Le remake de Simetierre essaie de justifier les énormes trahisons du roman de Stephen King

La Rédaction | 8 février 2019 - MAJ : 08/02/2019 18:53
La Rédaction | 8 février 2019 - MAJ : 08/02/2019 18:53
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Un des deux réalisateurs a choisi de s’expliquer sur les grosses différences entre le reboot de Simetierre et le roman d’origine.

ATTENTION SPOILERS !

On le répète, si vous n’avez pas vu le film de Mary Lambert, n’avez pas lu le livre de Stephen King, ou voulez garder un peu de mystère autour de la nouvelle version qui sortira en France le 10 avril, dégagez fissa.

 

AfficheChat va faire mal

 

Dans le roman SimetierreStephen King faisait vivre un cauchemar total à son héros Louis Creed. Après la mort de son dernier né, Gage, écrasé par un camion à l’âge de 3 ans, Louis le ramenait à la vie en l’enterrant dans le cimetière indien aux propriétés surnaturelles que lui a dévoilé son sympathique voisin.

Or, dans le remake de Kevin Kolsch et Dennis Widmyer, ce n’est plus Gage, mais sa grande sœur Ellie qui va décéder, revenir à la « vie » et apprendre à sa famille combien il est désagréable de se farfouiller les entrailles à coup de scalpel.

Ce n’est pas un changement cosmétique, tant il va refaçonner le climax, et donc la conclusion du récit. Ces modifications ont provoqué l’ire de nombreux fans, poussant les réalisateurs et le producteur Lorenzo Di Bonaventura à expliquer leurs décisions à Entertainment Weekly.

Pour ce dernier, la problématique évidente était celle de l’appropriation d’une création déjà bien connue du public.

 

photoChat n'a pas l'air d'aller très fort

 

« Croyez-moi, on était assez nerveux à ce sujet. Et je ressens toujours ça pour les éléments que nous réinterprétons ou mettons à jour. Si on se contentait de réchauffer un plat que vous connaissez, on n’aurait pas fait honneur au matériau d’origine.

J’ai beau être un spectateur très protecteur des œuvres qu’il aime, je veux de la nouveauté tout le temps et sentir qu’un metteur en scène fait de véritables choix. C’était le cas ici, nous avons estimé que c’était un véritable choix. »

De même, intervertir la progression de l’horreur au sein du récit est pensé pour permettre un plus grand travail sur l’intériorité des personnages.

« Gage est tellement jeune. On ne peut pas en faire grand-chose. Avec ce changement on peut vraiment creuser ce personnage. Nous sommes en mesure d’explorer l’horreur psychologique de cet enfant, grâce à son âge. »

 

photo, John Lithgowce petit chemin, qui sent la noisette...

 

Quant aux réalisateurs, ils se sont également posés la question de la praticité d’un dispositif, qui pourrait rapidement poser des problèmes de crédibilité et d’immersion, rapprochant Simetierre d'une autre franchise.

« Pour l’essentiel, sur le tournage du premier film, ils ont utilisé une poupée pour Cage. C’est inquiétant et efficace. Mais aujourd’hui, tout le monde connaît Chucky, et même si on sait que ces effets peuvent fonctionner quand ils sont bien employés… »

Et si paradoxalement, ce remake s’avérait plus fidèle que le film de Mary Lambert ?

 

photoDrame de la scoliose

 

« Nous avons choisi de renouer avec certains aspects du roman absents de la précédente version, certains spectateurs penseront, s’ils ne l’ont pas lu, que ce sont des infidélités au film de 1989. Ils se demanderont pourquoi on ajoute telle ou telle réplique. Mais si vous lisez le livre, ce sont des éléments qui en sont directement extraits qui n’auraient pas pu être interprétés par un enfant de 3 ans. »

Au final, si les justifications de l’équipe de Simetierre semblent frappées au coin du bon sens et qu’on se réjouit que le film s’assume comme une véritable adaptation, le choix de dévoiler ces changements (et donc quasiment toute la trame du métrage) dans une bande-annonce laisse pantois et risque d’abîmer durablement le film.

 

Affiche

commentaires

Lu
17/02/2019 à 14:46

Je suis assez perplexe devant le fait que ce ne sera plus Gage qui me mettra profondément mal à l'aise dans cette histoire... J'ai adoré ce que représentait ce gamin haut comme trois pommes, c'est la douceur, l'enfance, l'innocence, le rire au début. Je l'ai trouvé adorable dans le trois quart de l'histoire, c'était une bouffée d'air frais, à chaque fois qu'il tentait de s'exprimer, qu'il découvrait de nouvelles choses, alors qu'on se trouvait, déjà, dans une ambiance de plus en plus dérangeante, qu'est-ce que j'ai ri dans la scène avec le cerf-volant en voyant au plus près la relation père/fils qui se créait et les évolutions qu'avaient fait Gage au fil de l'histoire, je pense que c'est une des scène les plus touchantes du livre... avant le drame... imaginer un enfant de 3 ans, pour lequel on a eu un profond attachement par l'intermédiaire des parents géniaux que sont Louis et Rachel, se mettre à détruire sa famille c'est particulièrement horrible, surtout si le seul moyen de sauver ce gamin et de le retuer... une enfant de dix ans ne peut pas représentée cette même douceur, cette même innocence, tout simplement parce qu'elle a forcément plus conscience d'elle même, de comment elle agit, j'espère que les auteurs joueront sur le fait que le père devra tuer sa fille, son bébé comme dans l'histoire originelle. Après, j'imagine une confrontation très intéressante entre Ellie et Gage justement... il y a peut-être du potentiel....Simetierre réprésente beaucoup pour moi, j'ai une véritable attachement pour ses personnages, qui n'appartiennent plus seulement à leur créateur. Nous nous créons forcément en lisant nos propres réprésentations de ses personnages, physiquement principalement, mais aussi quand même psychologiquement en portant plus d'attention à certains comportements qu'à d'autres, il est donc très difficile d'accepter une autre réprésentation, d'autres idées, que les notres qu'on pensait universelles. Je pars donc avec beaucoup d'exigence mais aussi j'essayerais de ne pas regretter chaque changement. Néanmoins, ce film n'a pas intérêt à me décevoir parce que sinon on risque d'en entendre longtemps parler, ils s'attaquent quand même à un de mes livres préférés, et tout auteur confondu!... je parle vraiment trop...

