Sorties cinéma du 8 décembre : les nouveaux films à voir

La Rédaction | 7 décembre 2021 - MAJ : 10/12/2021 12:34
La Rédaction | 7 décembre 2021 - MAJ : 10/12/2021 12:34

West Side Story, Les Tuche 4... quelles sont les sorties cinéma de la semaine du 8 décembre ?

Chaque semaine, Écran Large fait son marché dans les salles de cinéma, et sélectionne quelques sorties et films incontournables (pour de bonnes ou mauvaises raisons).

Avec du Steven Spielberg au top de sa forme, du Kurosawa moins en forme, l'amie imaginaire d'Anne Frank, un voyage éprouvant au Tchad , le retour de Laure Calamy, les Tuche de Noël, le dernier film d'Uberto Pasolini, le premier West Side Story, du David Lynch et du François Truffaut.

Les nouveautés à voir sur Netflix du 3 au 9 décembre

 

West Side Story : photoEn route pour les cinémas

 

LES SORTIES QU'ON CONSEILLE

WEST SIDE STORY

Durée 2h37

De quoi ça parle : Une histoire d'amour impossible héritée de Roméo et Juliette entre Tony et Maria, qui viennent chacun de deux gangs rivaux, les Jets d'origine européenne et les Sharks, d'origine portoricaine. 

Pourquoi il faut le voir : Parce que le dernier film de Steven Spielberg est un nouveau chef-d'oeuvre qui respecte autant l'oeuvre d'origine qu'il la sublime. Avec une maîtrise technique éblouissante - qui doit beaucoup au directeur de la photo Janusz Kaminski -, ce West Side Story apporte un regard plus franc et moderne sur les thèmes  plus implicites de la pièce originale, pour un résultat plus politique, mais toujours aussi enivrant. Que ce soient les choix narratifs, la mise en scène, les chorégraphies, les musiques, les décors ou les costumes, tout relève de l'orfèvrerie.

Cette nouvelle adaptation est aussi l'occasion de découvrir Rachel Zegler dans son tout premier rôle, mais aussi les talents cachés d'Ansel Elgort, même s'il tapait déjà quelques pas de danse dans Baby Driver. Bref, Steven Spielberg voulait refaire West Side Story depuis son enfance et s'est entouré d'une équipe des plus talentueuses pour réaliser ce rêve qui transperce l'écran.

La note d'Écran Large : 4,5/5

Notre critique de West Side Story

 

 

LES AMANTS SACRIFIÉS

Durée : 1h56

De quoi ça parle : Kobe, 1941. Alors que la tension entre le Japon et l'Occident ne cesse de grandir, Satoko trouve son mari Yusaku changé après un voyage en Mandchourie. Que lui cache-t-il ?

Pourquoi il faut le voir : Parce que le très prolifique Kiyoshi Kurosawa (Cure, Kaïro) a eu la bonne idée d'adapter le scénario de son ancien élève Ryūsuke Hamaguchi, l'auteur auquel on doit Senses et plus récemment le phénomène cannois Drive My Car.

Malheureusement, derrière sa volonté intéressante d'interroger le désarroi intemporel d'individus confrontés à un patriotisme aveugle, Les Amants sacrifiés s'impose comme une romance tragique bien trop froide et programmatique. La faute peut-être au dispositif particulier du film, qui a été tourné avec des caméras numériques 8K. Face à la brutalité des textures et de leur précision rendue à l'image, Kurosawa a adouci au maximum cet effet, au point de donner à sa mise en scène une sorte de filtre cotonneux, accentuant une photographie volontairement terne.

L'expérimentation est à n'en pas douter fascinante, surtout lorsqu'elle perturbe notre rapport aux images de films historiques, mais elle se révèle bien trop hasardeuse pour pleinement emporter le spectateur.

La note d'Écran Large : 2,5/5

 

 

OÙ EST ANNE FRANK

Durée 

De quoi ça parle : De nos jours, l'amie imaginaire d'Anne Frank apparaît soudain, au beau milieu du musée dédié à la vie et à la mort de la jeune fille. Essayant de comprendre le secret de son existence, Kitty s'empare du manuscrit d'Anne, et part à sa recherche dans Amsterdam. Elle y fera la rencontre de Peter, qui souhaite venir en aide aux réfugiés.

Pourquoi il faut le voir : Parce que quand le trop rare réalisateur du Congrès et de Valse avec Bachir investit l'histoire européenne, ainsi que l'actuelle crise migratoire, on est forcément curieux de l'angle qui sera le sien. Et c'est, sans surprise, celui d'un humaniste conséquent. Certainement pas d'un père la morale assénant des leçons à ses contemporains, plutôt l'oeil acéré d'un citoyen exigeant, qui nous condamne à regarder en face les angles morts de l'air du temps.

Et une fois de plus, cette proposition s'accompagne d'envolées poétiques exceptionnelles, et d'une direction artistique à se décrocher la mâchoire. Émouvant, politiquement chargé et fort d'une vision radicale, le film devrait en secouer plus d'un.

