Gérardmer 2010 - Inédits vidéo

Vincent Julé | 29 janvier 2010
Vincent Julé | 29 janvier 2010

Parmi les sélections présentés au festival de Gérardmer, celle des inédits vidéo organisée en collaboration avec le magazine Mad Movies est très appréciée par les festivaliers. L'occasion de se payer sur grand écran séries B, DTV et autres pelloches mal vues en compétition. Petit tour d'horizon...

 

Shuttle d'Edward Anderson (USA, 2008)
De retour d'un week-end, deux amies arrivent à l'aéroport en pleine nuit. Elles réussissent à monter à bord de la dernière navette pour rentrer chez elles. Mais le soulagement cède rapidement à l'angoisse lorsqu'elles s'aperçoivent que le chauffeur se dirige vers une destination beaucoup plus obscure...

La fameuse destination où sont emmenées les belles Peyton List et Cameron Godman ne sera connu du spectateur que dans sa dernière ligne droite. Avant, le mini-bus conduit par le méchant mais peu charismatique boogeyman emprunte plusieurs petites ruelles et autres chemins de traverse qui rend le film laborieux. A l'arrière, les clients/victimes crient, se font mutiler, se libèrent, se font rattraper, vont faire les courses... Un programme bordélique, souvent crétin, parfois nonsensique, dont le seul but est de rendre les intentions du kidnappeur toujours plus mystérieuses. Mais lorsque celles-ci sont révélées, lors d'un dernier virage, direction le hangar, le film trouve une nouvelle identité, loin de son postulat de départ, et se fait aussi réaliste que désespérant. Vous ne verrez plus jamais le balai des containers sur un port comme avant.




The house of the devil de Ti West (USA, 2009)
A court d'argent, Samantha accepte de faire du baby-sitting dans une maison isolée sans savoir qu'elle va vivre une nuit de cauchemar. Car, à minuit, dans l'ombre d'une éclipse lunaire totale, les forces du mal vont être libérées...

Alors que Hollywood s'évertue à remaker chaque film de genre des années 70 et 80, The house of the devil se pose là, comme le meilleur hommage possible aux slashers, maisons démoniaques et autres péloches sataniques. A l'instar de Black Dynamite avec la blaxploitation ? Oui, car il a été tourné de la même manière sur du 16mm pour garder le même grain d'image, mais non, car il n'est en aucun cas une parodie ou une satire. The house of the devil est un vrai film de genre des eighties... mais tourné en 2009. Et s'il était sorti à l'époque, serait-il passé inaperçu ou au contraire aurait-il accédé à la postérité ? La question ne se pose finalement pas, tant le film semble conscient qu'il est anachronique, unique. Ainsi, pendant pas moins d'une heure et quart (sur une heure et demi !?!), le film installe un lieu et un personnage, ménage la peur, joue avec les codes et ne ment jamais. Sa totale intégrité et sa fausse simplicité procurent ainsi un plaisir immense, qui se mue, alors que les minutes défilent et que le grand final se prépare, en une tension que l'on croyait avoir oubliée. Que l'horreur surgisse, et comment, importe finalement peu.

 



Inside de Phedon Papamichael (USA, 2008)
La paisible communauté de Grovetown est frappée par une vague de suicides inexpliqués. Alors que la plupart des habitants préfèrent l'ignorer et s'en remettre à Dieu, une étudiante décide d'examiner de plus près cet inquiétant phénomène.

Chef opérateur de renom (dernièrement W., 3h10 pour Yuma, et prochainement Bioshock), le grec Phedon Papamichael signe avec Inside son troisième long-métrage en tant que réalisateur. Et force est de constater qu'il sait installer un univers, soigner une ambiance. Bien que peu accueillante avec ses suicides et ses religieux, cette petite ville d'Amérique profonde est fascinante. Malheureusement, ses habitants le sont beaucoup moins, et dès lors que la magie noire fait son entrée par l'intermédiaire du fils d'une sorcière (interprété par Thomas Dekker, le faux John Connor de la série Terminator), le film perd doucement mais sûrement son intérêt alors que les suicides par double interposé se multiplient mollement. Dommage que l'acteur tête à claques soit de presque tous les plans, il gâche l'interprétation convaincante de l'héroïne Elizabeth Rice et du redneck Adam Goldberg.

 

 

 

Détour  de Severin Eskeland (Norvège, 2009)
Lina et Martin reviennent de Norvège en voiture. Lors d'un barrage routier, un policier leur demande d'emprunter un détour à travers la forêt suédoise...

Il y a deux façons d'appréhender Détour. Soit on est révolté par son incroyable festival de poncifs et de scènes mal pompées de tout ce que le cinéma d'horreur a produit depuis 30 ans. Soit on décide de se marrer entre potes devant cet involontaire remake de La Cité de la peur. Ce qui promettait d'être un énième mais néanmoins sympathique Hostel flick avec personnages peu recommandables et tortures à gogo, se transforme vite en une hallucinante parodie du genre qui n'épargne aucun rebondissement théâtral (l'héroïne fait passer Kim Bauer de 24 pour un enfant de cœur, un personnage n'existe que pour s'échapper en hurlant et se faire rattraper pour à nouveau s'échapper et se refaire choper immédiatement, youpee, on a gagné 10 minutes pour atteindre la durée d'un long-métrage). Grandiloquent, ridicule, mal filmé,  doté d'une photo incroyablement moche (ça promet en DVD), surjoué, Détour est tout simplement une grosse daube. Faites gaffe, TF1 va le sortir prochainement en vidéo... 

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