Dune : ce qui est réussi (et raté) dans le film tant attendu

La Rédaction | 24 septembre 2021 - MAJ : 22/10/2021 14:51
La Rédaction | 24 septembre 2021 - MAJ : 22/10/2021 14:51

Dune réalisé par Denis Villeneuve est en salles. Le film est-il à la hauteur ? Où se situent les problèmes ? Critique et débat.

Attendue comme le messie (de Dune), l'adaptation du livre culte de Frank Herbert est enfin en salles. Réalisé par Denis Villeneuve (Sicario, Premier contact, Blade Runner 2049), Dune va inévitablement soulever des débats, entre les fervents défenseurs, les allergiques au style du réalisateur, et les fans passionnés des livres.

En attendant l'hypothétique Dune 2, place aux questions. Timothée Chalamet est-il un bon Paul Atréides ? Le casting (Rebecca Ferguson, Oscar Isaac, Jason Momoa, Zendaya...) est-il inspiré ? Comment Denis Villeneuve et ses co-scénaristes Eric Roth et Jon Spaihts ont-ils réussi à adapter le premier livre en un demi-film ? L'univers magique de Frank Herbert est-il fidèlement retranscrit ? A-t-on sous les yeux une adaptation à la hauteur ?

Discussion et débat entre Alexandre et Geoffrey, d'accord sur plein de choses... mais pas sur tout.

Notre critique de Dune est par ici.

Et le dossier complet sur les réussites et échecs de Dune, c'est par là.

 

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commentaires
Flo
28/09/2021 à 13:44

À propos de cette standardisation des blockbusters de type « Adulte » (ou même Young Adult), on trouve…
Dans plusieurs films, ces fameux tons gris et jaune. L’un va dans des nuances claires bleutées ou bien sombres anthracites, l’autre de l’ocre à l’orange vif. Ce qui donne l’impression d’un temps météorologique très lourd, pluvieux d’un côté, caniculaire de l’autre. Écrasant les personnages sous le poids des conventions, des responsabilités, des doutes… S’imprimant aussi dans l’œil du spectateur, lui intimant d’être lui-même plus sérieux et respectueux.
Sauf rares exceptions, pas d’autres teintes dominantes plus vives comme le rouge, le vert, le violet, tout ce qui apparaît comme fluo, et seul le brun est accepté.
On est dans l’ambiance « typique » d’un film dramatique, social, tragique etc… Sauf qu’au lieu de se contenter d’une action discrète et statistique, et du jeu de comédiens dans la réflexion et l’émotion, là on se place aussi dans le suspense, l’action et la fantaisie. C’est à dire aussi avec des scénarii racontant des choses simples et essentielles, mais de manière compliquées ou complexifiées.

Pour atteindre un bon équilibre, il faut y limiter les effets numériques très visibles, sinon on se rapprocherait de l’imagerie de certains films d’action monochromes un peu rebutants, faisant un peu « bouillie ». Et les blockbusters « Adultes » un peu plus baroques marchant moins bien, n’ayant pas le même équilibre qu’un « Matrix ».
Il faut donc privilégier des images de synthèse qui sont plus invisibles, ainsi que du tournage avec beaucoup de décors et accessoires naturels, en dur. Toujours cette idée de donner l’impression que « c’est pour de vrai car c’est sobre comme un drame ». Rien ne doit être l’expression d’une excitation trop forte, synonyme de « public adolescent »… donc moins patient et moins mâture.

Sobriété aussi dans ces foules (peu d'habitants vaquants à leurs occupations), décors et accessoires naturels, surtout à l’extérieur, qui vont ainsi dans la simplicité excluant donc tout baroque, ou tout ornements populaires.
On en a de bons exemples dans ce « Dune » : les engins volants y sont juste des sortes d’hélicoptères Black Hawk, dont on aurait remplacé les rotors par des ailes de libellules. La cité où viennent s’installer les Atréides est littéralement une maquette basique, lorsqu’on la découvre dans un travelling en plongée – pas d’ornements visibles, pas de peintures qui essaieraient d’imposer la présence précédente des Harkonnen, une seule couleur qui se confond avec le désert.
Mais les autres habitations hors de la planète Arrakis font de même, alors qu’il ne s’agit pas des mêmes cultures.
« Nude ». Fonctionnel. Une sorte d’opposition à l’Art Japonais par exemple, où ce qui est fonctionnel a également le droit d’être beau, profilé, bariolé et harmonieux (ou un peu chargé).

