Netflix voudrait sortir certains films au cinéma, pour attirer les grands réalisateurs

La Rédaction | 29 août 2018 - MAJ : 31/10/2018 10:28
La Rédaction | 29 août 2018 - MAJ : 31/10/2018 10:28

Netflix va t-il finir par squatter les salles de cinéma ?

Des polémiques au Festival de Cannes jusqu'à celles à la Mostra de Venise, du prochain Martin Scorsese The Irishman au rachat de Mowgli à la Warner Bros., la question ne cesse de revenir. Les films, ou certains films, ne sont-ils pas pensés, filmés et destinés aux salles de cinéma, plutôt qu'aux écrans de télévision, téléphones et ordinateurs ?

Si Netflix permet à de nombreux spectateurs d'accéder à une multitude de films sinon soumis aux questions de distribution, il empêche aussi à certains films d'être projetés dans les conditions idéales. Les cas de Mowgli d'Andy Serkis et Roma d'Alfonso Cuarón sont les plus parlants. Le premier, superproduction tournée en performance capture, devait sortir en 3D, et marcher éventuellement dans les pas du Livre de la Jungle, méga-succès de Disney. Le second marquait le grand retour du cinéaste oscarisé, cinq ans après Gravity, pur film de cinéma. 

Et alors que ce dernier sera présenté à la Mostra, The Hollywood Reporter affirme que Netflix songerait sérieusement à sortir certains de leurs titres sur grand écran, notamment pour ne pas effrayer ou repousser les cinéastes prestigieux après lesquels ils courent.

 

 

THR explique ainsi que Netflix cherche à la fois à rester un refuge pour les grands réalisateurs, qui restent en grande majorité attachés aux salles de cinéma, et également à devenir un vrai joueur dans la course aux Oscars - pour rappel, Beasts of No Nation était considéré comme un potentiel candidat et avait même été nommé aux Golden Globes, mais a été boudé aux Oscars.

Roma de Cuarón serait le premier film à avoir ce privilège, et pourrait ainsi sortir dans les salles américaines entre novembre et décembre, avant d'être disponible sur Netflix. Ce ne serait pas réellement la première fois, puisque Beasts of No Nation par exemple était sorti dans quelques salles, pour pouvoir concourir aux Oscars notamment. Mais si cela se confirmait et devenait une vraie sortie en bonne et due forme, ça pourrait être un virage pour asseoir la position de force de Netflix.

 

 

Car si tous ceux qui entrent dans l'univers Netflix chantent les louanges du service de SVOD, ce serait autrement plus compliqué en coulisses. Des réalisateurs prestigieux et installés comme Alfonso Cuarón et Paul Greengrass, dont le 22 July sera distribué par Netflix, aimeraient que leurs films soient projetés dans les salles de cinéma, et pas uniquement pour rentrer dans les cases de la saison des prix, dans quelques salles et sans être réellement pris au sérieux de ce côté.

La manœuvre pose évidemment plusieurs questions. Sortir en simultané un film sur Netflix et dans les salles serait un peu absurde et vain, et les cinémas pourraient tout à fait refuser de rentrer dans ce jeu. Sortir le film trop longtemps avant sa présence en ligne, reviendrait quasiment à renier l'identité de Netflix. Et si la fenêtre n'était que de quelques semaines, cela irait contre le délai classique de quelques mois (qui change selon les pays).

 

photo, Paul GreengrassPaul Greengrass et Matt Damon dans le monde de Jason Bourne

 

Voilà de quoi relancer, encore une fois, la fameuse question de la chronologie des médias en France, qui impose un délai de 4 mois entre l'exploitation salles et la disponibilité en vidéo à la demande avec paiement à l'acte, et 36 mois pour la VOD par abonnement (comme Netflix). A l'heure du piratage massif et de Netflix, qui a profondément changé les habitudes d'une partie du public, le sujet est vital. Des discussions sont à peu près toujours en cours pour modifier tout ça, et raccourcir les délais, mais encore rien de bien sûr quant à l'avenir à court terme chez nous.

 

Affiche

 

commentaires

MystereK
30/08/2018 à 08:17

C'est toujours le même et faux débat.

