J.J. Abrams décroche le pactole

Zorg | 17 juillet 2006
Zorg | 17 juillet 2006

Le scénariste/réalisateur du récent Mission : Impossible 3 et co-créateur de Lost, J.J. Abrams, vient de décrocher la timbale en signant deux contrats distincts, pour un total avoisinant les 55 millions de dollars.

Le premier est un deal de cinq ans avec Paramount Pictures pour le cinéma, et le second est un contrat de six ans avec Warner Bros pour la télévision. Ces deux accords, finalisés très tard dans la nuit de jeudi à vendredi 14 juillet, font de lui l'un des réalisateurs les mieux payés de Hollywood.

Il avait été jusqu'ici sous contrat avec Disney via son studio Touchstone Television, où il avait basé sa société de production, Bad Robot, et pour lesquels il avait créé plusieurs séries, au premier rang desquelles figurent bien évidemment Alias et Lost, toutes diffusées sur ABC. La chaîne, qui appartient au Groupe Mickey. a d'ailleurs prévu de remplir sa grille de rentrée avec trois séries produites par J.J. Abrams : Lost, toujours, What About Brian, qui reviendra en septembre après un court run au printemps dernier et Six Degrees, une nouveauté de la rentrée prochaine.

La perte d'Abrams apparaît comme un revers pour Disney, qui a malgré tout tenté de conserver son poulain dans son écurie et a été prise à revers par ses négociations avec Warner. Selon la politique maison, les revenus des séries actuelles d'Abrams auraient en effet été inclus dans la somme qui aurait été garantie à l'auteur pour chaque année d'un nouveau contrat. C'est ce point précis qui l'aurait décidé à rompre.

Warner, entendant que Disney n'avait toujours rien signé, est alors entré dans la danse. Le studio désirait savoir si un deal était toujours possible avec Abrams, question à laquelle ses agents ont répondu par l'affirmative. « Une opportunité s'est offerte à nous, et nous l'avons saisie » a déclaré Peter Roth, Président de Warner Television. « J.J. est un talent si unique et extraordinaire, je l'admire à distance depuis des années ».


Abrams rejoint donc l'écurie télé de Warner, et son package rivalise désormais avec les autres producteurs célèbres du studio, comme Jerry Bruckheimer (FBI : Portés disparus) ou John Wells (Urgences).

Roth a cependant refusé de divulguer les détails du contrat d'Abrams, et en l'absence de réponse officielle des studios, des sources proches affirment qu'il recevrait 4 millions de dollars par ans pour six ans garantis, ainsi que 2 millions par an pour sa société de production Bad Robot. Il est cependant difficile de se prononcer sur la fiabilité de ces montants car d'autres sources affirment qu'Abrams toucherait six millions par an. Cumulés au deal ciné avec Paramount, ces chiffres porteraient le total à 68 millions de dollars.

En outre, l'auteur/réalisateur devrait toucher encore plus si ses futurs shows s'avéraient être des succès. Le contrat Warner lui assurerait en effet 35% des revenus principaux, provenant des ventes de DVD, des téléchargements payants sur Internet et des droits de syndication.

Paradoxalement, le fait que Warner n'ait plus à sa disposition de chaîne pour diffuser ses propres produits avec la fermeture de The WB il y a quelques semaines a pesé en faveur du studio. Abrams était en effet frustré que Touchstone ait vendu tous ses shows à sa cousine ABC. Warner est désormais obligé de vendre tous ses programmes aux networks, et il est plus facile de négocier en étant lourdement armé avec un J.J. Abrams dans son arsenal.


Concernant le deal ciné, Paramount lui garantirait un package complet et assez impressionnant. Jugez plutôt :
– 2 millions par an sur cinq ans, ainsi que 2 autres millions pour sa société Bad Robot.
– Un fond discrétionnaire de 500 000 dollars par an.
– 5 millions pour le premier film qu'il dirigera, que Paramount espère être un Star Trek (voir news), plus des revenus annexes en cas de succès (chiffre qui pourrait doubler pour des films qu'il initie en vue de les réaliser).
– 2 millions minimum par film qu'il produirait.
– Fin du fin, il aura toujours le final cut sur ses films.

Typiquement, Paramount bénéficiera donc d'un accès prioritaire à tous les projets qu'Abrams développera. Moins banal, ce dernier aura un nombre limité de projets qu'il pourra proposer à d'autres studios si d'aventure Paramount les déclinait. Cette mesure est bien évidemment destinée à inciter Abrams à travailler d'abord pour Paramount, tout en pouvant ponctuellement aller jour les mercenaires pour d'autres majors.

« Nous pensons que J.J. Abrams est le prochain Steven Spielberg. » a déclaré Brad Grey, patron de Paramount, qui a poursuivi Abrams de ses assiduités pour qu'il fasse du studio son camp de base depuis la préparation de M:i:III. « Il a une triple casquette terrible : un excellent scénariste, producteur, et maintenant, un réalisateur de première classe. ». Depuis qu'il a pris les rênes de la vénérable Paramount l'an dernier, Grey a entrepris de rajeunir sa major en faisant venir de nouveaux talents, avec notamment des accords avec Brad Pitt et Steven Spielberg. Rappelons que Paramount est depuis quelques mois propriétaire du studio de Spielberg, Dreamworks SKG.


Initialement, Abrams, accompagné de ses agents et avocats, avait fait le tour des studios à la recherche d'un contrat qui aurait tout inclus, télévision et cinéma, pour un montant total de 100 millions de dollars. Toutes les majors, Paramount y compris, ont refusé la proposition.

Bad Robot devrait donc rapidement quitter Burbank et ses locaux du terrain Disney, où la société avait été basée depuis toujours, pour migrer chez la concurrence, de l'autre côté de Los Angeles, le deal avec Paramount prenant effet dès septembre prochain.
La question reste désormais de savoir si Paramount et Warner vont se chipoter pour les services d'Abrams si ce dernier s'avérait déchiré entre télévision et cinéma. Deux des studios TV qui étaient dans la course à l'origine abandonnèrent rapidement la lutte de peur que la carrière ciné naissante de J.J. Abrams ne fasse trop d'ombre à sa carrière télé. Peter Roth se déclare confiant : « J.J. a vraiment de multiples talents et il est parfaitement capable de multi-tasker. Je crois très sincèrement qu'il est totalement dévoué à créer des séries de très bonne qualité ».

Autre interrogation soulevée par ce deal particulièrement juteux pour J.J. Abrams figure la question de son implication dans la future troisième saison de Lost. Affaibli par une seconde saison très critiquée (lire notre avis), le show a désespérément besoin de l'apport du scénariste, qui a avoué ne pas avoir participé à la série à succès d'ABC depuis le 7e épisode de la première saison. Il a récemment confié son intention de s'y remettre pour la troisième année, mais le surcroît d'activité généré par ces nouveaux deals pourrait bien l'éloigner définitivement des rivages de l'île pas si déserte et de ses rescapés. Wait and see donc…

Retrouvez notre interview de J.J. Abrams lors de sa venue à Paris en mai dernier dans le cadre de la promotion de M:i:III en cliquant sur la photo ci-dessous :

Source : The Hollywood Reporter & LA Times (via Yahoo News)

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