Oscars 2009: Inspiration de réalisateurs

Flavien Bellevue | 21 février 2009
Flavien Bellevue | 21 février 2009

Alors que la 81ème cérémonie des Oscars se prépare, une partie des réalisateurs nommés révélaient au journaliste du journal américain Variety, Anthony Kaufman, leur(s) film(s) influent pour l'œuvre qu'ils ont réalisé l'an passé. C'était à l'occasion de la Directors Guild Award fin janvier dernier et les réalisateurs concernés étaient Danny Boyle pour Slumdog Millionaire, Ron Howard pour Frost Nixon, l'heure de vérité, Christopher Nolan pour The Dark Knight, Gus van Sant pour Harvey Milk et David Fincher pour L'étrange histoire de Benjamin Button.

 

 


 

« Nous pillons partout » affirme le réalisateur Danny Boyle qui considère les réalisateurs comme des pies voleuses. Pour lui, son inspiration majeure vient directement de la ville de Mumbaï mais comme d'habitude, pour inspirer ses acteurs, il leur donna trois films indiens à voir : Company et Satya de Ram Gopal Varma et Black Friday de Anurag Kashyap. Trois films en dehors du faste visuel que propose d'habitude Bollywood et qui ont la particularité d'avoir un aspect réaliste (et que nous vous recommandons).

 

 

C'est dans cette même veine qu'est parti le réalisateur Gus Van Sant pour retranscrire à l'écran, le portrait de Harvey Milk en s'inspirant des documentaires  Primary (1960) de Robert Drew (disponible chez Arte Vidéo) et de Law and Order (1969) de Frederick Wiseman. Harvey Milk devait être filmé en 16mm et lorsque le studio Focus Features le persuada d'utiliser le 35mm à la place, l'inspiration du réalisateur d'Elephant se trouva plus du côté du Parrain de Francis Ford Coppola en raison d'un style plus calme et de la liberté du jeu des acteurs. « Une fois que vous êtes en 35 [mm], vous ne pouvez plus faire ça [rendu visuel des documentaires des années 60]...l'aspect documentaire en 35mm d'aujourd'hui ne ressemble plus aux films de D.A. Pennebaker ou à la photo des documentaires cadrés par Albert Mayles mais plus à la série The Office. » conclut Gus Van Sant.

 

 

 

Le réalisateur le plus influencé des nommés n'est autre que le réalisateur de Frost Nixon, l'heure de vérité, Ron Howard ; et particulièrement par le film d'Alan J. Pakula Les hommes du président. A propos du film, il évoque : « L'élégance, la tension sans manipulation et le mélange de l'écriture au jeu des acteurs et aux choix cruciaux des compositions des cadres font qu'il y a tellement à apprendre de ce film...Je pense que ce film est à voir avant de commencer n'importe quel projet ». Quant au travail avec ses acteurs, Ron Howard cite Un après-midi de chien et Le prêteur sur gages de Sidney Lumet dont il considère un grand spécialiste des émotions qui sans les pousser à bouts, les sonde pour obtenir toutes leurs intensités.

 

 

Le réalisateur de Dark knight, lui, avoue une référence majeure pour son film et cela se voit, puisqu'il s'agit de Heat de Michael Mann. En écrivant Dark Knight, Christopher Nolan savait qu'il serait plus urbain que Batman begins et c'est pour cette raison qu'il projeta le célèbre film de Michael Mann à tous ses principaux chefs d'équipe. Il affirme : « J'ai toujours pensé que Heat était une remarquable démonstration de la création efficace d'un vaste univers dans une seule ville, où sont plongés un grand nombre de personnages avec leur propre aventure émotionnelle ».

 

 

Quant à David Fincher, il est le seul à n'avoir aucune référence cinématographique comme inspiration pour L'étrange histoire de Benjamin Button. Fincher s'explique : « Nous n'avons jamais mentionné de noms comme David Lean ou Vincente Minnelli...La seule chose qui ait été discuté au point de vue de style était que le film serait simple et formel, en somme classique. ».
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