Climax : Gaspar Noé explique pourquoi il ne regrette pas d'avoir été boudé par la compétition cannoise

La Rédaction | 23 mai 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 23 mai 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Un des chocs du Festival de Cannes 2018 fut le Climax de Gaspar Noé, absent de la compétition officielle. Une situation qui satisfait son auteur.

Gaspar Noé n’aura pas eu les honneurs de la Compétition, ni même de la sélection officielle, puisque son nouveau film a été projeté dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, qui alignait cette année une brochette d’œuvres particulièrement musclées.

 

photo loveKarl Glusman dans Love

 

On aurait pu imaginer que le réalisateur d’Enter the void et Irréversible aurait pris cette non-considération des plus hautes autorités cannoises comme une forme de dédain, mais pour Gaspar Noé, la Quinzaine des Réalisateurs était bien l’emplacement idéal pour dévoiler son film.

« Je n’aurais rien gagné de toute façon. Le jury de cette année était tellement moraliste et consensuel. »

Au vu du palmarès, difficile de lui donner tort. Au final, considérant l’accueil dithyrambique de Climax par l’ensemble de la presse internationale, il semble évident que le long-métrage n’a pas à rougir de sa sélection dans une section peut-être parallèle de la Croisette, mais qui rappelle chaque année son audace et sa pertinence.

 

photo, Sofia Boutella Sofia Boutella dans Climax

 

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commentaires
Dirty Harry
24/05/2018 à 18:34

Mais le sujet cher Cyprine est le festival de Cannes, sujet fort à propos par le réalisateur cité plus haut. Donc je parlerais de Climax (que j'ai envie de voir car j'aime les expérimentations visuelles de Noé moins son écriture de personnages et ses aphorismes de biscuit de restaurant chinois) lorsque je l'aurais vu mais comme rien ne m'interdit (à votre grand regret) de m'exprimer ben.....je le fais !
Cette ringardise de ranger sous une bannière journalistique mon opinion alors que dans la vie, je lis un peu de tout (du moment que c'est intelligent, je pense qu'il y a des réserves de cela chez les libéraux comme les souverainistes, chez les collectivistes comme chez conservateurs, chez les modernistes comme chez les traditionalistes : j'aime ma pluridisciplanirité, elle ouvre le champ des possibles) est ce typique réflexe sectaire d'avoir à se penser supérieur, alors que cela reflète l'aveuglement et l'orgueil condescendant à l'égard de toute contradiction et donc manifeste une fermeture d'esprit digne de ce courant qui perd sur le terrain des idées, se ridiculise et apparait comme totalement déphasé (et fanatiquement ancré comme une moule sur son roché à ses convictions dépassées par le réel) par rapport au monde qui est et qui vient (être d'avant garde, c'est avoir l'intuition du monde qui vient, pas de celui qu'on voudrait qu'il soit) Je ne vous ferai pas l'affront de citer tout ce que je lis, vous risquez de vous sentir ignorant alors que dans le fond je ne vous souhaites que de rester dans le confort d'être installé derrière votre écran, pétri de préjugés et de certitudes de gendarmes sur vos interlocuteurs : cela montre tellement ce que vous êtes....

Dirty Harry
24/05/2018 à 14:22

Cette analyse fort à propos de l'oeuvre dont fait mention l'article, prouve à quel point vous êtes sensé et réfléchi. Merci de votre opinion éclairée, qui amène vraiment un point final à tout les problèmes que vous mentionnés. Vous pouvez retourner vous pignoler en lisant LaCroix, merci.

Dirty Harry
23/05/2018 à 20:02

@ cyprine : C'est le festival de Cannes qui ne parle plus de cinéma (ou à la marge, genre la quizaine/semaine de la critique) : quand parle t on de grands mouvements artistiques ? de Style ? de mise en scène ? Le fait que Lars Von Trier arrive (si facilement) à choquer montre bien quelle espèce de coincés du c...ils sont devenus : je rappelle qu'à une époque on donnait la palme d'or à "Taxi Driver", l'histoire d'un paumé un poil raciste, qui veut purifier New York de la décadence qui y règne et aller sauver une gamine vouée à la prostitution ! Si ça c'est pas mettre dans le nez le l'époque dans le caca, alors il n'y a plus de vérité dans l'Art si la morale domine tout (et si railler l'époque fait de moi un nazi ça en dit long sur ton esclavage mental, ton aveuglement, ton inculture que mes opinions politiques, eh mouche de latrines !!)

Draven
23/05/2018 à 19:21

Gaspard Noé dans son éternelle posture "les autres, c'est tous des c**s et je les emmerde". Admettons, mais que leur oppose-t-il ? Rien.
Le pire, sa posture à deux ronds lui a assuré une carrière grâce, justement, à ceux sur qui il prétend baver mais sans lesquels il ne serait rien; et qui l'utilisent comme un sympathique bouffon à même de leur procurer une petite dose d'extravagance/irrévérence à chaque festival.
Faut bien faire le buzz, après tout. Les dandys ont leur petite provoc', le fumiste peut continuer d'emballer ses merdes, pardon, films; tout le monde est content.

CyprineJelly
23/05/2018 à 18:19

L'incapacité de Dirty Harry à parler de cinéma sans ramener ses délires racistes et homophobes, c'est fascinant.

