Festival de Saint-Jean-De-Luz : Jour 4 - Bientôt la fin

Christophe Foltzer | 7 octobre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Christophe Foltzer | 7 octobre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Mine de rien, c'est un petit marathon auquel nous avons affaire, mais une fois sur notre lancée, rien ne peut nous arrêter. Malheureusement, c'est bien connu, toutes les choses ont une fin. Surtout les meilleures.

Finalement, ce Festival de Saint-Jean-De-Luz a un gros défaut. On ne parle pas de la programmation, excellente comme d'habitude, ni des équipes du festival, un gros paquet d'amour, encore moins du jury, particulièrement open et amical cette année. Non, en fait, son gros défaut c'est qu'il est bien trop court. On prend nos marques, on évite habilement quelques nuits blanches (de peu), on dépasse le stade de la fatigue que, hop, voilà, on arrive déjà au dernier jour de la compétition. Et c'est triste. Heureusement, la sélection nous réservait encore quelques beaux voyages.

 

Photo Seule la terre

Seule la terre

 

SEULE LA TERRE

Injustement vendu comme un Brokeback Mountain dans le Yorkshire, Seule la terre vaut bien plus que cette comparaison facile et utile. Alors oui, il s'agit de deux fermiers dans la campagne anglaise reculée, qui, lors d'un séjour dans les hauteurs pour s'occuper du bétail, se découvrent une passion, physique dans un premier temps puis sentimentale, mais il serait bien trop réducteur de ne voir le film que sous cet angle. Magnifiquement filmé et découpé, le film de Francis Lee nous offre également une incroyable prestation de son acteur principal, Josh O'Connor, parfait dans son rôle de fermier bouseux et bourrin, totalement immature et qui va se mettre à évoluer au point de presque se transformer physiquement. Si le film est assez classique dans sa structure et son déroulé, il fait les choses très bien, s'approprie son univers en ajoutant quelques petites touches d'humour très bienvenues, ainsi qu'une crudité indispensable (mais pas forcément celle que l'on croit) pour que le réalisateur exprime totalement son point de vue. En résulte un film 'une grande beauté, troublant, une belle histoire d'amour qui aurait cependant gagnée à se conclure un peu plus tôt, la dernière partie du métrage tirant un peu en longueur au point d'en arriver presque aux rivages dangereux du mélo. Mais ce n'est qu'un petit détail qui n'entâche pas l'ensemble.

 

 

Photo Après la guerre 2017Après la guerre

 

APRES LA GUERRE :

Le dernier film de la sélection nous vient donc d'Italie et prouve à quel point ce festival propose une programmation éclectique et de qualité. Après la guerre d'Annarita Zambrano nous ramène dans l'Italie de 2002, à Bologne, après qu'un juge ait été asassiné et que le meurtre ait été attribué à un vieux groupe terrorite. En France depuis 20 ans, Marco, ex-militant, va devoir se cacher avec sa fille Viola pour éviter l'extradition. L'occasion pour de nombreux secrets de refaire surface et de laisser remonter un passé honteux qu'on ne peut plus cacher. C'est grâce à tout le talent de la réalisatrice que le sujet décolle immédiatement hors des sentiers battus. Pour un premier film, elle n'a clairement pas choisi la facilité puisqu'elle a découpé son métrage en deux parties distinctes, l'une se passant en Italie et l'autre en France. Deux ambiances pour la même histoire, qui permet de voir toutes les conséquences que peut générer un même noeud dramatique. Très bien mis en scène et interprété, le film arrive à un équilibre passionnant entre l'Histoire et la petite histoire de nos personnages, montrant à quel point l'une influence l'autre, et inversement. Très intelligent, Après la guerre est aussi une oeuvre profondément engagée ainsi qu'une très belle réflexion sur l'importance de l'individu au sein du mouvement de masse. A deux-trois petits défauts près, c'est un sans-faute.

 

Photo SparringSparring

 

SPARRING :

Présenté hors-compétition, Sparring de Samuel Jouy valait clairement le détour car il nous propose quelque chose que nous n'avons pas l'habitude de voir en France. S'intéressant à la vie de Steve Landry, un boxeur loser de 45 ans, Sparring nous fait découvrir le monde de l'entrainement de boxe, où l'on engage les sportifs les moins compétents pour qu'ils servent de punching-ball aux champions avant leur grand match. Ce que devient Steve, magnifiquement interprété par un Mathieu Kassovitz en grande forme. Le film évite habilement tous les clichés du film de boxe et même si quelques images nous ferons penser à Rocky, le réalisateur aura tout de suite l'intelligence de les emmener vers quelque chose d'inédit. Jusqu'à la fin où malheureusement, l'ultime combat n'évite pas le lieu commun et n'atteint jamais le paroxysme émotionnel recherché. Il n'en reste pas moins un excellent premier film, à chercher plus du côté de The Wrestler que de Rocky donc.

 

Il ne nous reste plus qu'une journée pour profiter du Pays Basque et c'est dramatique. Bien que l'on hésite à y penser, chaque heure nous rapproche du spectre parisien, de la pollution, de la grisaille, des gens qui font la tronche et de nos petites vies trop ordinaires. Mais, haut les coeurs jusqu'à la remise des prix de samedi soir, les heures qui nous restent peuvent encore être magiques. A suivre donc...

 

 

Photo FIF st jean de luz

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