marmelin
11/02/2019 à 10:30

@simon riaux : la ligne verte un mauvais film??? C'est quand quand exagéré, a mes yeux c'est culte.

Si on parle de mauvaise adaptation, les évadés est une très très mauvaise adaptation mais un excellent film (comme shining par ailleurs).

MARMELIN
11/02/2019 à 10:24

@ ECRAN LARGE. Quand j'ai vu la nouvelle bande annonce, les changements m'ont de suite frappé, mais on est loin de la trahison. D'apres ce que j'ai vu,et que j’espère, on semble etre plus proche de l'esprit du roman et de son atmosphère.
Rien que la scene ou il est dans les bois,en route vers le cimetière (pardon simetiere) et où on peut entendre le vent "parler" fait echo a un long passage du livre qu'il n'y a pas dans le premier film.
J'ai ressenti dans cette BA tout le malaise que j'ai éprouvé a la lecture du livre.
J'ai l'impression que, malgré les libertés prisent, on va se retrouver avec une des meilleures adaptation d'un roman du King.

Réponse prochainement :)

potro
10/02/2019 à 16:51

La ligne verte est tout juste moyen et cul -cul la praline par dessus tout. Et la performance de Michael Clarke Duncan est aussi drôle que Simple Jack dans Tonnerre sous les tropiques, c'est con parce que c'est pas le but recherché.

yourglaaa
10/02/2019 à 01:51

C'est vrai que la ligne verte est un film assez ennuyeux qu'il ne me viendrait pas à l'idée de revoir. Par contre, quasiment tous les films avec Jake Gyllenhaal sont bons, cet acteur est hors du commun rien à voir avec cet acteur mou du genoux qu'est Tom Hanks qui joue sur deux expressions : menton qui tremblote ou menton qui ne tremblote pas. C'est mon avis, mais je le partage tellement !

more
09/02/2019 à 18:04

Encore une fois je dois lire une collection d'anneries...


Alors FRED, selon toi perdre le bébé est plus épouvantable que perdre la grande fille?
J'espere pour toi que tu te limitera à un enfant, car sinon tu ne risque pas d'apporter de considérations aux plus vieux ...
Et oui, utiliser la fille plus agée est une bonne idée car il est plus sfacile d'expliquer à une enfant de 10 ans ce qu'elle doit faire devant la caméra qu'a un bébé...
De plus, gage ne savait pas vraiment marcher, niveau horreur, on en restait à un bébé titubant, donc loin d'être une vraie menace...

Quand aux autres snobinards qui disent que la ligne verte est un mauvais film, je crois que vous avez surtout envie de vous la raconter "critique cinéphile" histoire de donner un sens à votre existence...

Dubitatif
09/02/2019 à 16:26

Mouaif, je pense surtout que la vraie raison c'est que la mort violente d'un petit de 3 ans aurait voué le film à une classification inadmissible pour le studio (plus de spectateur, plus de pognon, tout ça tout ça). Et puis avec l'actuelle évolution psychologique de l'espèce humaine, ça évite sans doute une recrudescence d'AVC chez les fragiles et un certains nombre de procès de la part d'association de défense de l'enfance de fiction...

Fred
09/02/2019 à 12:52

C'est une hérésie. L'horreur ultime venait justement du fait que c'était le petit qui était tué et revenait hanter ses proches . Alors leur histoire d'age et de poupée ne tient pas du tout la route à une époque ou tout est faisable sur écran...Comment king peut laisser passer ça ? Un gros chèque probablement.

Pat
09/02/2019 à 10:17

La Ligne verte est un bon film issu d'un bon roman.

loom
08/02/2019 à 20:04

@Simon Riaux - Rédaction

Rappelons quand même qu'une adaptation qui ne trahit pas le matériau de base... n'est pas une adaptation. C'est une transposition....
Par exemple La Ligne Verte est une excellente transposition. C'est aussi une très mauvaise adaptation....

À moins d'avoir sauté un épisode mais pour moi, ça n'a pas de sens. Si La Ligne Verte est une transposition et non une adaptation parce que fidèle. Elle ne peut pas être mauvaise ou même bonne en tant qu'adaptation puisqu'elle n'en est pas une. Je chipote un peu, mais c'est vrai que La Ligne Verte est médiocre, je préfère 100 fois Les Évadés ou The Mist.

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