Décès de Claude Berri : les réactions

Jean-Noël Nicolau | 12 janvier 2009
Jean-Noël Nicolau | 12 janvier 2009

Les réactions se multiplient à la suite du décès de Claude Berri. En voici quelques unes.

 

 

 Claude Lelouch

"On perd peut-être le producteur français le plus important de l'après-guerre. Je pense qu'il avait un sixième sens à la fois artistique et ensuite de spectateur. Il a su rester aussi un spectateur. Je me souviens l'avoir vu aller voir les films des autres et c'était un vrai spectateur. C'était quelqu'un qui connaissait le public, qui connaissait bien, bien le public mais qui a toujours tiré son métier vers le haut.

Ce qu'il y a de formidable chez Claude, c'est qu'il a toujours toujours fait des films populaires mais il a tiré ça vers le haut.

Il disait toujours: ce n'est pas ce que coûte un film, c'est ce qu'il rapporte qui compte. Il dépensait beaucoup, beaucoup d'argent parce qu'il voulait que les choses soient de qualité. Donc quand il se lançait dans un projet, il faisait tout pour tirer tout ça vers le haut".

 

 


 

 

Josiane Balasko

 

"C'est une collaboration [Gazon maudit] qui a été amusante même si on s'engueulait souvent avec Claude mais ça, ça faisait partie de la collaboration. Je me souviens, ce qui ça m'a fait vraiment rire, Claude, qui était quelqu'un d'assez réservé et pas forcément très expansif, quand on a appris le premier jour le résultat des entrées est monté sur la table et s'est mis à danser et ça, c'était Claude. Il pouvait avoir ce côté 'je suis extrêmement déprimé et triste' et d'un seul coup pouvoir danser. Je suis très triste de sa mort parce qu'il faisait partie des grands producteurs qui permettaient aux metteurs en scène de réaliser leur film en essayant de rêver le mieux possible. Il leur donnait vraiment les moyens de le réaliser".

 

 


 

 

Jack Lang

 

"La disparition de Claude Berri sera vécue par les hommes et les femmes de culture comme un véritable déchirement. Sa mort est d'abord celle d'un ami fidèle et chaleureux. C'est une perte immense pour le cinéma. Inventeur d'un nouvel art cinématographique populaire, il a en même temps ouvert la voie à des recherches originales et neuves. Ses films ont profondément transformé le paysage du 7ème art. Parallèlement il s'est engagé avec courage et audace en faveur de l'art contemporain. Cet autre combat force aussi l'admiration. Cet homme au coeur généreux aura métamorphosé nos visions de la culture et de l'art".




Bertrand Delanoë


"Cet enfant de Paris s'était affirmé comme l'une des personnalités majeures du cinéma français: comédien sensible, producteur de dimension internationale à l'incroyable éclectisme, il fut associé à d'immenses succès populaires autant qu'à des oeuvres d'auteur. Réalisateur talentueux, il était un formidable directeur d'acteurs. Paris se souviendra aussi que Claude Berri avait présidé la Cinémathèque française de 2003 à 2006. Immense collectionneur, il avait en outre ouvert récemment une galerie d'art contemporain dans le quartier du Marais".





 

Hommage de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication

 

Avec Claude Berri disparaît une des plus grande figures du cinéma français de ces quarante dernières années, qu’il aura profondément marquées de ses multiples talents de réalisateur, de scénariste, d’acteur et de producteur.
Couronné par un Oscar du meilleur court métrage dès son premier essai dans le cinéma, c’est le chef d’oeuvre qu’est demeuré « Le vieil homme et l’enfant » qui le révéla au grand public.
Sachant mettre beaucoup de lui-même dans ses films, mais aussi raconter et traduire son époque comme il le fit magistralement avec « Tchao Pantin », il fut le remarquable adaptateur à l’écran d’ oeuvres littéraires comme  Germinal », « Jean de Florette » et « Manon des sources », ou encore  « Uranus ».
Claude Berri restera également pour nous un très grand producteur, métier qu’il exerça avec une passion infinie, sans préjugé, animé par le goût du risque, manifestant son ouverture pour toutes les formes de cinéma, de la grande comédie populaire au film d’auteur, de Zidi à Forman en passant par Annaud, Chéreau, Demy ou Polanski.
L’année 2008 a été une brillante consécration avec le succès exceptionnel de « Bienvenue chez les Ch’tis » et les Césars attribués à la « La graine et le mulet », deux films dont il était le producteur, mais aussi « Ensemble c’est tout », sa belle et sensible adaptation du roman d’Anna Gavalda, également récompensée aux Césars.
Il nous laisse un patrimoine magnifique et vivant, ainsi que son dernier film à découvrir, « Trésor ».
Grand amateur d’art et de peinture, en particulier connaisseur très avisé des créateurs contemporains, ce fut un collectionneur au goût sûr et raffiné.
Il avait su exprimer d’une autre façon encore, son amour du cinéma en acceptant de présider la Cinémathèque française et en concevant un projet ambitieux pour cette institution. L’exposition « Renoir / Renoir » dont il avait eu l’idée a ainsi inauguré avec éclat une cinémathèque rénovée.
Sa personnalité attachante et son talent immense vont énormément manquer à tout le cinéma français.

 

 


 

 

 L'Académie des Arts et Techniques du Cinéma

 

Hommage à Claude Berri


Claude. Tu as marqué nos vies, nos destins, nos envies.
Tu nous as tout appris. A rêver, à lire, à entreprendre, à rire et à pleurer, à aimer les acteurs et les films, à prendre tous les risques, à respirer l'émotion, à rebondir tous les matins. A forcer le destin.
Et à gagner. Par passion et par amour.
Ton premier court métrage, « le poulet » obtient l'Oscar à Hollywood.
Ta dernière production « Bienvenue chez les Chtis » pulvérise tous les records de l'histoire du cinéma français.
Entre ces deux films, 40 ans d'éblouissement cinématographique : Tess, La Reine Margot, Jean de Florette, Astérix, l'Ours, l'Amant, Almodovar, Tchao Pantin, Milos Forman, et tellement d'autres. Oeuvres et chefs d'oeuvres emmêlés, un émerveillement, une ivresse de films, qui occuperont un pan tout entier dans l'histoire du cinéma.
Tu laisses un vide immense. Tu vas forcer chacun à revoir son logiciel personnel, à l'aune de ton parcours jalonné de génie et de passion absolue.
Comme tu vas nous manquer. Un morceau de nos vies cinématographiques s'arrache avec toi. Tu resteras toujours dans nos mémoires et dans nos coeurs.
C'est plus qu'une vie, c'est une légende qui s'est écrite.
Tu as rejoins Julien, Jean-Pierre et Anne-Marie.
Avec Thomas, Darius, Paul et Nathalie nous pleurons.
Merci, merci, merci Claude de nous avoir tant fait rêver.


Le Président
Alain Terzian 

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