Jean-Paul Belmondo : mort de l'incontournable et inimitable Bébel

La Rédaction | 6 septembre 2021 - MAJ : 06/09/2021 17:18
La Rédaction | 6 septembre 2021 - MAJ : 06/09/2021 17:18

Jean-Paul Belmondo alias Bébel est mort à 88 ans, et le cinéma français est en deuil.

Par où commencer ? Pierrot le fou ? À bout de souffle ? Itinéraire d'un enfant gâté ? Le Magnifique ? L'Homme de Rio ? Le Professionnel ? Léon Morin, prêtre ? Peu importe d'où on démarre, par quel film on l'a découvert et lesquels reviennent les premiers en tête, on arrivera finalement au même point : Jean-Paul Belmondo était un acteur incontournable, qui a traversé telle une tornade le cinéma français dès les années 60.

La voix et le sourire de ce joyeux trublion ont d'abord résonné dans la Nouvelle Vague. En 1960, Jean-Luc Godard le propulse en visage de cette renaissance moderne du cinéma français dans À bout de souffle, début d'une riche collaboration poursuivie avec Une Femme est une femme et Pierrot le Fou. Belmondo alias Bébel rentre directement dans l'Histoire du cinéma, et ce n'est que le début.

 

photo, À bout de souffleÀ bout de souffle, dans la vie

 

Dans les années 60 et 70, Belmondo devient l'homme idéal, l'aventurier libre et charmeur, et donc une certaine idée du masculin, notamment grâce au réalisateur Philippe de Broca. Brigand et justicier dans Cartouche en 1962, milliardaire aventurier dans Les tribulations d'un chinois en Chine en 1965, sauveur de ses dames dans L'Homme de Rio en 1964, écrivain rêveur dans Le Magnifique en 1973, Bébel gagne les faveurs du public et s'impose comme l'acteur populaire par excellence.

Il tourne pendant plusieurs décennies avec les cinéastes les plus en vue : Claude Chabrol (À double tour, Docteur Popaul), Claude Sautet (Classe tous risques), Henri Verneuil (La Française et l'amour, Un singer en hiver, Échappement libre), Vittorio De Sica (La Ciociara), Jean-Pierre Melville (Léon Morin, prêtre, L'Ainé des Ferchaux), Jean Becker (Un nommé La Rocca, Tendre voyou), Gérard Oury (L'As des as, Le Cerveau), François Truffaut (La Sirène du Mississipi), Claude Lelouch (Un homme qui me plaît, Itinéraire d'un enfant gâté), Alain Resnais (Stavisky...), Claude Zidi (L'Animal), ou encore Georges Lautner (Flic ou voyou, Le Guignolo, Le Professionnel).

Il enchaîne les succès, et l'amour du public et de la critique grandit année après année. Et il faudra attendre la fin des années 80 pour que les spectateurs et Belmondo lui-même sentent venir la fin d'une époque, et d'une certaine recette du polar notamment.

 

Photo , Jean-Paul Belmondo, Jacqueline BissetMagnifique Bébel

 

Jean-Paul Belmondo ralentit sérieusement la cadence à partir des années 90, avec quelques rôles marquants néanmoins, notamment dans Les Misérables version Lelouch, Une chance sur deux de Patrice Leconte, Peut-être de Cédric Klapisch, et Les Acteurs de Bertrand Blier. Il se consacre au théâtre, où il rencontre là encore d'immenses succès, en France et à l'étranger.

Son dernier premier rôle remontait à Un homme et son chien en 2008, réalisé par Francis Huster. Et sa dernière apparition aura été auprès d'un cinéaste précieux dans sa carrière : Claude Lelouch, dans D'un film à l'autre, où Belmondo jouait son propre rôle en 2011.

 

photoUn homme et son sourire légendaire

 

Peu friand des cérémonies et autres autocélébrations du milieu, il avait refusé de venir chercher son César du meilleur acteur pour Itinéraire d'un enfant gâté. Célébré à Cannes avec une Palme d'honneur en 2011, à Venise avec un Lion d'or pour sa carrière en 2016 et sujet d'un hommage des César en 2017, Bébel ne jurait que par l'amour du public. Et c'est grâce à cette flamme qu'il rejoint les éternels du septième art. 