Certaines de ces productions achetées par Netflix le sont parce qu'une distribution en salle a été exclue par la compagnie de production (Cloverfield, Annihilation, probablement aussi Mowgli), Netflix n'y est donc pour rien. D'autres parce que Netflix a participé à leur production, n'est-il donc pas normal qu'ils défendent leurs intérêts et que ces films servent d'appel pour leur plateforme ?
Tout film mérite d’être vu en salle, et même certaines séries le mériteraient, mais avant de râler, soyons tous honnêtes, voyons-nous tous les films en salles ? Un cinéphile voit combien de film par année ? 200 ? 300 ? Va-t-il tous les 2 jours au cinéma ? Certainement pas. Il fait un choix et certains films qui mériterait d’être visionné sur grand écran finissent finalement par être vu sur petit écran. Si l’on ne peut pas voir « Annihilation » en salle, et bien le soir ou l’on a décidé d’aller au cinéma, on va aller voir un autre film, tout simplement, on substitue un film à un autre, et lorsqu’on décide de rester bien au chaud chez soi, on regarde « Annihilation ». Par manque de temps, pour des raisons de logistique, ma femme n’a pas vu « Gravity » en salle mais en BluRay mais elle a tout autant apprécié l’expérience, tandis que lorsqu’elle a eu le temps de m’accompagner, nous sommes allés voir un autre film.

La distribution des films est aussi aléatoire, tous ne bénéficient pas des mêmes chances. Tous ne seront pas diffusés en dehors des grandes villes (Paris, Lyon, New-York, Los Angeles, San Francisco, Tokyo, Singapour, Hong Kong, etc…). Tous ne bénéficieront pas de la période d’exposition nécessaire pour permettre à l’amateur d’aller le voir quand il en aura l’opportunité. Combien de fois avons-nous manqué un film parce qu’il n’est pas resté en salle plus d’une ou deux semaines ou parce qu’il ne passait pas dans un cinéma de proximité ? Les parisiens ou les new-yorkais n’en savent peut-être pas grand-chose, mais ceux qui vivent à l’écart de ces grandes métropoles, le vivent régulièrement.

Dans beaucoup de pays, le mode de consommation des films change, je connais beaucoup de jeune qui vont moins au cinéma parce qu’ils préfèrent voir un film à la maison ou sur leur tablette. Sont-ils moins cinéphiles parce que le vecteur qu’ils utilisent est différents ? Certainement pas, beaucoup apprécient les films autant que nous à la vieille époque où il n’existait même pas la vidéo à domicile. La grande différence c’est qu’ils ont le choix du vecteur, ils trieront ce qu’ils vont voir au cinéma et ce qu’ils regarderont à domicile ayant beaucoup de chance par rapport à nous quand nous avions leur âge qui devions attendre une reprise pour revoir Star Wars.

Rien ne dit que le film ne sortira pas en BluRay, nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour faire cette affirmation. Peut-être Netflix va-t-il simplement en retarder l’exploitation sur support physique pour permettre à ses abonnés d’en profiter, mais n’est-ce pas normal ? Parce que la sortie Blu-Ray d’un film Paramount n’est faites pour faire plaisir aux spectateurs non plus, mais pour capitaliser sur le succès d’un film ou pour trouver un second souffle dans les foyers lors d’un échec en salle, parce qu’en fin de compte, tout le monde veut gagner de l’argent. Le débat est aussi biaisé parce que regarder le film sur Netflix ou en BluRay, c’est du pareil au même sauf que dans le premier cas, on n’a pas le film dans nos étagères. La qualité de Netflix est aussi en HD, on peut le revoir autant de fois que l’on veut et le prix est avantageux, un abonnement mensuel qui coute moins cher que le BluRay en question et qui nous permet d’avoir accès à plus de films/séries. Netflix n’a pas hésité à sortir ses séries en DVD, alors rien ne permet d’affirmer aujourd’hui que les films ne sortiront pas en BluRay d’autant plus que certains films récents ont été distribué à la fois sur Netflix, en salle et en BluRay (Veronica) dans une chronologie des médias que je ne m’explique pas en France.

Rien n’est gravé dans le marbre et Netflix nous permet de voir des films que nous aurions peu ou pas de chance de voir en salle. Si je prends la section horreur de Netflix, la plupart des films que j’y ai vu en salle c’est en fréquentant les festivals de genre car ils n’ont pas été distribués à une échelle nationale et je suis heureux que le spectateur a ce moyen pour voir ces films.

Blop
29/08/2018 à 23:32

Ce qui est un peu con par contre c'est qu'il sorte pas en blu ray après.

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