King Kong, premiers frissons

Stéphane Argentin | 7 novembre 2005
Stéphane Argentin | 7 novembre 2005

En attendant de pouvoir découvrir le nouveau long-métrage de Peter Jackson dans son intégralité, nous avons pu assister ce matin, lundi 7 novembre 2005, à une petite « mise en bouche » en avant-première de King Kong, soit un quart d'heure de film correspondant au titanesque affrontement entre Kong et trois T-Rex. Bien que présentée dans une version partiellement inachevée (certains plans étaient encore au stade d'animatic 3D), un premier constat s'impose : la scène en question est un gigantesque coup de poing en pleine tronche au moins aussi puissant que ceux que balancent le gorille géant à ses adversaires !

Pour autant, ladite séquence ne se résume pas à une simple prouesse visuelle puisqu'une fois encore, Peter Jackson semble être bel et bien parvenu à concilier l'infiniment petit avec l'infiniment grand. La scène présentée n'a sans doute pas été choisie au hasard puisqu'elle réunit à elle seule trois des composantes qui, espérons-le, feront leur chemin tout au long des 3 heures du long-métrage final. Cette cuvée 2005 prend tout d'abord des allures de véritable défi technique, remettant au goût du jour la version de 1933 puisque Kong se bat désormais contre trois T-Rex (un seul dans l'original) et où les différents plans donnent désormais la sensation d'être littéralement projeté au milieu du combat et non plus d'y assister de loin en plan large (soit le même genre de sensation que lors des affrontements du Seigneur des anneaux). Sans trahir son modèle, Peter Jackson n'en oublie pas pour autant de lui rendre hommage puisque le duel s'achève, tout comme dans la version de 1933, par un Kong broyant la mâchoire de son opposant (le seul encore debout) avant de s'assurer que ce dernier est bien mort.


L'objet du pugilat n'est autre, une fois encore, que la belle Ann Darrow, rôle désormais tenu par une Naomi Watts tout aussi malmenée que la Fay Wray des années 30 et qui incarne ici « l'infiniment petit ». Car pour mieux nous projeter au cœur de cet affrontement titanesque, Peter Jackson a eu la bonne idée de nous placer aux côtés de l'héroïne au cours d'une longue mise en ambiance au moins aussi flippante que celle de l'antre d'arachné dans le Retour du roi à mesure que le personnage remonte toute la chaîne alimentaire de Skull Island (sorte de Jurassic Park oublié). Depuis les petites bestioles grouillantes rappelant celle des Indiana Jones jusqu'au puissant carnassier, rien ne sera épargné au spectateur recroquevillé tout au fond de son fauteuil et au moins aussi tétanisé que la belle Ann.


Une belle qui comprend d'ailleurs bien vite que la bête en pince pour elle et sera prête à donner sa vie pour la protéger, soit le mythe intemporel du sacrifice individuel pour sauver sa bien-aimée. De ce point de vue, le King Kong de Peter Jackson se rapprochera peut-être davantage de la version de 1976 avec Jeff Bridges et Jessica Lange, bien plus lacrymale que son prédécesseur de 1933. Et pour peu que ce bougre d'animal poilu néo-zélandais parvienne à chavirer nos émotions comme il l'avait déjà si brillamment accompli sur la trilogie du Seigneur des anneaux, il y a alors fort à parier que la vue de cette gigantesque bête au cœur d'or gisant inerte au pied de l'Empire State Building fera pleurer dans les chaumières pendant fort longtemps et que Peter Jackson tiendra alors peut-être entre ses mains sa nouvelle huitième merveille du monde.

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