Le budget de ce type de film est presque le même que pour n’importe quel blockbuster vif et coloré, mais l’argent s’y investi juste dans d’autres secteurs que la location de studios ou qu’une post-production numérique qui joue avec différents niveaux de tons, pour un tout hétérogène et hybride.
Ici, tout est au contraire visuellement homogène et presque analogique.
On visera plus les locations de lieux naturels, l’engagement de comédiens stars (peu d’inconnus) ravis de jouer aussi dans ce pan de la production hollywoodienne, ainsi que le Sound Design…
Ce qui met immanquablement Hans Zimmer et tous ses émules sur la liste des compositeurs des B.O. de ces films, reportant cette forme de diversité et d’hétérogénéité sur l’ambiance sonore.
Ce sont bien des films d’ambiance, mais se créant à contrario des obligations d’action trépidantes. Là aussi, un équilibre doit être trouvé pour que cette action n’ait pas l’air trop molle, trop carrée ou trop coincée, faute d’avoir la présence de cette fameuse excitation trop forte et « adolescente ».

Il n’y a rien d’étonnant à avoir vu émerger progressivement ce type de films, malgré la démocratisation de l’image numérique, dans la foulée des évènements du 11 Septembre 2001. Dont les images qui ont envahi l’inconscient collectif étaient une conjugaison à la fois de quelque chose de très réel, documentaire, familier (car urbain)… Mais aussi d’extrêmement spectaculaire, impossible et effrayant. Brouillant les lignes entre la Réalité la plus morne et grise qui soit, et la Fiction la plus surréaliste et angoissante qu’on puisse voir.
L’émergence concomitante des films de super-héros haut en couleurs et positifs étant un moyen de combattre cette « nouvelle réalité », qu’on décide de la regarder dans les yeux ou pas.
Et la présence des gros blockbusters d’auteurs sobres permet de rester au même niveau que cette réalité, pour mieux faire ressortir des réflexions. C’est comme quand on fait un film en noir et blanc… L’œil est moins distrait, il regarde plus les nuances et semble se concentrer plus sur l’intrigue.
En théorie… Car l’œil moderne a toutefois évolué avec le numérique. Il a absorbé plus de teintes diverses, et il reste plus rapide qu’avant, peut-être même plus que la pensée.
Y amener des plages de calme et de contemplation y devient juste une alternative agréable.

Telliac
26/09/2021 à 23:17

Je viens de voir....
Casting parfait, visuels impeccables, l'univers est magnifiquement retranscrit (bravo aux ornithoptères, aux moissoneuses, aux vers, aux villes, au cimetière de Caladan....) , l'image est très belle (même si la lumière cède parfois trop aux filtres ternes.... je m'attendais à être davantage aveuglé par le soleil de Dune, à voir une Caladan plus verte et bleue....)
Les personnages sont très fouillés et crédibles et incarnés par un casting irréprochable....
Mais....
Des erreurs manifestes : on ne ressent jamais la chaleur sur Dune, où Paul peut saisir une poignée de sable à mains nues en pleine journée sans avoir l'air d'avoir chaud, où jamais une goutte de transpiration n'apparaît sur les personnages....
Des fautes de goût surprenantes dans la mise en scène de certains combats (qui cèdent un peu trop visiblement à la mode marvel) notamment celui de Duncan Idaho contre les Sardaukars, et la vision ridicule de Paul en Power Rangers....
Mais surtout, ce qui m'a véritablement gêné, c'est que ce film est lui aussi passé à côté de la dimension tragique et politique de Dune.
Dune est avant tout une tragédie grecque (ce n'est pas un hasard si la famille de Paul s'appelle Atréides, et si dans les enfants de Dune on évoque leur ancêtre Agamemnon) : le héro tragique est celui qui tente sans succès à s'arracher à un destin qui est annoncé dès le début de l'oeuvre. Ainsi, dans Dune, ce destin est présent au travers de plusieurs complots : d'abord le piège implacable du Baron Harkonnen et de l'empereur Shaddam IV, qui prévoit minutieusement le déroulement des évènements d'Arrakeen, puis le plan millénaire conçu par le Bene Gesserit pour concevoir le Kwizatz Haderach, puis la trame temporelle révélée par la préscience....
Or tout cela est quasiment absent du film : le complot des Harkonnens est à peine évoqué en une phrase (alors que dans le roman, chaque interaction a été prévue au millimètre par un baron Harkonnen dont on peut alors apprécier l'intelligence tactique effrayante, dans le film c'est juste un méchant) et toutes les intrigues subtiles de la cour Arrakeenne, les suspicions , tout cela est balayé en quelques scènes, et la trame Bene Gesserit est saupoudrée sans qu'on ait à un moment conscience de l'étendue de leurs pouvoirs...
Dès lors, Paul n'est plus le héro tragique qui, parce qu'il a été négligé dans l'équation, a la possibilité de croire en sa capacité d'échapper à ce destin (pour sombrer dans un autre déjà tracé), mais juste un adolescent traversant au petit bonheur la chance des scènes qui semblent se succéder de manière aléatoire.... (Et un gros défaut de mise en scène à ce niveau rend cette accumulation d'épisodes particulièrement sans la moindre fluidité à l'écran : on croirait presque entendre au début de chaque séquence le clap "Scène 78 : Le combat contre Jamis")
Je pleure aussi le traitement des visions de Paul, qui pour certaines semblent davantage servir de teaser pour l'épisode 2 que véritablement suivre l'évolution du personnage, impression confortée par la toute dernière réplique du film....
Il manque donc des choses à ce film pour être une œuvre véritablement à la hauteur du matériau initial.... Il manque l'intelligence du baron, il manque l'amour de Jessica pour Léto (qui est juste l'élément déclencheur de toute la saga de Dune....)...
C'est une excellente mise en image du roman, bien plus aboutie visuellement que les précédentes adaptations, et beaucoup plus honnête que le cauchemar de 1984. Mais je me demande si les personnes qui n'auraient pas lu le livre pourraient véritablement comprendre et apprécier ce qui se passe à l'écran....

