Netflix vs Oscars : après Spielberg, Mirren, Dolan... c'est au tour de Scorsese de donner son avis

Camille Vignes | 2 mai 2019
Camille Vignes | 2 mai 2019

Le 7e art semble divisé entre les défenseurs du cinéma traditionnel et les amateurs d'innovation. Sans surprise, The Irishman relance le débat Netflix vs Oscars.

Si le cinéma connait un changement en profondeur depuis l'arrivée en masse des services de streaming (Netflix, Hulu, Amazon Prime ainsi que Disney+ et Apple à venir…), les avis concernant cette mutation ne sont pas aussi tranchés qu’il n’y parait.

Steven Spielberg (ainsi que Helen MirrenXavier Dolan…) est parfois considéré (à tort) par une partie de l’opinion publique comme étant un féroce opposant à la puissance grandissante de la SVoD alors que son discours est autrement plus nuancé.

 

Photo Steven Spielberg"Si vous ne comprenez pas, je me tire"

 

De l’autre côté, des cinéastes comme Martin Scorsese ou Robert De Niro seraient déjà passés "du côté lumineux de la force" et dealant avec le géant rouge Netflix. Et pourtant, le réalisateur (entre autre) oscarisé pour Les Infiltrés , a nuancé son avis sur ces services vidéo au micro de Vanity Fair.

« On dirait que ça nivèle tout. Et le cinéma est quelque chose de particulier. Sinon quelle différence y aurait-il entre un Almodóvar, Lawrence d’Arabie et un tuto vidéo ? ».

Étant donné le statut de son prochain film – The Irishman est financé en grande partie par Netflix (125 millions de dollars environ), personne s’attendait à une telle déclaration de sa part. Pourtant, Scorsese a expliqué qu’en lui proposant de l’argent et lui offrant une liberté totale, Netflix ne pouvait que gagner.

 

Photo Robert De Niro, Joe PesciScorsese veut juste de l'argent et Ace et Nicky en n'ont pas assez

 

C’est évidemment cette politique agressive qui permet à Netflix de grignoter rapidement des parts de marché et de devenir de plus en plus puissant. Scorsese ne semble pas aussi intransigeant sur l’avenir réservé aux films SVoD (notamment sur leur légitimité dans des compétitions comme celle des Oscars) que Spielberg.

« Ils vont démêler le problème. J’aimerais que les gens soient patients avec eux [l’académie, ndlr] parce qu’ils ont besoin d’essayer plusieurs choses… se prendre la tête avec ça, parce que ça fait avancer les choses. Qu’est-ce qu’un film ? Comment doit-il être présenté, surtout dans ce nouveau monde ? ».

En gros, Martin Scorsese appelle à la tolérance et la bienviellance vis-à-vis de l'Académie qui ne peut pas se redéfinir en un claquement de doigt (et non, le gant de l'infini n'a pas tous les pouvoirs). Peut-être est-ce là une façon de débuter la campagne de son prochain film, The Irishman, qui sort sur Netflix à l'automne prochain.

 

affiche

 

 

commentaires

fhanachi
02/05/2019 à 14:11

Hors sujet: d'un coté, des articles bien écrits, qui vont à l'essentiel en étant extrêmement précis(Bravo à la rédactrice), d'un autre un fanboy qui nous blablate dans chaque article qu'il écrit avec des paragraphes à rallonges juste pour une info qui tient en une ligne.
C'est tout le paradoxe d'écranlarge

gege
02/05/2019 à 13:56

c'est quoi la prochaine étape les vidéos youtube aux oscars???

maxleresistant
02/05/2019 à 13:41

Faut pas croire, The Irishman bénéficiera d'une sortie cinéma aux USA, certes limitée, mais qui fera plaisir a Scorsese et a l'Académie.
Faut savoir que pour Roma, sortie le 27 octobre 2018, le film passait encore en cinéma au Texas quand j'y étais en février. Donc ces sorties ne sont pas si limitées, et Netflix n'est pas contre jouer le jeu.

En tout cas dans un pays où la chronologie des médias ne lui met pas de bâtons dans les roues

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