Gaspar Noé défend la nudité masculine à l'écran (et défonce Black Panther)

La Rédaction | 18 mai 2018
La Rédaction | 18 mai 2018

Gaspar Noé, qui fait sensation en ce moment à Cannes avec son nouveau Climax, ne mâche pas ses mots sur le puritanisme américain.

Le réalisateur de Irréversible et Love est un habitué de la controverse. Pourtant, son nouveau film Climax (tellement bien) a été assez unanimement très bien reçu à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs. Il y a même reçu l'Art Cinéma Award.

Mais ce n'est pas grave, il a juste suffit que Variety s'asseye avec lui cinq minutes à la plage pour que Gaspar Noé nous fasse part de ses opinions tranchées sur une certaine forme de pudibonderie américaine et sur les blockbusters du moment.

 

photo climaxGaspar Noé admire vos pudeurs de gazelle

 

"QUESTION : Quels films avez vous vu récemment ?

Noé : Quand je vais acheter des DVD, j'achète surtout des documentaires, on y apprend beaucoup. Je m'ennuie souvent devant les comédies, les films d'action, les films de science-fiction... C'est trop prévisible.

QUESTION : Vous avez vu Black Panther ?

Noé : J'ai essayé, je suis parti du cinéma au bout de 20 minutes. J'ai trouvé que c'était aussi nul que Star Wars. J'ai détesté Star Wars. J'ai détesté la musique R&B [dans Black Panther]. La musique était tellement nulle qu'il fallait que je sorte. Mais vous savez ce que j'ai aimé ? Premier contact. Celui là était bien.

 

photo, Sofia BoutellaSofia Boutella, extraordinaire dans Climax

 

QUESTION : Il y a beaucoup d'acteurs transgenres dans Climax. Pourquoi Hollywood a tant de mal à les faire apparaître dans ses films ?

Noé : La vie est courte. Si tu veux être bisexuel, pansexuel, vas-y. Mon film est tout entier dédié à la joie de vivre. Fais ce que tu veux. Quand je suis allé pour la première fois dans la salle de danse du film, c'était très gay, très trans, très lesbien, mais surtout il y avait une énergie folle dans leurs mouvements qui était fascinante. Donc je me suis dit que probablement, les personnes les plus radicales de ce monde font les danses les plus radicales. Quand on ne peut pas se battre socialement, on se bat en dansant.

QUESTION : Vous pensez qu'il devrait y avoir plus de sexualité dans les films ?

Noé : Quand je suis allé faire la promo de Love en Amérique, j'ai dû répondre aux questions les plus stupides. Même les bons critiques de film me demandaient 'pourquoi avec vous eu besoin de montrer un pénis dans votre film ? Pourquoi devez-vous montrer la face du Diable ?'. Sérieux ! J'ai un pénis. Les mecs qui m'ont posé la question ont un pénis. Pourquoi dans la culture américaine le pénis est-il la somme de tout le mal dans le monde ? Si ton père n'en avait pas eu un et qu'il ne l'avait pas utilisé avec ta mère, tu serais même pas là. Ce n'est pas l'origine de la mort. Les armes sont à l'origine de la mort. Dans tous les films américains, il y a des mitraillettes, ou n'importe quoi d'autre. Même sur Instagram, pourquoi ne peut on pas montrer un pénis en érection ? C'est une belle partie du corps, au même titre que la main ou le nez."

Climax sortira le 19 septembre.

 

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commentaires

Ippo99
21/05/2018 à 02:25

Ben dis donc, c marrant mais j'ai l'impression que c plutôt votre "bot modérateur“ qui est pudibond mdr

Geoffrey Crété - Rédaction
20/05/2018 à 21:37

@Ippo99

Notre bot modérateur a quelques soucis en ce moment, mais allez-y : répétez votre colère, crachez votre mépris, ou ce que vous voulez. Vous verrez qu'on n'efface rien (il suffit d'aller sur n'importe quel article pour le constater), et que même parfois on prend le temps de répondre (là encore, illustration évidente).

Ippo99
20/05/2018 à 21:25

"qu'il appartiendra à chacun d'apprécier."
Trop drôle, vous dites ça et après vous retirez mes commentaire, juste parceque vous n'acceptez pas qu'on n'aille pas dans votre sens. Bravo
Je me demande bien pourquoi vous êtes payé.

Simon Riaux - Rédaction
20/05/2018 à 20:01

Condescendance ?
Pourquoi ?

On a été plusieurs (à la rédaction, en dehors, en France, dans le monde, un peu partout dans la galaxie) à trouver le film très mauvais. De là à être condescendant avec...

On reproduit les propos de Noé, qui relèvent plus du geste d'humeur que de la démonstration, qu'il appartiendra à chacun d'apprécier.

yop
20/05/2018 à 14:57

Au nom de l'Amérique pudibonde.

Weekly
19/05/2018 à 21:51

@Flash Sans doute que non, mais je jugerai sur pièce. Je disais juste que pour moi le fait qu'un cinéaste mette en scène ses "pulsions" peut, en tant que tel, difficilement constituer un argument à son encontre. Après si ses films sont nazes derrière, c'est autre chose.

Flash
19/05/2018 à 18:47

@Weekly "Sam Peckinpah et Paul Verhoeven sont aussi des cinéastes exposant leurs "pulsions" à l'écran, mais pour eux ça ne dérange (presque) personne, et à raison vu leur talent (légendaire pour le premier). Pas encore vu un seul film de Noé, mais tout ça me donne envie de m'y mettre tout ça."

Tu trouveras peu de Verhoeven ou de Peckinpah dans les déjections filmique de ce taré.

Gollem13
19/05/2018 à 17:44

J'aime lire l'avis "anticonformiste" d'un réalisateur de merde péteux au possible. Quand on traite des sujets de société aussi sensibles que l'homosexualité et le libertinage avec la subtilité du fils légitime de Uwe Boll et Michael Bay, on doit surtout apprendre à fermer sa gueule face au travail des autres réalisateurs.

Weekly
19/05/2018 à 17:41

@RK Noé donne son avis (et c'est comme les trous de balle, tout le monde en a un comme disait Harry, le vrai), et des journalistes le publient. Il n'est en aucun cas soumis à une quelconque forme d'obligation d'argumenter sa pensée. Si (éventuellement) il balance ça par provocation je dirai qu'il a réussi son coup, vu les réactions d'énervements qu'il provoque. C'est bien de demander au fans du gars d'argumenter mais, dans le bazar du dessous, le seul commentaire argumenté que j'ai vu c'est le tien... Pour les autres ça tourne autour de "gauchisant" (mdr), "pulsions", "pulsions" (encore), "festivalier" (parce que si le mec est apprécié de certains cinéphiles à l'étranger c'est uniquement à cause de Cannes c'est une évidence).

Sam Peckinpah et Paul Verhoeven sont aussi des cinéastes exposant leurs "pulsions" à l'écran, mais pour eux ça ne dérange (presque) personne, et à raison vu leur talent (légendaire pour le premier). Pas encore vu un seul film de Noé, mais tout ça me donne envie de m'y mettre tout ça.

Dirty Harry
19/05/2018 à 17:01

Défendre le phallus, même les sculpteurs de l'Antiquité ne considéraient pas que cela soit utile.
Mais bon Noé se fait le défenseur de la bite, c'est bien son style, plus proche du professeur Choron que de Kubrick. Premier contact c'était en effet très bien.

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