Paul Newman : hommage à un géant

Nicolas Thys | 29 septembre 2008
Nicolas Thys | 29 septembre 2008

Décédé vendredi des suites d'une longue maladie à l'âge de 83 ans, Paul Newman restera une légende du cinéma hollywoodien lui qui n'aura pourtant guère connu son âge d'or que l'on fait terminer au milieu des années 1950. Alors que cette même décennie est marquée par les débuts fracassant de la télévision aux Etats-Unis, nombre d'acteurs qui deviendront importants par la suite y font leurs premières armes et c'est soncas.

 

 

 

Entre 1952 et 1958 l'acteur, au jeu reconnaissable et formé à l'Actor's Studio comme Marlon Brando ou James Dean, tournera dans près d'une vingtaine de séries différentes dont aucune ne parviendra jusqu'à nous mais où figure You are there réalisée par le jeune John Frankenheimer sur les grands événements de l'histoire du monde et dans laquelle Newman interprète notamment le philosophe Platon.

 

 

 

Parallèlement il se voit offert un contrat par la Warner suite à l'une de ses apparitions théâtrales. Robert Wise lui confiera dès 1956 et 1957 ses deux premiers grands rôles dans Marqués par la haine et Until they Sail. Sans être encore connu du grand public les studios commencent à s'intéresser à lui et lui offrent quelques rôles importants dans Pour elle un seul homme de Michael Curtiz dans  la même année. Mais c'est l'année suivante que la consécration arrive avec la sortie de pas moins de 4 films dont deux œuvres majeures :Le Gaucher d'Arthur Penn et La Chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks qui lui vaut sa première nomination aux Oscars.

 

  

 

Dès lors les grands rôles s'enchainent, les récompenses fusent et ne s'arrêteront pas avant le début des années 2000. Sa carrière lancée, il devient vite un modèle et quelques choix judicieux et parfois risqués le feront entrer dans la légende. On retiendra Exodus de Preminger en 1960, L'Arnaqueur  de Robert Rossen en 1961 et une deuxième nomination aux oscars, ses 6 films avec Martin Ritt, souvent inégaux mais ses prestations lui vaudront encore un prix à Cannes en 1958 (Les Feux de l'été), une nomination aux oscars en 1963 (Le Plus sauvage d'entre tous) et une aux Golden Globes en tant que second rôle en 1962 (Aventures de jeunesse).

 

  

 

En 1966 il tourne dans l'un des films les plus décriés du Maître, Alfred Hitchcock, Le Rideau déchiré avant d'interpréter l'un de ses rôles les plus marquants encore aujourd'hui dans Luke la main froide de Stuart Rosenberg en 1967 pour lequel il rate encore l'oscar. Les années 1960 se terminent avec Butch Cassidy et le kid de George Roy Hill et son premier film en tant que réalisateur et producteur : Rachel,Rachel pour lequel il est nominé aux Oscars dans la catégorie du meilleur film.

 

  

 

Dans la décennie suivante, vide de récompenses, l'acteur prolifique, qui jouera dans onze films dont Le Piège de John Huston, L'Arnaque de George Roy Hill, La Tour infernale de John Guillermin et Quintet de Robert Altman réalisera également deux films : Le Clan des irréductibles et surtout une œuvre étonnante redécouverte en France avec sa ressortie début septembre De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites tiré de la pièce de Paul Zindel qui obtint le prix Pulitzer. Il s'implique également de plus en plus en politique et soutient activement le parti démocrate américain. A noter qu'en 1971 il refusera le rôle d'Harry Callahan de L'Inspecteur Harry, trouvant le scénario trop ancré à droite et éloigné de ses convictions politiques.

 

  

 

Au cours des années 1980, il tournera moins mais ses apparitions seront mémorables : Absence de malice de Pollack, Le Verdict de Lumet (et deux nouvelles nominations aux oscars) et surtout La Couleur de l'argent de Martin Scorsese en 1986 pour lequel il décroche enfin son unique statuette. Il se fait dès lors plus rare à l'écran et se consacre à de nombreuses œuvres caritatives et diverses actions philanthropiques mais il réalisera encore deux films, moins mémorables que les précédents et on le verra encore dans, entre autre, Mr & Ms. Bridge de James Ivory, Le Grand saut des frères Coen ou encore, son dernier film important, Les Sentiers de la perdition de Sam Mendes sorti en 2002.

 

  

 

 

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire