Compte rendu du mercredi 8 septembre

Laurent Pécha | 9 septembre 2004
Laurent Pécha | 9 septembre 2004

Cette troisième journée placée sous le signe de la compétition a freiné notre relatif enthousiasme. En effet, les deux films projetés, au traitement radicalement différent (drame vs comédie), ne resteront pas longtemps dans nos mémoires. Comme d'ailleurs le reste de la journée. À commencer par l'hommage raté à Malcolm McDowell avec la présentation de The Company de Robert Altman, et plus tard dans la soirée la projection d'un film inédit avec le comédien, le moyennement convaincant Red, Roses and Petrol, drame à connotation irlandaise, où une famille se retrouve à la mort de leur père. Finalement, heureusement que la programmation du festival, riche cette année en films-hommages, nous a permis de nous faire plaisir en revoyant l'excellent film de Nicholas Meyer, C'était demain, où H.G. Wells part dans le futur pour tenter de ramener Jack l'Éventreur. Dommage, en revanche, que la copie proposée ait été dans un état particulièrement abîmé, loin de la qualité exemplaire du DVD zone 1.

Métro, boulot, toxico
Rien de très réjouissant à la vision de Down to the bone, dont l'intrigue (la dure, voire impossible, tentative de désintoxication d'une mère de famille vivant dans une situation précaire) n'est pas sans rappeler celle du très déprimant The Good Girl, la drogue et les deux gosses en sus. Si la sobriété de l'emploi de la DV et de la composition de Vera Farmiga confèrent à ce premier long métrage une proximité accrue vis-à-vis de la réalité, le film de Miguel Artera disposait en revanche de suffisamment de ressources, à la fois dans son scénario mais aussi dans ses rôles (le trio Aniston-Gyllenhaal-Reilly), pour susciter l'intérêt jusqu'à son terme. Ce qui n'est nullement le cas ici. Reposant sur les épaules d'un unique personnage et d'un récit des plus convenus, le propos de Down to the bone se retrouve rapidement à bout de souffle. Suivant une courbe ascendante-descendante (creux de la vague, reprise en main, puis rechute), le récit s'étire indéfiniment en longueur, se complaisant à souligner le calvaire que doit subir au quotidien cette femme fragile pour s'en sortir et ne pas replonger. Amputé de plusieurs scènes, ou bien envisagé intégralement sous l'angle d'un documentaire et non d'une fiction, la portée de Dow to the bone aurait certainement eu un tout autre impact.
S.A.

Un thon nommé Wanda
Premier film comique de la compétition, Duane Incarnate nous permet de retrouver derrière la caméra le réalisateur du mémorable Denise au téléphone. Si le premier film de Hal Salwen avait remporté le Prix du Jury lors de sa programmation à Deauville en 1995, il y a fort à parier que le cinéaste reparte bredouille cette année. Non que Duane Incarnate n'atteigne pas son but de nous faire rire (surtout dans sa première partie), mais il semble évident que Salwen n'arrive pas à tenir la distance et à faire fructifier un pitch savoureux.
Gwen, Connie et Fran sont trois New-Yorkaises casées et plongées dans un bonheur total, jusqu'au jour où leur amie Wanda, physiquement peu gâtée par la nature, leur parle de sa nouvelle conquête, l'homme parfait, Duane. Après avoir douté un temps de son existence, les trois amies vont devoir s'avouer vaincues : Duane existe bel et bien, mais en plus il aime vraiment Wanda. Elles vont alors tout faire pour briser le bonheur du leur copine.
Tant que Hal Salwen développe les prémices de son intrigue et montre à quel point la relation idyllique, et pourtant visiblement contre nature, entre Wanda et Duane agace et perturbe au plus haut point la vie des trois femmes, Duane Incarnate fait mouche. On rit alors de bon cœur face à une situation saugrenue, presque irrationnelle, et on est aussi amusé que le trio est irrité par la situation. Seulement, lorsque tout se met en branle pour tenter de briser le couple, le rythme s'enlise, les séquences se répètent inutilement, laissant petit à petit le cinéaste jongler maladroitement avec les tenants et aboutissements de la situation qu'il a inventée.
Si Duane Incarnate nous laisse ainsi sur un sentiment mitigé, les fans de la première heure de Denise au téléphone seront, en revanche, ravis de constater que Salwen a gardé cette capacité réjouissante à dévoiler avec humour le côté sombre de l'être humain (méchanceté gratuite, jalousie, envie…).
L.P.

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