37°2 le matin, Diva, IP5... Mort de Jean-Jacques Beinex à 75 ans

Mathias Penguilly | 15 janvier 2022 - MAJ : 15/01/2022 12:07
Mathias Penguilly | 15 janvier 2022 - MAJ : 15/01/2022 12:07

C'était un cinéaste-poète pas toujours apprécié à sa juste valeur en France. Jean-Jacques Beinex, le réalisateur de 37°2 est mort d'une leucémie, à l'âge de 75 ans.

"C'est la première fois qu'on se voit dans la lumière ?" Béatrice Dalle aka Betty se tient dans l'embrasure de la porte, un sourire évocateur au coin des lèvres. Le regard béat de Jean-Hugues Anglade (aka Zorg), assis devant une casserole de chili, cache mal son admiration pour cette femme : l'incarnation même de la sensualité. Une lumière chaude, réconfortante baigne les bungalows ensablés de Gruissan... La scène est entrecoupée de longs travelings langoureux. Ces deux jeunes gens sont en train de devenir complètement fous l'un de l'autre et la caméra de Jean-Jacques Beineix le retranscrit à merveille. 37°2 le matin est une romance incroyable sous forme de road-trip, une carte postale patinée qui a fait fantasmer toute une génération.

Le cinéaste français est mort d'une leucémie jeudi, à l'âge de 75 ans. L'annonce a été faite le lendemain, par son frère, auprès de nos confrères de l'Agence France-Presse.

 

 
 
 
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 "Zorg et Betty sont orphelins" commente l'actrice principale du film sur son compte Instagram personnel. En 1986, Béatrice Dalle est encore une inconnue : c'est Dominique Besnehard, légendaire directeur du casting qui repère la jeune punk et en fait la Betty du roman de Philippe Djian. C'est une révélation. Mais l'actrice n'est pas la seule star révélée dans le film : Jean-Jacques Beinex va devenir un réalisateur de premier plan grâce à son adaptation de 37°2.

 

37°2 le matin : photo, Béatrice DalleLa caméra de Beinex, elle aussi amoureuse de Betty

 

Pour être tout à fait honnête, le nom du cinéaste est déjà connu depuis plusieurs années lorsque le film sort en 1986. Depuis le début des années 1980, il a déjà réalisé un court-métrage récompensé à Trouville et deux films qui ont eux aussi fait beaucoup parler d'eux. Diva, d'abord sorti en 1981, dont l'esthétique néon divise profondément la critique. Le film réalise un score médiocre en salles, mais il fait énormément parler de lui : aux Césars de 1982, il remporte quatre trophées dont celuidu Meilleur premier film. Beinex devient alors précurseur d'un genre nouveau et ouvre la voie à d'autres cinéastes, dont Luc Besson.

Pour son deuxième long-métrage, La Lune dans le caniveau, il tourne avec Victoria Abril et Gérard Depardieu. L'esthétique de sa mise-en-scène lui vaut de se faire (une fois encore) étriller par la critique et le film n'attire pas non plus les foules. L'histoire sera bien différente pour l'adaptation de 37°2 le matin.

 

Diva : Photo Frédéric Andréi1980 / 2022 : Même look, même combat ?

 

Avec plus de 3,6 millions d'entrées en 1986, il s'agit du plus grand succès commercial du cinéaste (il se hisse même dans le Top 10 des meilleurs succès de l'année au box-office français). Le long-métrage est distingué par une nomination de Meilleur film étranger lors des Oscars de 1987 et il est également nommé à neuf reprises aux Césars (il ne remportera que la statuette de la Meilleure affiche).

Par la suite, il réalisera trois autres films dont IP5 : l'île aux pachydermes, le tout dernier film d'Yves Montand. Comme son personnage, l'acteur décède d'une crise cardiaque quinze jours avant la fin du tournage. L'absence de son interprète principal se ressent dans le film et Beinex sera accusé d'avoir surmené son acteur. Il sera absent des salles obscures pendant presque une décennie, jusqu'à la sortie de Mortel Transfert en 2001.

 

Diva : Photo Richard BohringerCiao Beinex !

 

Pendant sa longue traversée du désert, il réalise plusieurs documentaires pour la télévision. Des documentaires qu'il produit sous l'étiquette de sa propre société de prod, Cargos Films. Depuis le début des années 2000, le cinéaste s'était fait assez discret et n'apparaissait qu'occasionnellement dans les festivals internationaux. Il a également mis en scène plusieurs pièces de théâtre parisiennes et publié un livre, Le Toboggan, en 2020.

