Stephen King s'inquiète de l'annulation des mémoires de Woody Allen et dit ce qu'il pense

Marion Barlet | 10 mars 2020 - MAJ : 10/03/2020 13:40
Marion Barlet | 10 mars 2020 - MAJ : 10/03/2020 13:40

La tourmente autour des cinéastes accusés d'agressions sexuelles et de pédophilie continue, avec Woody Allen, dont la publication des mémoires a été annulée par Hachette.

Après la tempête, la tempête encore. La France a été secouée ces dernières semaines par la nomination puis la victoire de Roman Polanski aux César, reparti auréolé de la statuette de la meilleure réalisation et de la meilleure adaptation, accentuant de facto une rupture esthétique, générationnelle et politique au sein du cinéma hexagonal, cristallisé par la décision d'Adèle Haenel de quitter la cérémonie. Un débat profond, à l'ampleur médiatique sans précédent, dont on vous résume quelques tenants et aboutissants ici

 

extraditionQuelqu'un d'autre d'accusé, par là, par LÀ !

 

L'affaire Woody Allen remonte à 1992, lorsque sa fille adoptive Dylan Farrow a montré des signes d'agressions sexuelles - démenties par deux expertises judiciaires distinctes. Aucun procès n'a eu lieu aux États-Unis puisque les éléments d'enquête n'étaient pas suffisants pour inculper Woody Allen. Mais en 2014, le réalisateur américain est publiquement accusé par sa fille Dylan Farrow d'attouchement durant son enfance.

Un événement qui divise la fratrie entre Moses qui défend son père, désignant sa mère comme la cheffe d'orchestre d'un régime de maltraitance et de manipulation qui aurait semé chaos et mort au sein de sa famille, et Ronan qui prend le parti de sa sœur Dylan.  

 

Photo Woody AllenJe voudrais un billet pour la France s'il vous plaît... Non juste un aller

 

Juste avant #metoo, ces révélations (qu'elles soient vraies, partiellement vraies ou fausses) ont ébranlé le monde du cinéma et renforcé les lignes de ce qui deviendra un ras-le-bol exhaustif. La question s'est posée de la distinction de l'homme et de son œuvre, avec les conséquences formelles que cela implique, à savoir : financer un artiste, diffuser et promouvoir ses films, publier ses mémoires... 

Alors qu'Un jour de pluie à New York, le dernier film de Woody Allen, a été distribué en France (mais pas aux États-Unis), la parution des mémoires de celui-ci semble en péril dans l'hexagone. Apropos of Nothing traduit en français par Soit dit en passant, sont les mémoires du réalisateur que le public aurait pu découvrir dès le 29 avril. Mais la maison d'édition Hachette a dû faire face à des grèves au sein de son entreprise et annuler la publication de l'ouvrage.

Une démarche qu'ont salué Ronan et Dylan Farrow, mais qui fait polémique depuis son annonce.

 

Photo Miley Cyrus, Woody AllenLes #metoo sont partout

 

Mauvais timing après les César ou nouvelle approche éditoriale qui pourrait se généraliser ? Stephen King s'est en tout cas dit très inquiet de la démarche, tout en précisant qu'il ne soutenait absolument pas Woody Allen.

 

 

« La décision d'Hachette d'abandonner le livre de Woody Allen me met très mal à l'aise. Ce n'est pas lui le problème ; je m'en fous de M. Allen. C'est le prochain qui se fera museler qui m'inquiète. »

Le malaise se généralise dans le monde de l'art, où la frontière entre l'homme et l'artiste cristallise les passions. Va-t-on vers une société de la censure et de la bien-pensance ou vers un monde qui ne supporte plus l'impunité des groupes ou individus perçus comme dominants ? Trouver l'équilibre est un exercice délicat et devrait encore occuper artistes et commentateurs durant un long moment. 

 

photo, Timothée ChalametTimothée Chalamet quand il découvrit le pot aux roses

 

Dit-on adieu aux mémoires de Woody Allen ? Pour combien de temps ? Un mois, un an, toujours ? Une opération rescousse est menée et Soit dit en passant pourrait trouver un repreneur chez Stock, en France. Cette maison d'édition souhaiterait racheter les droits de l'ouvrage qui ont été restitués par Hachette à son auteur. Le directeur de Stock, filiale d'Hachette, s'est ainsi exprimé dans Le Figaro pour justifier son choix :

« On ne doit pas tout mélanger, ni même amalgamer, au risque de perdre notre bon sens : la boussole qui doit guider nos choix. La France n’a pas été le lieu des querelles familiales entre Woody Allen et son ex-femme Mia Farrow ni avec Ronan Farrow. »

Il a ajouté qu'il ferait tout son possible pour que la publication soit maintenue. L'affaire n'est donc pas close et l'on s'attend à une déferlante de tollés tous azimuts. La liberté d'expression ne semble pas si morte que ça, soit dit en passant. 

 

Affiche française

commentaires

Opliz
16/03/2020 à 10:36

@Rebelle33

Le souci, c'est que s'inquiéter d'une opinion publique, pour un éditeur, c'est la base du métier, on ne vend pas quelque chose dont les gens ne veulent pas. Et ça ne fait pas de l'opinion un tribunal, ça s'appelle l'offre et la demande.


