo, en lisant attentivement mon Screen (revue qui sort un quotidien spécial durant le festival), je découvre qu'une toute nouvelle projection de Centurion de Neil Marshall est prévue à 15h au marché du film. Youpee ! Seul souci, je n'ai pas d'accréditation pour le marché et sans ça, aucune chance de récupérer un pass pour la séance. Bon, il va falloir réfléchir à une éventuelle combine. Avant d'entrer dans ma projo de 12h, j'envoie du texto à la mer à plusieurs connaissances avec un message clair : «  pitié, je fais tout pour une place pour Centurion ».

 

 

 

L'esprit encore préoccupé, je découvre un nouveau film en compétition : The Kids are all right de Lisa Cholodenko que l'on avait découvert il y a plus de 10 ans au festival de Deauville avec le très beau High Art. Bonne pioche puisqu'à ce jour, il s'agit du long-métrage qui m'a le plus séduit. Non pas que The Kids are all right va marquer d'une pierre blanche le 7ème art mais cette histoire de deux lesbiennes dont les enfants respectifs vont rencontrer leur père biologique, créant un joli boxon dans la vie de cette famille pas comme les autres, s'avère aussi singulière qu'attachante et croustillante. Dans le rôle du couple, Annette Bening et Julianne Moore sont extraordinaires, à la fois drôles et émouvantes. Dans celui du mâle qui fout involontairement la zizanie, Mark Ruffalo joue sur du velours mais le fait impeccablement bien. A l'instar de ce que le festival propose jusque là, surtout quand il s'agit de films américains (Greenberg, Please give), on assiste à une énième tranche de vie sauf que cette fois-ci la situation est nettement plus originale, ou du moins déroutante pour le spectateur et les enjeux qui découlent de cette nouvelle composition familiale, s'avèrent parfaitement délimités et surtout traités au fil du récit. Bref, les personnages évoluent vraiment sous nos yeux, on ressent leurs dilemmes, on s'amuse beaucoup de leurs tourments (sachant au fond que tout ceci ne peut pas vraiment se finir mal, ça s'appelle donner un ton au film et Cholodenko sait parfaitement le faire). Une réussite mineure mais une réussite tout de même et surtout un énorme plaisir de voir évoluer Bening et Moore face à face.

 

 

 

Sans doute galvanisé par le fait de voir un bon film, je file au marché tenté l'impossible puisque mes textos n'ont pas eu de réponse positive (merci mister G). Objectif : le stand de Pathé international, distributeur du film. Sur le départ (le marché du film se finissant demain), le dit stand n'a plus fière allure mais je trouve un sympathique jeune homme qui, après quelques allers-retours dans les différents services et les justes explications, me donnera le précieux sésame. Et c'est parti pour un petit sprint pour atteindre la salle et découvrir le très attendu film de Neil Marshall. Pour faire du teasing, le verdict peut être lu ici.

 

 

Après la projo de Centurion, je retourne au marché pour vous proposer avec les moyens du bord (appareil photo HS, c'est l'i-phone qui servira de témoin) quelques affiches improbables qui m'ont bien faites délirer. Moins fou que celui de Cannes, le marché de Berlin comme tout bon marché qui se respecte, offre l'occasion de découvrir des projets improbables, dont certains qui ne verront jamais le jour (Angel, le directeur de Sitges m'avouant que l'alléchant Gladiators vs Werewolfs est prévu depuis déjà 3 ans à grands coups de posters graphiquement très tape à l'œil). Qu'importe, sur le coup, on oublie et on se projette déjà virtuellement dans ces films. Bon visionnage !



   
   
   
   
   
   

 

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