Le réalisateur avait 75 ans, il se battait contre une leucémie.

 

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commentaires
LeRoiBoo
16/01/2022 à 12:12

Toujours triste un déces, et condoléances à sa famille.
Mais franchement, c'était typique les films français années 80 / 90 tout pourrie;
C'est chiant, long, mal joué et y'a pas d'enjeux.

Après quelques plan ici et la bien sympa. Mais j'ai jamais aimé et c'est trop le cinéma élitiste

The insider38
16/01/2022 à 09:42

Grande perte !!!

Un grand monsieur, trop Honnête artistiquement et Humainement, ça ne colle malheureusement pas avec le métier !!
J ai découvert Diva en salle à sa sortie , plongée dans 37,2 , pour en faire encore aujourd’hui, l’un de mes 10 films de chevet ever.
Et le bashing qu il a subit sur montant a eu raison de sa carrière, car il n’a pas supporté !! . Ça montre le climat ambiant qui règne de ce métier

La Classe Américaine
15/01/2022 à 20:11

Benex était l'incarnation des grandes heures d'un autre cinema français, a contre-sens total des oripeaux de la nouvelle vague. Réalisateur exigeant, accessible et franchement a part. Une page se tourne, effectivement. Encore une.

Kyle Reese
15/01/2022 à 18:52

J'avais été marqué par Diva, un film français "esthétique" (Houlà très mauvais ça) qui m'avait tapé dans l’œil par son style et sa musique aussi. Je suis complètement passé à coté du phénomène 37°2 le matin. Trop jeune peut être, ou influençable aux mauvaises critiques. Dalle m'effrayait un peu je pense, trop sauvage surement, trop libre, trop sexuelle ?! (vulgaire aussi déjà, certes pas autant que ce qu'elle est devenue). Mais sur la photo de l'article quel chien, un couple mytique ! Ensuite je crois que je n'ai rien vu d'autre de Beneix. J'aimais bien ses interventions à la TV jusqu'à un certain point, le petit coté intello esthète était intéressant et certaines de ses réflexions mais ensuite je le sentais pas mal aigri. Bref encore un artiste ayant marqué ma jeunesse qui s'en va. That's life mais ça fait toujours un peu bizarre. Le temps nous rattrape tous, quand il ne détruit pas tout ...

Arnaud (Le vrai)
15/01/2022 à 17:24

Toujours triste d'apprendre la mort de personne qui ont fait parti de notre environnement, ca nous ramene toujours a notre propre vieillesse, au temps qui passe ...

Beinex pour le coup je n'ai vu que IP5 de lui (pas ouf mais y avait Sekkou Sall, un gars que je connaissais depuis l'ecole primaire donc forcement on regarde ce film (ou Elisa) differemment. Je me demande ce que devient cet abruti ...

Quoiqu'il en soit, paix a son ame, 75ans c'est un bel age mais j'imagine que c'est toujours trop tot pour celui qui part ...

over exposure
15/01/2022 à 15:45

j'ai decouvert Beinex sur canal +vers 1987/88, j'ai maté 37.2 et j'avais 12 ans lol!
ce sont des films dont on se souvient longtemps apres, comme Diva
ah la Dalle, un "amour " de jeunesse
plus de 15 ou 20 ans plus tard, j'ai appris avec effroi,peut être sur france inter ou france culture, lors d'une interview de b dalle qu'elle avait l'habitude, jeune de deamuler dans des cimetieres et se livrait a du cannibalisme, sur des morts,veridique( elle a bouffe des morceaux d'oreille par exemple, un truc de ce genre, !)

Birdy en noir
15/01/2022 à 13:06

@ Fuck : tu t'es levé du bon pied toi...

fuck
15/01/2022 à 12:53

Béatrice Dalle une phrase, une faute au minimum: "elle viens de ce tourner". Bravo l'inculte.

Les actrices françaises nous gâtent trop avec Béatrice, Mélanie Laurent (la pseudo-écolo), Juliette Binoche (la copine de Bill Gates), Marina Foïs, Marion Cotillard (et sa théorie sur le 11 septembre), Jeanne Balibar, Aïssa Maïga (la Taubira du 7ème art), Adèle Haenel, Camélia Jordana, Corinne Masiero ...
Franchement on est trop gâté... par toute cette bêtise.

Sinon Beineix grand réalisateur un peu trop colérique et qui ne se remettait jamais en question. Désolé Jean-Jacques mais ta bd L'Affaire du siècle était nulle.

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