Kyle Reese
19/09/2021 à 15:55

Pas envie de regarder la vidéo, je n'en suis pas encore à discuter du film tellement j'ai adoré.
Oui une série de luxe faite par Villeneuve avec ces moyens et ce casting là aurait été encore surement mieux pour caser plus de choses des livres. Mais en l'état le film est exceptionnel, il épure de livre mais en garde l'essence première, tout est limpide, fluide et surtout d'une beauté à couper le souffle, à émouvoir tellement c'est splendide. Dune n'a jamais été aussi tangible et vivante, j'avais l'impression de replonger des années en arrières au moment de mes lectures nocturnes de l'adolescent que j'étais.

Ethan
17/09/2021 à 17:49

C'est incroyable la promotion de dingue pour ce film

Laf3lle
17/09/2021 à 17:37

Faut bien faire du buzz pour son film

Birdy Touareg
17/09/2021 à 14:56

Film magnifique, puissant, et envoûtant par moment, mais j'aurais préféré une série. J'ai trop pris l'habitude d'un développement plus dense des personnages, coincés ici dans un archétype certes bien joué, et incarné, mais trop identifiable, manquant de nuances.
Le père aurait du avoir des choix politiques à faire, à la Ned Stark, avant de subir la trahison. On identifie pas vraiment que la maison Atréide est bienveillante, et puissante. Paul est présenté comme l'élu dès sa 2è scène. Pourquoi pas, mais rien que ce film mérite une saison entière.
Bref, j'ai tellement aimé que j'en aurais voulu plus.

Dom92
17/09/2021 à 10:10

J'ai beaucoup aimé, je ne suis jamais déçu avec Denis Villeneuve, le seul reproche que je pourrais faire sur une ou deux scènes, c'est un volume trop élevé de la musique, j'avais eu la même sensation sur Arrival.

Jo le clodo.
17/09/2021 à 06:28

Content d'être sorti de la salle en n'ayant pas l'impression d'être pris pour un débile.
Depuis Tenet, en fait.

dams50
16/09/2021 à 22:56

Pas vu le film, mais dans mes espoirs les plus fous, une version longue viendra combler toutes les séquences qui vous semblent trop rushées. Parce que je suis d'accord avec vous, elles apportent beaucoup dans le bouquin.

Geoffrey Crété - Rédaction
16/09/2021 à 21:32

Arrakis est la planète.
Arrakeen est la ville sur la planète (décor principal dans le film et le livre)

On détaille ça dans l'article en lien plus haut. Le revoici :
https://www.ecranlarge.com/films/dossier/1395407-dune-ce-qui-manque-pour-en-faire-une-adaptation-parfaite-ou-presque

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