La note d'Écran Large : 4/5

 

Lingui

Durée 1h27

De quoi ça parle : Dans les faubourgs de N’djaména au Tchad, Amina vit seule avec Maria, sa fille unique de quinze ans. Son monde déjà fragile s’écroule le jour où elle découvre que sa fille est enceinte. Cette grossesse, l'adolescente n’en veut pas. Dans un pays où l'avortement est non seulement condamné par la religion, mais aussi par la loi, Amina se retrouve face à un combat qui semble perdu d’avance…

Pourquoi il faut le voir : Pour prendre des nouvelles du Chad et se rendre compte que la vie n’est pas toujours très jolie là-bas… Mahamat-Saleh Haroun, le cinéaste qui a remporté un prix du jury à Cannes en 2010 avec Un homme qui crie, dénonce ici la condition des femmes dans son pays natal, dont finalement trop peu de productions cinématographiques nous parviennent dans les salles hexagonales.

Néanmoins, cette singularité, même couplée à l’élégance de la photographie, ne sauve pas Lingui d’une profonde démonstrativité qui étouffe amplement l’émotion. La lourdeur des dialogues, l’inégalité de l’interprétation ou encore la fâcheuse tendance du long-métrage à tomber dans le pathos : tous ces éléments font du dernier film de Mahamat Saleh Haroun un objet au discours nécessaire, mais malheureusement handicapé par ses maladresses formelles.

La note d'Écran Large : 2/5

 

 

UNE FEMME DU MONDE 

Durée 1h37

De quoi ça parle : Marie se prostitue depuis une vingtaine d'années. Combative, la travailleuse du sexe mène de front son emploi, l'investissement dans diverses associations, mais aussi l'éducation de son fils. Elle espère le voir intégrer une grande école hôtelière. Mais les frais de scolarité s'annoncent importants, et la contraignent à envisager sous un nouveau jour sa profession.

Pourquoi il faut le voir : Les films abordant la question de la prostitution autrement que par la culpabilisation, ou la glamourisation absurde ne sont pas légion, tant s'en faut. On est donc particulièrement impressionnés de voir le premier film de Cécile Ducrocq aborder ce sujet avec autant de finesse, de précision et de délicatesse. Film social, toujours désireux de trouver l'équilibre, l'humain, sans jamais sombrer dans le pathos, il est en outre très bien porté par une Laure Calamy investie.

On regrettera en revanche que le scénario ait plus de mal à dérouler une narration fluide. Souvent répétitif, souffrant d'un rythme parfois bâtard, secoué au gré d'ellipses plus ou moins heureuses, le récit n'est jamais à la hauteur du regard de la cinéaste et souffre d'une longueur un brin excessive.

La note d'Écran Large : 2,5/5

 

LES FILMS QU'ON N'A PAS VUS, MAIS QU'ON VA RATTRAPER 

 

LES TUCHE 4

Durée 1h41

De quoi ça parle : Jamais à court d'idées, Jeff Tuche décide de sauver une entreprise de jouets de la faillite. Pas seulement parce que Noël approche, mais surtout pour s'opposer à une multinationale surpuissante, un "GAFAM" à l'appétit insatiable. Le défi est d'autant plus motivant que le beau-frère de Jeff est un des employés de la firme.

Pourquoi il faut le voir : Parce que la franchise (il faut bien l'appeler ainsi) demeure un objet cinématographique non identifié. Tout d'abord, en raison de son succès jamais démenti. En effet, rares sont les productions humoristiques à parvenir à se décliner ainsi, tout en voyant son public croître d'épisode en épisode.

En outre, Les Tuche 4, qui a longtemps souffert des conséquences industrielles de la crise sanitaire, attendant plus d'un an de pouvoir se nicher sous le sapin des Français, a cela de particulier qu'une fois encore, Olivier Baroux devrait nous offrir un divertissement paradoxal. Tout à tour méprisant, anar, absurde, voire parfois un peu nihiliste, le film devrait encore creuser le sillon d'un divertissement inclassable, mais dont le soutien à l'industrie de la frite impressionne.

La note d'Écran Large : Frite/5

 

 

UN ENDROIT COMME UN AUTRE

Durée 1h36

 

Un endroit comme un autre : Affiche officielle

 

De quoi ça parle : John, un laveur de vitres de 35 ans, découvre qu'il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Il décide alors de partir à la recherche d'une famille aimante qui pourra prendre soin de son fils de trois ans une fois qu'il ne sera plus là.

