Dracula : Winona Ryder revient sur un tournage douteux avec Coppola

Marion Barlet | 26 juin 2020 - MAJ : 26/06/2020 14:06
Marion Barlet | 26 juin 2020 - MAJ : 26/06/2020 14:06

Winona Ryder s'est illustrée dans le Dracula de Francis Ford Coppola, mais celui-ci a bien failli lui faire vivre un enfer.

Les vampires sont à la mode et foisonnent sur les plateformes comme au cinéma, mais aucun d'eux n'est prêt à renverser la version de 1992, avec Gary Oldman, Keanu Reeves, Anthony Hopkins et Winona Ryder. Adapté du roman de Bram Stoker, le film a pris quelques libertés vis-à-vis de son parent livresque, en offrant au comte une trame narrative plus psychologique et dense, car sentimentale. Les émotions des personnages crèvent l'écran, pris par la terreur et le mystère qui les entourent, et s'engouffrent en eux.

Francis Ford Coppola a signé une oeuvre inoubliable pour les spectateurs, comme pour les acteurs. Sauf que de ce côté-là, l'aspect mémorable est plutôt grinçant si l'on en croit l'anecdote dévoilée par Winona Ryder dans The Sunday Times, via MailOnline. L'actrice a raconté que Coppola voulait la pousser à bout et désirait que les autres acteurs lui hurlent dessus, à son exemple - le réalisateur l'aurait traitée de "sale pute", histoire que son interprétation émotionnelle gagne en authenticité.

 

photo, Winona RyderTu vas la fermer, ou bien ?

 

« Pour remettre les choses dans leur contexte, je devais jouer une scène où je pleurais. Francis essayait de tous les pousser - Richard E. Grant, Anthony Hopkins et Keanu Reeves - à me crier dessus et à me dire des horreurs pour que je pleure. Mais Keanu ne voulait pas ni Anthony. Ça n'a tout simplement pas marché. J'étais genre, vraiment ? Ça a plutôt eu l'effet inverse. »

Les deux hommes ont préféré se comporter en gentlemen et laisser les larmes à la fiction. Rien d'étonnant en ce qui concerne Keanu Reeves, qui est connu pour être d'une éthique irréprochable dans un monde hollywoodien parfois crapuleux. Ryder et lui se sont d'ailleurs retrouvés sur plusieurs tournages, A Scanner Darkly, Les Vies privées de Pippa Lee ou Destination mariage, et s'apprécient visiblement. Quant à Coppola, l'actrice a conclu en disant que sa relation avec lui se "passait bien maintenant".

 

photoC'est pour l'art, chérie

 

Ce genre de démarche n'est pas étrangère dans le monde du cinéma. La direction d'acteur (et disons-le, surtout d'actrice) est sujette à questionnement, entre le désir d'aboutir à une interprétation hyper réaliste et le fait que jouer les émotions est un métier. On se souvient entre autres de Stanley Kubrick qui a poussé à bout Shelley Duvall sur Shining, des méthodes directes d'Henri-Georges Clouzot (avec sa femme Véra dans Les Diaboliques), ou encore des plaintes envers Abdellatif Kechiche pour son film La Vie d'Adèle.  

Mais le couac avec Coppola sur le tournage n'était peut-être pas la pire expérience qu'a pu vivre Ryder concernant le film. L'actrice a surtout mal vécu les critiques presse à la sortie de Dracula :

 

photo, Winona RyderEt si je montre mes seins, vous rajoutez une étoile ?

 

« Le film a reçu les pires critiques. Pour une raison quelconque, tous les critiques se sont dit : "C'est le pire film au monde", et c'était vraiment dur de leur part. »

La déclaration de Ryder est étonnante et ne semble pas vraiment fondée. S'il est vrai que Dracula a écumé quelques réflexions dans la presse, elles étaient surtout focalisées sur le scénario tarabiscoté, et non sur l'entièreté de la proposition filmique. Des articles de Variety, Los Angeles Times, Empire et The Reviews of Books ont certes émis des réserves, parfois de taille, mais sans renier la qualité visuelle du film. Le point d'orgue des avis négatifs se concentrait principalement sur l'interprétation de Keanu Reeves, qui est très fleur bleue et melliflue.