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commentaires
helene poblon zegbib
11/09/2021 à 22:25

Pierrot le fou est sans doute son plus beau film, le plus beau du cinéma Français.
Les personnages brisent les règles d'une société établie ils n'ont aucune limite, seul compte poésie, littérature, peinture et l'aventure pour Ferdinand et Marianne.
La musique d'Antoine DUHAMEL sublimant l' œuvre majeur de Jean Luc GODARD.

Ethan
07/09/2021 à 12:59

@Arnaud le vrai
Il était tellement connu. Il y a qu'à voir les articles qui lui sont consacrés à l'étranger notamment dans The New York times
Dans Vanilla sky, la chambre de David Aames a des références à la nouvelle vague avec notamment l'affiche d'à bout de souffle
Cameron Crowe était fan du film
Sa partenaire Jean Seberg était américaine
L'homme de Rio a été nominé à l'oscar du meilleur scénario original

Les années où il faisait ses meilleurs films notamment les années 1960 c'était l'âge d'or du cinéma français.

Je suis un peu déçu par les films hier qui sont passés : itinéraire, l'as des as, le magnifique ce n'est pas ses meilleurs films

alulu
07/09/2021 à 11:18

Un singe en hiver, Week-end à Zuydcoote, Le Casse et j'en passe...mine de rien le couple Verneuil-Bébel c'était la classe. Triste.

JR
07/09/2021 à 07:58

Comme tous, ça m'a plombé hier... Bebel avait cette classe décontractée incroyable.
J'ai un souvenir fort des Tribulations d'un chinois en Chine gamin...

Faurefrc
07/09/2021 à 07:50

@Arnauld le vrai
… et Blueberry aussi. Dans les premiers tomes, le visage de Blueberry est clairement celui de Bebel et Jean Giraud, aka Moebius, ne s’en est jamais caché.

Arnaud (Le vrai)
07/09/2021 à 07:38

@Ethan
Au niveau des inspirations reconnues, on a Jackie Chan qui a toujours affirmé que Belmondo etait un modele pour ses cascades
Et surtout ... le personnage du dessin animé Cobra, l'auteur a declaré etre fan et a fait un personnage qui a des airs de Belmondo

Arnaud (le vrai)
07/09/2021 à 04:41

Mon acteur français préféré, Le Professionnel m’aura marqué (je l’ai vu à 6ans), Peur Sur La Ville, Le Cerveau, Borsalino … y en a tellement

Une vraie page se tourne la, et là fin du chapitre fait mal …

Ethan
06/09/2021 à 23:45

En ces temps ci, qu'on regarde tous les rediffusions de ses films, que tous les jeunes les regardent!!

Il faut dire aussi qu'il en a inspiré des gens : ordinaires et même célèbres. Tom Cruise avec ses cascades certain qu'il était fan

Miami81
06/09/2021 à 22:53

C etait attendu. Quelle tristesse. Il a accompagné toute mon enfance. Mon meilleur ami de cinema. Le seul gars pour qui je demandais la permission de regarder la télé le dimanche soir, TF1 et son logo ciné dimanche étoilé au battement de synthé.
Bebel. Une histoire du cinéma français à lui tout seul. Les films policiers à l americaine. Le bébel de l année.
Ciao l'artiste. Merci pour tout ce que tu nous as donné en émotion et en rire.

Kyle Reese
06/09/2021 à 21:01

'je reposte ici)
Ça fout un énorme coup de blues là. le choc. Il était devenu mon acteur français préféré toutes époques confondu, une icône, un symbole, découvert à la TV puis suivit pour certains films au ciné mais pas tous. Je me souviens du Professionnel au ciné, j'étais en colère à la fin, secoué par sa mort injuste et je suis parti direct acheter la k7 pour revivre le film (merci Morricone et son presque unique thème). Dernier film vu de lui au ciné L'As des As. Fan de l'acteur, de l'homme mais pas de tous ses films même si lui était toujours au top dedans.
Belmondo est parti, difficile d'y croire, les légendes, les lumières ne meurent jamais.
Reste tous ses films et son éternel sourire qui fait un bien fou gravé à jamais tout jamais sur la pellicule. So long Bébél, so long Bob.

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