Catherine Deneuve et Brigitte Lahaie appellent les harceleurs de tous les pays à s'unir contre la menace féministe

Simon Riaux | 9 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 9 janvier 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Catherine Deneuve compte parmi les 100 signataires d’une tribune publiée dans Le Monde, qui s’inquiète avec émotion des dangers que font courir les féministes aux harceleurs de tout poil.

Quand une tribune commence par « Le viol est un crime », comme si le lecteur sur le point de parcourir les lignes suivantes risquait de l’oublier au passage, c’est qu’il y a un hic.

Cent femmes issues de la société civile, des arts, des médias, du cinéma, de la littérature ou encore de la netnologie (si si), ont pris la plume pour défendre la « liberté d’importuner » et mettre en garde contre le « puritanisme » et la « vague purificatoire » qui menaceraient de détruire la masculinité après le déferlement du mouvement #BalanceTonPorc.

 

Photo Catherine Deneuve, Diane Kruger

#BalanceTaBarreAMine

 

Tout cela pourrait prêter à rire, si Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie, Elisabeth Levy, Catherine Millet et les autres signataires n’intimaient pas aux femmes, dans un parallèle aussi fumeux que délirant, de faire un effort, histoire de ne pas trop stigmatiser ceux qui les harcèlent.

En effet, si la tribune reconnaît aux femmes le droit légitime d’être payées autant que les hommes, elle leur suggère de « ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement ».

 

Photo Catherine Deneuve

Petit Porc Parti Trop tôt

 

Gageons que nombre des signataires n’ont pas récemment été exposées à ce type de « non évènement » qui se trouve, de par la construction du texte, directement mis sur un pied de quasi-équivalence avec les « victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses "intimes" lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femmes chez qui l’attirance n’était pas réciproque ».

Rappelons que la tornade sociale et médiatique qui fait encore rage n’a pas été initiée par une séance de drague loupée, mais par la mise en accusation d’un violeur en série demeuré impuni plusieurs décennies durant (Harvey Weinstein), puis les dizaines d’accusations, dont plusieurs ont été reconnues par les accusés, d’agression sexuelle.

Un tel mélange des genres pourrait surprendre, mais à bien en regarder certaines signataires, il s’en dégage une forme de cohérence inattendue. En effet, on ne saurait être surpris que Catherine Deneuve, qui rappelait que l’enfant violée par Roman Polanski « ne faisait pas son âge » (Quotidien, TMC), ou encore Catherine Millet, qui expliquait ne pas comprendre « les femmes qui se disent traumatisées, sévèrement traumatisées par un viol » (Rue89), s’allient pour encourager les frotteurs de tous les pays à s’unir contre les démoniaques féminazies scalpeuses de chibres.

 

Photo Catherine Deneuve"Vous n'aurez pas ma liberté d'importuner"

 

Tout savoir sur Catherine Deneuve

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commentaires
Fennec
13/01/2018 à 21:32

@SImon Riaux

Vu le lynchage médiatique (voire professionnel) de ceux qui ont le culot d'avoir un avis différent (pas forcément opposé, d'ailleurs, juste différent, ou mesuré) de celui des "gens bien", oui il y a clairement des dogmes et une dictature de la pensée. Vu les annulations de projet, les reshoots ou les excuses obligatoires, dès qu'un nom est donné en pâture, oui il y a une censure.

Le dire comme vous faites, sur un ton ironique, me fait penser à ces gamins à court d'arguments qui se contentent de répéter ce que dit le mec d'en face en faisant "gnagnagnaaaa".

Bref le degré zéro du débat.

Ca me fait marrer ce pays qui est Charlie le lundi, et ne supporte plus la critique ou l'opposition le mardi.

Par ailleurs il va falloir qu'on apprenne un jour qu'au milieu des obsédés gauchistes du #Balancetonporc et des fachos-machos-coincés, il existe un vaste frange de gens qui revendiquent le droit de se foutre de certains sujets, d'avoir un avis mesuré, voire évolutif, sur d'autres, et qui aimeraient bien qu'on leur foute la paix et qu'on ne les force pas à se foutre dans une case.

Je me permets le luxe (apparemment c'en est un vu, comme c'est rare) d'avoir un avis critique sur les hashtags obligatoires du moment ET sur la tribune des 100 femmes. Il y a du bon dans les deux, et du mauvais dans les deux. Et il y a des causes et des conséquences, des enseignements à en tirer, en simple observateur.

Ca va un peu au delà du "ça c'est bien" et "ça c'est mal" que vous contribuez à imposer dans les medias, juste au nom du dieu *clic*. Essayez d'avoir cette honnêteté et ce recul sur votre travail.

Simon Riaux - Rédaction
12/01/2018 à 10:01

Tellement de censure.
Tellement de dictature bien-pensante.
On est vraiment dans le monde de l'oppressante totalitaritude.

