Deauville 2006 - Compte-rendu 4

Stéphane Argentin | 10 septembre 2006
Stéphane Argentin | 10 septembre 2006

Vendredi 8 septembre 2006
Antépénultième jour du 32ème Festival du Cinéma Américain de Deauville avec un levé matinal plutôt difficile lorsque le réveil sonne à 7h (surtout lorsqu'on s'est couché à peine 5 heures plus tôt !). La raison ? La projection de presse de Bobby dans une salle du C.I.D. très clairsemée. L'horaire est-il si dissuasif ? Qu'importe puisque le film mérite amplement cette nuit écourtée. Et un joli petit 10/10 à l'arrivée (et non Vincent, ce n'est que mon troisième 10/10 de l'année, les deux précédents étant Vol 93 et Une vérité qui dérange). De toute façon, Bobby n'étant prévu en France qu'au cours du premier trimestre 2007, il ne figurera donc pas dans mon top ciné 2006. De plus, le film était présenté dans une version non définitive. La raison ? Je la découvrirais au cours de la conférence de presse tenue immédiatement après la projection (nous y reviendront prochainement) puis lors de ma rencontre en tête-à-tête avec Emilio Estevez prévue à 12h50 mais qui aura finalement lieu avec une petite heure de retard. Rien n'inhabituel à cela, les interviews ayant rarement lieu à l'heure prévue. Une situation qui a d'ailleurs le chic pour mettre tout le monde à cran, à commencer par les attachés de presse qui voient alors leur joli planning du jour voler en éclats.


Pendant le laps de temps d'attente, je reçois un petit SMS de Didier m'informant que la conférence de presse de Babylon A.D. prévue à 18h30 vient d'être annulée et devrait finalement avoir lieu sur Paris dans les prochains jours. De leur côté, Ilan et Julien se rendent à la projection des films de la compétition présentés ce jour, Stéphanie Daley le matin et Thank you for smoking l'après-midi. Alors que j'ai réussi, pour l'une des rares fois de la semaine, à mettre la main sur l'un des quatre malheureux PC qui se battent en duel dans la salle de presse, je reçois un coup de téléphone de l'attaché de presse de The Fountain : « Stéphane, ça t'intéresse une rencontre avec Rachel Weisz ? Je peux te proposer 16h50 au Royal chambre 226 ». Coup d'œil à ma montre : 16h15. Eurrfff !!! À peine une demi-heure pour préparer mes questions ! Finalement, l'interview n'aura lieu qu'à 18h. La théorie du retard systématique est une nouvelle fois vérifiée. 18h30, ma journée projos/interviews est terminée. De son côté, Ilan se rend à la projection tardive (pour cause d'interdiction aux moins de 16 ans) de Family portraits. Mais alors que la journée avait très bien commencé, elle se termine particulièrement mal pour lui avec un joli petit 1/10 à ce film exécrable.


En ce qui me concerne, je passe une partie de ma soirée à découvrir l'envers du décor, à savoir la régie du festival. Une idée vient de germer : puisque je n'ai pu obtenir d'interviews du Diable s'habille en Prada pour cause de demandes trop nombreuses, j'allais tenter de mettre en place un article sur ces fameuses coulisses du festival.

Samedi 9 septembre 2006
Le levé est déjà beaucoup moins douloureux que la veille pour se rendre à la projection à 11h du onzième et dernier film en compétition, The Oh in Ohio. Auparavant, je demande à Céline Petit du Public Système (l'organisme en charge du festival) l'autorisation pour un article sur cette fameuse régie avec photos à l'appui. Un petit coup de fil au responsable de ladite régie et tout est OK. 14h50, j'ai rendez-vous avec un grand monsieur du Septième Art, Sydney Pollack, pour une magnifique rencontre de près de 40 minutes. Retour ensuite au C.I.D. pour la projection du nouveau Robert Altman, A prairie home companion, prévu dans nos salles pour le 6 décembre.


18h. Je vais passer les trois prochaines heures à découvrir dans les moindres détails cette fameuse régie du festival, là où s'agitent dans l'ombre chaque jour des dizaines de personnes afin que les spectateurs assistent aux projections dans les meilleures conditions possibles. Je vais même avoir l'immense privilège d'assister à l'une des avant-premières les plus prisées (si ce n'est LA plus prisée) de cette année depuis les coulisses : celle du Diable s'habille en Prada. La salle affiche complet avec une liste de guest longue comme le bras et il est préférable de montrer pâte blanche à l'entrée (comprendre par là : faire partie de la liste des invités sinon point de salut).


Vus depuis la cabine située tout en haut de la salle du C.I.D., Meryl Streep, Anne Hathaway et Stanley Tucci ont l'air minuscule mais cette grande dame du Septième Art qu'est Meryl Streep aura droit à une standing ovation amplement méritée, eu égard à sa carrière, dès son entrée dans la salle. De leur côté, les petites fourmis de l'ombre s'agitent : lumières, sono, micros, retransmission du tapis rouge sur l'écran géant… avant de finalement lancer le film tout en s'assurant que tout fonctionne au poil. Le responsable de chez Dolby viendra ainsi baisser le son de trois dixièmes après moins de trois minutes de film. « Comment sais-tu que c'est trop fort ? » lui demandes-je alors. « À l'oreille » me répond-t-il. Et dire que ces personnes resteront en cabine pendant toute la durée du film pour s'assurer que la projection se déroule sans accrocs. Il n'y a pas à dire, sans eux, de tels festivals ne seraient pas ce qu'ils sont…


L'avant-première du Diable s'habille en Prada vue depuis la cabine de la régie

Ilan et Julien termine la soirée et la journée avec leur plus belle tranche de rigolade depuis des lustres en assistant à la projection tardive (22h, sans doute à cause de son interdiction aux moins de 16 ans) de Clerks 2. Deux heures après la fin du film, leurs zygomatiques étaient encore tout endoloris…

Dimanche 10 septembre 2006
Dernier jour du 32ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Les stars sont désormais toutes parties et il va bientôt falloir que nous fassions de même. Les deux projections du matin au C.I.D. se feront sans nous puisqu'il nous faut en l'occurrence remballer nos affaires dans ce qui s'appelait à la base un studio et qui ressemble désormais davantage à un champ de bataille au terme d'une semaine de festival ! Julien reprend son train à 13h tandis qu'Ilan et moi nous rendons à la projection (annoncée comme une « première mondiale ») de The Last kiss, remake US du film italien Juste un baiser. À 17h les deux derniers membres d'Ecran Large présents au festival ont quitté Deauville. Tous, pas vraiment car avant la projection du dernier film en avant-première, Ma super ex, notre photographe, Gianfranco, assiste à la cérémonie du palmarès avant d'aller shooter les lauréats de 2006. Cette fois, ça y est, Deauville 2006, c'est vraiment fini. Rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles avant-premières et de nouvelles rencontres avec les stars du Septième Art…

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