Le plus rigolo étant de constater ses incohérences en la matière.

Nazillon, mais nazillon incompétent.

Mordhogor
23/05/2018 à 17:53

Gaspar Noé... C'est un réalisateur ? Mouhahahaha !

Simmons
23/05/2018 à 16:59

C'est clair surtout qu'encore une fois, ça tape sur Cannes, alors que les 3/4 des films ne sont pas sortis et donc, pas vus. Et qu'on peut parfaitement regarder les films qui "ont l'air" politisés, trop ceci, trop cela, et ne pas voir ceux qui sont à l'autre bout du spectre. Présents à peu près chaque années en compétition, officielle ou parallèle.

Et puis un coup d'oeil vers le passé et quelques uns des films que tout le monde adore adorer, rappelle que quantités d'oeuvres cultes et incontournables sont politisées, adressent des questions sociétales, et tout ce qui crispe tant aujourd'hui. Que des tonnes d'artistes que presque personne n'oserait descendre, sont très politisés, et ont parlé de plein de ces sales choses sérieuses. Parfois frontalement, parfois derrière le voile du film de genre. Et d'ailleurs, ces films avaient pour la plupart agacés les contemporains, qui usaient des mêmes arguments.

Mais bon, c'est tout à fait normal et inévitable que Cannes, comme à peu près tout, énerve autant, et soit la page quasi blanche sur laquelle chacun projette ses problèmes avec le cinéma/le système/la politique/la société trop ceci trop cela/insérez ce qui vous fait chouiner et qu'on retrouve sur tout le spectre du chouinage, du fan de TMPM aux "intellectuels" qui sont censés avoir de la bouteille. Normal donc que ça acclame souvent ces réactions apparemment perçues comme un peu audacieuses, fraîches, politiquement incorrectes, couillues ou je ne sais quoi.

Marvelous
23/05/2018 à 16:48

@Dirty Harry

Je t'aime !

Dirty Harry
23/05/2018 à 14:52

C'est clair qu'encore une fois ce n'est pas l'inventivité cinématographique et l'audace qui aura brillé mais comme toujours le moralisme bien-pensant d'une caste qui adore se montrer comme "conscientisée" alors qu'elle devrait avoir l'élégance de camoufler leurs atermoiements (ou de les déguiser comme savaient faire les grands auteurs, en les intégrant dans un projet spécifique et formel, bref avec classe).
On peut se souvenir du panache d'une Sophia Loren croisant le charisme d'un Belmondo pour des films avec de réels scénarios écrits par des plumes qui avaient une signature forte, qui avaient du sens et une sincère émotion..
C'est à ce moment là que tout a basculé, pour remonter le niveau, les actrices derniers modèles, dont la drogue gonfle plus les hormones que le cerveau, ont alors décidé de transformer le festival en meeting de la CGT (genre ils vont changer le monde alors que ce sera rebelote l'année prochaine).
Une revendication par jour:
- " l'écologie c'est trop la vie, mais je me maquille quand même avec des baleines, et j'ai la clim qui tourne dans le vide au Carlton à l'heure où je vous parle"
- " les homosexuels repeupleront le monde en arc-en -ciel avec des licornes trop mignonnes "
- " pour ou contre les escarpins à talons de 15cm sur le tapis, les tongs c'est tellement jolies "
-" les "balance ton porc, sans qui nous ne serions pas là aujourd'hui "
-" Trump est méchant méchant, il veut construire un mur anti Jennifer Lopez..ok c'est tentant mais c'est pas bien "
" -les pauvres palestiniens qui n'ont toujours pas compris que la bande de Gaza n'était pas un terrain de camping "
-"les trop trop gentils migrants qui deviennent terroristes par accident "
-" les prêtres pédophiles c'est moche, pas la peine d'être religieux pour violer des enfants, alors qu'être prof de sport, acteur ou photographe ça marche très bien, mais comme l'église elle est ringarde ben c'est plus facile de donner une claque à sa grand mère quand on est lâche"
Tout y passe, c'est d'un déjà vu et d'un mauvais goût, digne d'une parure Versace...
Cannes n'est plus qu'un festival politisé où des acteurs s'indignent de sujets rabattus dix sept fois par les journalistes le nez focalisé sur leurs "engagements" (c'est dire le nombre de sujets qu'ils ne veulent pas attaquer) et que ces starlettes ne rencontrent jamais, encouragés par des réalisateurs cyniques ayant décidé de filmer la coloscopie d'un chômeur pour voir si pointer chaque mois ferait vraiment mal au cul..
Un show entier de névrosés fragiles au point d'avoir peur de déplaire dénonçants le malheur des autres pour combler le vide de leur existence...
Incarnés par de mauvais acteurs (de plus en plus moches d'ailleurs), jouants dans des " trop long mauvais métrages" , appelés injustement " films " , tentants la standing ovation de l'indignation sachants leur talent aux abonnés absents..
Clap de fin...... ou clap de feint:
On remet une palme d'or en guise de manifeste, les larmes coulent à flot sur la dernière minorité à la mode, les chômeurs, les migrants, les palestiniens, bref, tout le casting des causes opportunes du moment, dont on aura oublié l'existence au moment même où les bulles de Cristal se reflèteront dans les rivières de diamants...Vivement l'année prochaine.

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