Jason
11/01/2018 à 20:26

@Entre couilles

Mais tellement.
C'est comique de voir autant de gens se plaindre de "on peut plus rien dire et penser et on est les penseurs libres", alors qu'ils sont une farandole à occuper l'espace ici, à revenir réagir, s'énerver, chouiner à l'unisson.
56 commentaires pour une news que plein de gens déplorent et trouvent nulle. On compare avec le nombre de commentaires sur la critique du Spielberg ou un vrai article de fond qui parle ciné juste pour rire ?

Rorov94
11/01/2018 à 19:32

Rectificatif suite à erreur de frappe:
Alain Soral:
VERS LA FÉMINISATION,VERS LE DÉMONTAGE D'UN COMPLOT ANTI-DÉMOCRATIQUE.
Peggy Sastre:
EX UTERO,POUR EN FINIR AVEC LE FÉMINISME.
là c'est mieux...

Rorov94
11/01/2018 à 19:21

N'hésitez pas à lire:POUR EN FINIR AVEC LE FÉMINISME de Alain SORAL.
Tout est dit dedans avec 20 ans d'avance!
Pour ceux que le personnage rebute,ayez bonne conscience,à l'époque il était gauche!
Bon,je tente quand-même,avant que riaux(de Janeiro) me censure...

Entre couilles
11/01/2018 à 17:45

En tout cas on sent que si la parole féminine se libère ce n'est certainement pas dans les commentaires sur Ecranlarge.

Mais il ne faudrait pas trop violenter les petits masculinistes qui s'ignorent plus ou moins, ci-dessous.

STAN
11/01/2018 à 13:11

Moi, j'attends juste que les néo-fascistes (le mot n'est pas un abus mais une prescience) comme Riau et sa clique d'écran large laissent leur place à des femmes pour faire valoir la parité et débarrasser le monde des porcs masculins. A moins que le Riau en question n'est orienté son article pour garder sa place. Comme une diversion dont les femmes seraient dupes! Bien joué, vieux!

Marre
11/01/2018 à 13:07

@ALE
réfléchissez, vous connaissez la réponse à votre question... Arrêtons ce petit jeu grotesque.

Marre
11/01/2018 à 13:05

@Rexor
Juste ciel ! Je suis en PLS. Laissez-moi vous exprimer mon respect le plus admiratif. Vous êtes la preuve que la raison, l'intelligence et une certaine rhétorique ne sont pas mortes. Merci et bravo encore pour ce post que je considère comme définitif (je ne vois pas comment m. Riaux pourrait contredire cela sans mobiliser une quantité obscène de mauvaise foi) .

@Fennec
Vous ne déméritez pas... ;-)

Fennec
11/01/2018 à 12:25

Bon ben je vais pas m'étaler, beaucoup l'oint fait avec talent avant moi.

Je note une chose : lorsqu'on a le CULOT d'avoir un avis sur le sujet #metoo qui n'est pas 100% compatissant et militant, on s'entend répondre "Tu peux pas savoir, tu n'as pas le droit d'avoir un avis sur cette question puisque tu es un homme".

Là, 100 femmes ont pris la parole pour dire qu'elles ne soutiennent pas de manière inconditionnelle ce mouvement. Que leur avis soit brutal, mal exprimé, maladroit, voire un peu limite sur certains sujet : je m'en fous. Ça reste un avis de femme sur ce sujet, et ça prouve bien que les miliitant(e)s du #metoo ne sont pas propriétaires exclusifs de l'avis des femmes. Par ailleurs, elles ne font que dire publiquement ce qu'énormément de femmes pensent de ce débat, et que j'entends régulièrement autour de moi, donc rien d'anormal.

Du coup l'article est évidemment à charge (on n'en attendait pas moins d'une très grosse partie de la presse, et d'Ecran Large, pour qui le buzz, le clic et l'image de marque sont évidemment au dessus du débat et de l'objectivité) et monsieur Riaux, subitement, est mieux placés que ces femmes pour parler de ce que ressentent "les femmes". Ironie du raisonnement. On est tellement occupé à défendre les femmes qu'on ne leur laisse plus la parole sur un sujet qui les concerne et sur lequel elles prennent une position, (qu'on soit d'accord avec elles ou non, là n'est pas le débat).

Il eût été plus malin de relayer leur message de manière objective, avec une analyse précise, et éventuellement un panel de réaction suscitées en bien ou en mal.

Quant à la 1ère phrase que vous n'avez pas comprise et qui vous inquiète, je pense qu'elle est justement adressée à des gens comme vous qui ne feront pas l'effort de réfléchir à leur propos et le condamneront de manière dogmatique, en le caricaturant pour faire d'elles de simples avocats de prédateurs sexuels. Elles ont juste voulu dire qu'elles faisaient la part des choses. Ce que, je pense, on fait de moins en moins dans notre société du buzz, du tweet militant dogmatique, et du raisonnement à l'emporte pièces.

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