Ceci dit, en fouillant, on trouve des mauvaises langues chez Virgin Media et Time, qui se sont accordés pour dire que l'actrice était "tout aussi nulle" que son confrère. Chez Ecran Large, on ne dirait jamais une chose pareille (voir notre dossier) !

Les amoureux du roman de Stoker pourraient avoir une belle surprise avec le film (en projet) Dracula de Karyn Kusama, qui promet d'être fidèle au récit.

 

photoLes mauvaises langues feraient mieux de se la couper

commentaires

pollux
05/07/2020 à 07:36

@Jj : si tu pouvais t'abstenir désormais de tout commentaire sur Ecran Large, ça nous aiderait bien...

RobinDesBois2
27/06/2020 à 04:17

Faut arrêter de s'indigner pour tout et n'importe quoi au bout d'un moment. Une "insulte" destinée à la stimuler artistiquement et proférée il y a plus de 28 ans la chamboule encore ?

Clems
26/06/2020 à 20:27

Pour dire tout et n'importe quoi pour faire du buzz pour une actrice kleptomane déchue, sur Mel Gibson,... maintenant c'est au tour de Francis Ford Coppola. Faut pas s'étonner que tout le monde du cinéma lui ferme les portes.

Andarioch1
26/06/2020 à 20:00

@José
Le fasciste Eastwood?
Pour dire ça il faut ne jamais avoir vu un de ses films (ou ne pas les avoir compris, ça compte aussi), ne pas avoir lu la moindre interview (pas des bribes, hein! le texte en entier) et vivre en 1975. Il a beau avoir de vrais côtés réac, il peut aussi être un pur progressiste (meilleur pote noir dans sa première réalisation, comportement anti faf dans gran torino, j'en passe...). C'est un bizarre mélange typique ricain.

Jj
26/06/2020 à 19:51

Dans la vie savoir pardonne aussi passé ok toi aussi pas mieux winona ryder malgré dieu pardonne ciao

alulu
26/06/2020 à 18:33

Logiquement un(e) acteur(rice) à ce niveau, ça sait composer. L'insulter ou la terroriser pour rechercher une émotion qui collerait à une scène, c'est limite. Et à la fin il lui dit quoi ? Pardon c'était pour Surprise sur prise ?
Si le réal en retour est prêt à se manger une droite pour le but recherché, oui pourquoi pas.

Ded
26/06/2020 à 16:57

Et Hitchcock avec Tipi Hedren dans "Les oiseaux" comme chacun sait. Et la danseuse Ann Miller alors âgée de 15 ans et qui, sur le tournage de "Vous ne l'emporterez pas avec vous" en 38, avait les pieds en sang à force de faire des pointes pour des prestations virevoltantes que Frank Capra (pourtant pas réputé tyrannique), lui faisait recommencer inlassablement. Ce que réalisateur veut...

Bob
26/06/2020 à 15:52

Melliflue, je dormirai moins bête ce soir

Nico1
26/06/2020 à 14:18

Idem je connaissais pas l'adjectif melliflue! Sinon pour en revenir au sujet, c'est plutôt le titre de l'article qui m'interpelle. Que la méthode de Coppola soit discutable,c'est une chose, même si la crédibilité de Winona Ryder le soit aussi -discutable-,mais un tel titre est un peu racoleur et c'est bien dommage.

Pete
26/06/2020 à 13:38

Et les 2 trolls de la zone commentaire d'Ecran Large toujours là à chercher à provoquer des réactions pour se sentir exister... Vous vous êtes fait bannir du forum 16-25 de jeuxvideo.com ou quoi ? :eyeroll:

Plus

votre commentaire