Pourquoi il faut le voir : Rien qu'à lire le pitch, on s'attend à ressortir de la séance les yeux gonflés, encore plus avec le cinéaste Uberto Pasolini à la barre, qui avait déjà étalé son émotivité pour traiter la mort et le deuil dans son précédent film, Une belle fin avec Eddie Marsan. Pour son troisième long-métrage en tant que réalisateur et scénariste, Pasolini met cette fois en avant l'acteur James Norton après ses rôles dans Les Filles du Docteur March, Dans les angles morts ou L'ombre de Staline, lui offrant peut-être ici son rôle le plus fragile. Avec cette histoire librement inspirée d'un fait réel, on peut donc espérer un drame intimiste et sobre, qui bouleversera sans avoir besoin de s'enfoncer dans le pathos facile. 

La note d'Écran Large : Quelque part entre 0,5 et 4,5

  

LES RESSORTIES COOLS

 

WEST SIDE STORY

Sortie 1961 - Durée 2h33

 

West Side Story : photo, Rita MorenoWest Side Story version 1961

 

De quoi ça parle : Comme le remake de Spielberg, le film de 1961 raconte l'histoire d'amour impossible de Tony et Maria, étant chacun affilié à des gangs rivaux, les Jets et les Sharks, qui décident d'organiser une rixe pour le contrôle de leur quartier.

Pourquoi il faut le voir : D'abord parce qu'il s'agit d'un chef-d'oeuvre tiré d'une pièce culte de Broadway - probablement la plus culte d'entre toutes - dont l'influence fut telle, qu'il serait regrettable de passer à côté. Ensuite, tout simplement parce que son impact demeure très fort. Grâce à un livret, intelligemment adapté, dont le film conserve l'essentiel de la puissance, mais surtout du fait de la mise en scène de Robert Wise.

Précise, riche de plans composés à la perfection, où les chorégraphies se déploient avec génie, véritable orgie de textures et de couleurs, l'image du film demeure un des plus beaux accomplissements cinématographiques de son époque. Enfin, l'évidence avec laquelle se déploie la narration permet aux thématiques du récit de se déployer avec une acuité presque inchangée.

La note d'Écran Large : 4/5

MULHOLLAND DRIVE

Sortie 2001 - Durée 2h26

 

Mulholland Drive : photoBlonde Velvet

 

De quoi ça parle : Venue à Hollywood pour devenir une actrice, Betty croise la route d'une mystérieuse femme, devenue amnésique après un accident de voiture. Elle décide de l'aider à enquêter sur son identité, avec les maigres indices trouvés dans son sac : une grosse somme d'argent, et une étrange clé bleue.

Pourquoi il faut le voir : Parce que c'est l'un des plus grands films américains de ces dernières décennies, et sans nul doute le chef-d'œuvre ultime (après d'autres) de David Lynch. Avant de glisser pour de bon dans ses trips avec Inland Empire, Twin Peaks saison 3 et sa chaîne YouTube, le réalisateur livrait un film-testament, à la croisée de tous les chemins ténébreux de son cinéma (Blue Velvet, Lost Highway, Sailor et Lula).

Lynch transforme Hollywood, terre promise des rêveurs et rêveuses, en théâtre d'un cauchemar noir, où Naomi Watts et Laura Harring errent en quête d'une sortie de secours. Mulholland Drive est un puzzle noir qui gagne un peu plus à chaque visionnage. C'est un labyrinthe vertigineux, hanté par la musique d'Angelo Badalamenti, et des scènes incroyables (la dame derrière le diner, l'audition folle de Betty, le Silencio). C'est un film fou, fiévreux, d'une richesse étourdissante, qui doit être vu et revu à l'infini.

Les meilleurs et pires films de David Lynch, c'est dans ce dossier.

La note d'Écran Large : 5/5

LES 400 COUPS

Sortie 1959 - Durée 1h40

 

Les 400 Coups : photoÊtre un môme à Paris, à la fin des années 50

 

De quoi ça parle : Antoine Doinel, 14 ans, est un gamin turbulent. À l'école, il exaspère son maître. À la maison, ses parents ne savent pas quoi faire de lui à l'approche des vacances. Antoine, lui, a envie de liberté, surtout face aux mensonges des adultes.

Pourquoi il faut le voir : C'est ici que tout a commencé pour François Truffaut, pour son héros Antoine Doinel, pour son partenaire de jeu Jean-Pierre Léaud, et au fond, pour toute une partie du cinéma français. Premier film du futur réalisateur du Dernier Métro, La Nuit américaine et Jules et Jim, Les 400 coups a renversé son petit monde, et lancé officiellement la Nouvelle vague avec À bout de souffle de Godard l'année suivante.

Mais au-delà de la page Wikipedia et de l'étiquette film culte, que reste-t-il de ces 400 coups ? Un beau et tendre film sur l'enfance, d'une simplicité désarmante quand Truffaut raconte les aventures de son petit héros (la fête foraine, où Antoine plane, le temps d'un instant magique loin du réel), et d'une mélancolie vibrante quand il filme sa solitude (la fin, où Antoine a atteint son objectif). Rien que pour ces moments intemporels, Les 400 coups vaut le coup.

La note d'Écran Large : 5/5

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