La réalisatrice de Wonder Woman a quitté Thor 2 pour se protéger du sexisme

Déborah Lechner | 26 mars 2020 - MAJ : 26/03/2020 08:45
Déborah Lechner | 26 mars 2020 - MAJ : 26/03/2020 08:45

Avant de faire un carton avec Wonder Woman, Patty Jenkins devait réaliser la suite de Thor chez Marvel, mais les fameux différends créatifs sont intervenus.

Avec l'Amazone de DC, la Warner a ouvert la voie aux super-héroïnes en tête d'affiche (Catwoman et Elektra ont échoué avant ça), en plus de confier la réalisation à une femme, une première pour un blockbuster du genre. Mais Patty Jenkins aurait également pu être la première réalisatrice du MCU, bien avant Anna Boden pour Captain Marvel (co-réalisé avec Ryan Fleck) .

Soutenue par Natalie Portman, la cinéaste devait s'occuper de Thor : Le Monde des ténèbres, mais seulement trois mois après avoir rejoint l'écurie Disney, la réalisatrice a quitté le projet après un désaccord avec Marvel et ses scénaristes. Le flambeau a finalement été repris par Alan Taylor, mais le film a reçu un accueil très en deça des attentes, avec le pire score de tout l'univers étendu sur le site Rotten Tomatoes. L'acteur principal Chris Hemsworth avait lui aussi avoué qu'il n'était pas du tout emballé par le deuxième opus, tandis que le réalisateur a pointé du doigt le studio qui aurait eu la mainmise sur la post-production et changé la vision qu'il avait du film. 

 

chris hemsworthChris Hemsworth après la sortie de Thor 2

 

On savait déjà que l'écriture du scénario était au coeur des tensions entre Marvel et Patty Jenkins, mais les raisons exactes de son départ ont été de nouveau abordé dans un article de Vanity Fair pour la promotion de Wonder Woman 1984 (dont la sortie a récemment été décalée) dans lequel la réalisatrice a expliqué qu'elle n'était pas prête à subir les conséquences de l'échec du film en tant que femme :

 

"Je ne croyais pas que je pouvais faire un bon film à partir du scénario qu'ils avaient prévu de faire. Je pense que ça aurait été un énorme problème, on aurait eu l'impression que c'était de ma faute. On aurait dit : 'Oh mon Dieu, cette femme l'a réalisé et elle a raté toutes ces choses'. C'est la seule fois de ma carrière où j'ai vraiment eu envie de faire ça avec [ndlr : un autre réalisateur] et ce n'est pas un problème.

Peut-être qu'ils le comprendront et l'aimeront plus que moi. On ne peut pas faire des films auxquels on ne croit pas. La seule raison de le faire serait de prouver aux gens que je le peux. Mais cela n'aurait rien prouvé si je n'avais pas réussi. Je ne pense pas que j'aurais eu une autre chance [ndlr : chez Marvel]. Et donc, je suis super reconnaissante".

 

Photo Gal Gadot, Patty JenkinsPatty Jenkins et Gal Gadot

 

Patty Jenkins ne voulait donc pas être décrédibilisée en tant que réalisatrice avec un navet chez Marvel, ce qui aurait été problématique pour la suite de sa carrière pour laquelle elle aurait probablement dû se battre pour obtenir "une seconde chance". La place des femmes devant et derrière la caméra pour les films de super-héros connaît toutefois un tournant avec l'arrivée de Jenkins et Cathy Yan (Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn) chez DC et bientôt de Cate Shortland (Black Widow) et Chloé Zhao (Eternals) chez Marvel. 

Le dieu du tonnerre sera quant à lui de retour dans la Phase 4 du MCU avec Thor : Love and Thunder qui retrouvera Taika Waititi à la réalisation et verra le retour de Natalie Portman en super-héroïne dès le 5 novembre 2021. En attendant, notre critique de Thor : Le Monde des ténèbres est juste ici et celle de Wonder Woman juste là.

 

 

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commentaires

Druidune
27/03/2020 à 01:15

bug

De Passage
26/03/2020 à 16:01

Ah, de mon côté, Thor 2 je l'aime plutôt bien.

Les plus difficiles à revoir pour moi sont Ant-Man 2 et les Gardiens De La Galaxie 2 (bien qu'il y ait de bons moments dans ce dernier).

Arnaud (le vrai)
26/03/2020 à 15:22

Elle a raison, si le film s'etait planté avec elle a la barre, le fait qu'elle soit une femme aurait ete mis en avant direct ... Pour le coup si elle ne croyait pas au scenario et pensait que le film biderait, alors c'est sur elle a fait le bon choix (et au final le film sans avoir bidé est clairement un des plus faible du MCU)

Simon Riaux - Rédaction
26/03/2020 à 14:17

@lou

Bonjour lou,

Patty Jenkins traite bien d'un milieu professionnel appliquant des standards différents à une profession en fonction du sexe de ceux qui la pratiquent. Donc d'une pratique sexiste.

Du reste, Patty Jenkins s'est exprimée à plusieurs reprises sur le sexisme à Hollywood et l'enjeu ainsi que les risques que représentaient son embauche au poste de réalisatrice (et nous nous en étions fait l'écho), il n'y a donc rien d'absurde dans le positionnement de l'article.

lou
26/03/2020 à 14:12

l article relate un choix professionnel, d une realisatrice qui donne des explications claires .. en rien elle ne fait allusion au sexisme !!! le sexisme n est relate que par l auteur de l article .. totalement divergent et en porte a faux avec le message de la realisatrice. article nul

saiyuk
26/03/2020 à 14:06

Dans un genre différent je ne voit qu'une femme ayant réussi a s'imposer sur des gros films malgré des échec : Kathryn Bigelow
Donc oui je comprend Jenkins

saisyuk
26/03/2020 à 13:08

Da

Pseudo
26/03/2020 à 12:17

D' accord avec ecranlarge pour une fois

Simon Riaux - Rédaction
26/03/2020 à 11:46

@rocky

Justement non.

Bien sûr, réaliser un bide n'aide pas une carrière. Mais on trouve plein de metteurs en scène qui ont pu continuer à exercer après un énorme échec, des conflits avec un studio... Chez les réalisatrices, c'est beaucoup beaucoup plus rare.

Et la croyance à base de "les femmes ne peuvent pas réaliser de gros budgets ou de films d'action", très répandue dans l'industrie, n'est pas arrivée par hasard. En gros, les mécanismes sont similaires, mais amplifiés quand il s'agit des femmes.

Geoffrey Crété - Rédaction
26/03/2020 à 11:45

@rocky

Pas vraiment. Patty Jenkins parle de la réalité : les femmes à la tête d'une superproduction de ce genre, ça n'est pas du tout courant. Elle aurait été la première chez Marvel, et elle a été la première chez DC, au point que c'était une date - au même titre qu'Ava DuVernay avec Un raccourci dans le temps.

Jenkins pensait que ce poids, pouvait être problématique : si la première réalisatrice d'un film de super-héros moderne se plante avec un film moyen voire nul, c'est un événement, un argument même, ou en tout cas quelque chose qui sera commenté.
Si c'est un homme, c'est alors simplement une question de "tel réalisateur a raté le coche". Alan Taylor s'est plutôt planté avec Thor 2, ce qui est resté du domaine du commentaire sur sa carrière. Patty Jenkins, ça aurait été bien différent a priori.
Un peu comme Karyn Kusama sur Aeon Flux, qui a parlé des années de galère après ce bide, qui pourtant a été un cas classique de film repris et foutu en l'air par le studio.

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