"Il se bornait à rappeler tout simplement que "le tribunal de l'opinion publique" n'a pas à se substituer à la Justice!!!!"

>>>>>> Prière d'indiquer donc, à quelle occasion une sentence judiciaire a été différée, annulée, modifiée, par ce mystérieux tribunal populaire et où sont les condamnés et embastillés auxquels il s'attaque.

Rebelle33
16/03/2020 à 08:39

@Opliz
Je vous accorde les 3 raisons énoncées ...
Cependant,vous ne m'enlèverez pas de l'idée qu'une large partie de l'opinion publique qui continuait de désigner Woody ALLEN comme un coupable (alors que la justice américaine elle-même l'a disculpé....) a largement contribué à entraîner cette décision de retrait...
Quoiqu'il en soit, mon propos allait au-delà de l'affaire ALLEN ou de l'affaire POLANSKI;;;;
Il se bornait à rappeler tout simplement que "le tribunal de l'opinion publique" n'a pas à se substituer à la Justice!!!!

Opliz
15/03/2020 à 18:38

@Rebelle33

"Selon moi" ?
Étonnante formulation, concernant des faits publics et avérés.

- la fronde interne des employés américains.
- le chantage de Farrow un de leurs plus gros vendeurs sur ce territoire.
- l'absence de débouchés commerciaux sur le sol américain.

Je suis assez curieux de voir comment vous allez essayer de greffer votre tribunal magique, le public n'ayant eu vent de cette annulation... qu'après ladite annulation.

(Pourquoi n'essayez vous pas de répondre à mes arguments ? Je ne comprends pas)

Rebelle33
15/03/2020 à 11:22

@Opliz
Je livre à votre sagacité ces deux pensées:
Paul VALERY :
La raison règne, les émotions gouvernent...
Carl Gustav JUNG:
Réfléchjr, c'est difficile, c'est pourquoi la plupart des gens jugent...

Rebelle33
15/03/2020 à 09:21

@Opliz
J'ai une seule question à vous poser : qu'est-ce qui , selon vous, a amené les éditions Hachette à annuler la parution des "Mémoires" de Woody ALLEN ????

Opliz
14/03/2020 à 17:40

@Rebelle33

J'entends bien qu'il est complexe de converser quand, comme cela semble être votre cas, on est saisi d'une grande fébrilité, mais je vous invite à nouveau à oser avancer ne serait-ce qu'un argument, que cette discussion progresse.

Pour rappel pour diffamer quelqu'un... il faut qu'il y ait "quelqu'un". En l'état vous êtes un pseudonyme vide de toute substance sur une page web. Il est donc techniquement impossible de vous diffamer. Si j'affirme ici que vous mangez des bébés loutres et abusez de jeunes licornes, personne de votre entourage ne pourra répandre cette rumeur, votre identité étant inconnue.

Ni vous ni moi ne sommes en capacité de nous diffamer. Voilà. Ne me remerciez pas c'est de bon cœur.

Quant à votre vexation, j'en suis navré, constatant que vous ne parveniez plus à argumenter ou à tenir de propos cohérents, j'ai commencé à m'inquiéter.

Si vous êtes dans votre état normal, croyez bien que je suis désolé de cette mésinterpretation.

Rebelle33
14/03/2020 à 16:12

Opliz
Autre chose:
S'il y a quelqu'un qui essaie d'échanger normalement et civilement , c'est bien moi!!!Relisez vos propos, mon cher!!!
Par ailleurs , le terme de "sollicitude" ne convient vraiment pas dans le contexte où vous l'avez employé;;;
Pardonnez moi pour cette petite remarque de vocabulaire en espérant qu'elle ne vous vexe pas trop!!!!

Rebelle33
14/03/2020 à 12:13

@Opliz
Vous estimez que de me ranger parmi les déments, les alcooliques ou les névrosés alors que vous ne connaissez absolument pas, ce ne sont pas des injures qui frisent la diffamation!!!
C'est vous qui ne connaissez pas le sens des mots!!!
Quant à celui qui m'aurait "rossé" comme vous dites, lors de nos échanges au sujet de Roman POLANSKI, il était fait du même bois que vous, à savoir confondre "arguments" et "imprécations"!!!!

BobaFett
14/03/2020 à 02:02

Mais c'est la cours de récréation par ici !

Opliz
13/03/2020 à 17:39

@Rebelle33

Je crains que la définition de la diffamation ne vous échappe grandement (diffamer un anonyme, c'est pas facile, vous savez) et je remarque que vous optez pour la position victimaire et fébrile qui fut la vôtre quand un lecteur vous imposa une terrible rossée argumentative, sur une autre page, consacrée au déshonorant scandale Polanski.

Je m'inquiétais simplement de comprendre pourquoi vous ne parveniez pas à échanger civilement et normalement.

Sincèrement navré que ma sollicitude vous ait poussé dans vos retranchements, si fort, si vite.

Du coup, avez-vous une réponse aux arguments avancés ? Un quelconque élément factuel, de l'ordre de la démonstration, qui ne soit pas purement émotionnel et idéologique ?

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