Interview de Julia Garner pour Electrick Children

Thibaud Gonzalez | 29 juin 2013
Thibaud Gonzalez | 29 juin 2013

Pour la sortie d'Electrick Children, Écran Large est allé à la rencontre de Julia Garner, interprète principale du film. Il y incarne Rachel, jeune fille victime d'une immaculée conception. Si faire de la comédie fut pour la jeune actrice un moyen de vaincre sa timidité, celle-ci semble avoir aujourd'hui disparue, et c'est avec entrain que la comédienne a répondu à nos questions. Elle évoque notamment avec nous son arrivée rapide sur le tournage du film, ainsi que sa manière d'aborder son rôle (le premier d'envergure de sa jeune carrière). On a même eu le temps d'évoquer avec elle ses projets futurs, notamment le film We are what we are qui fut présenté à la semaine des réalisateurs au dernier festival de Cannes et la très attendue suite de Sin City.

 

Comment avez-vous été impliquée dans Electrick Children ?

C'est marrant, parce que j'ai fait une enregistrement de moi-même pour le casting du film le lundi. Le mercredi, j'ai obtenu le rôle, et j'étais déjà dans l'avion le dimanche pour le tournage. C'était vraiment très rapide. Ce genre de choses n'arrive jamais. En une semaine j'ai eu le rôle. Et  je ne connaissais par la réalisatrice avant. Nous avons skypé une seule fois, puis j'ai pris l'avion.

 

 

Electrick Children est votre deuxième film, et le premier ou vous avez le rôle principal. Avez-utilisé un peu de cette "innocence" pour aborder le personnage de Rachel ?

Oui, je pense. Probablement. Quand j'ai joué le personnage, je me suis tout simplement demandé comment je réagirais, en tant que mormone, élevée dans une communauté fondamentaliste. Comment je réagirais à l'idée d'être victime d'une immaculée conception.

 

Le film reste volontairement flou sur la réalité de cette immaculée conception. Pour vous, est-elle réelle, ou non ?

Lors du tournage, je devais y croire. En tant que Rachel, je devais réellement croire à cette grossesse particulière. Mais je devais aussi prendre un peu de recul, et faire en sorte de laisser les choses plus ouvertes, pour que le public n'en soit pas vraiment sûr. Que cela soit plus ambigüe pour lui.

 

Pour moi en tout cas, Rachel vit réellement une immaculée conception. Je trouve cela plus jolie, comme un mythe moderne.

Oui, c'est une sorte de nouvelle version de l'histoire de la vierge Marie, une version plus ancrée dans la réalité.

 

 

Comment avez-vous approché l'aspect mormon de votre personnage ? Vous n'avez donc eu qu'une semaine pour vous préparer, mais avez-vous fait quelques recherches ?

J'avais déjà quelques connaissances du mormonisme, spécialement pendant l'année du tournage puisque beaucoup de gens en parlaient à l'époque. C'était un sujet très actuel, notamment du fait que Mitt Romney se lançait dans sa campagne présidentielle. Donc oui, je connaissais quelques trucs sur les mormons, mais c'est vrai que je n'en avais jamais vraiment rencontré un. Il n'y a pas beaucoup de mormons à New-York d'où je suis originaire. Quand j'y repense aujourd'hui, je me demande encore comment j'ai réussi à me fondre dans cette environnement. Mais d'un autre côté, le film ne traite pas vraiment de la communauté mormone. C'est plutôt l'histoire d'une fille et de ses croyances, et de comment elle gère ces croyances là. Je me suis plus focalisée sur cet aspect du personnage. Mais je dois aussi remercier Rebecca Thomas, la réalisatrice, qui a fait un formidable travail pour diriger les acteurs, et en particulier moi.

 

 

Et au niveau du tournage, notamment dans le village mormons perdu au milieu de nulle part, était-ce difficile ? J'ai lu que la foudre était tombée sur le plateau ?

Oui, effectivement, la foudre est tombée. On a tourné à Las Vegas, et dans l'Utah, et c'est le désert là bas, donc la météo peut être assez bizarre. Le ciel est souvent magnifique. A un moment donné du film, quand Rory Culkin est sur son vélo, il y a un éclair qui surgit à l'arrière derrière lui. J'adore quand la nature intervient de manière impromptue comme cela, dans un timing parfait. Maintenant, c'est vrai qu'il faisait très chaud sur le plateau, et ce n'était pas si simple.


Parlons maintenant d'un de vos prochains films, We are what we are, qui est un remake du film mexicain Ne nous jugez pas, et qui parle d'une famille de cannibales ? Avez-vous vu l'original pour vous inspirer, ou vous êtes-vous plutôt directement concentrée sur le film ?

Non, je ne l'ai pas vu. Je me suis retrouvée dans le film très rapidement, encore une fois (rire). Je ne l'ai pas vu car j'ai un peu de mal à regarder des films d'horreur, je prends très vite peur. J'aime quand même un peu les films effrayants je pense, mais pas tellement les films gore. Mais We are what we are n'est pas si gore que cela. Il ressemble plus à un drame. Un drame familial. Un très étrange drame sur une famille bizarre.

 

Et vous êtes arrivée sur ce projet en une semaine aussi ?

(rire) Non, mais le producteur de Martha Marcy May Marlene produit aussi ce film. Et j'ai rencontré, à Berlin où Electrick Children était présenté, d'autres producteurs du film qui m'ont fait rencontré le réalisateur. Puis j'ai beaucoup aimé le script, notamment ses dialogues, et je me suis tout de suite très bien entendue avec Jim Mickle, donc bon  "allons-y, tournons ce film !".

 

 

Voyez-vous une certaine ressemblance entre Rachel et le personnage de We are what we are, parce que dans ce dernier, il semble là aussi qu'il y ait une certaine candeur dans votre interprétation. D'une manière beaucoup proche du diable que de Dieu finalement ?

Je pense que, dans un sens , les deux filles de ces films sont toutes les deux des victimes. Je ne dirais pas que le personnage de We are what we are dégage une certaine innocence ou candeur, parce que je pense que lorsque que l'on a le cœur brisé, notamment à la suite de la perte d'un proche, ici de sa mère, on perd son innocence. Je pense qu'elle est plus vulnérable qu'innocente. Mais les deux personnages sont des victimes. Mis à part cela, elles n'ont rien d'autre en commun. J'aime varier mes rôles comme cela. Après avoir tourné dans Electrick Children, la seule chose que je voulais faire, c'était quelque chose de complètement différent.

 

Pouvez-nous parler un peu de Sin City 2 et de votre personnage ?

Je joue le rôle de Marcy. Je ne peux pas en dire trop mais, elle rencontre Johnny, joué par Joseph Gordon-Levitt. Et donc en gros, Johnny se retrouve à gagner beaucoup d'argent, et il essaye de le cacher. Mais il reçoit des menaces, et quelque chose de très grave m'arrive. C'est une mauvaise nuit pour moi (rire).

 

Et vous avez déjà fini de tourner ?

Oui, Joseph et moi avons tourné nos différentes scènes en 7 jours seulement. C'était très court mais très amusant.

 

 

J'ai l'impression que les acteurs participant à ce film tournent leur partie très rapidement, mais que le tournage en lui-même dure très longtemps !

Oh oui, c'est très long, ça fait des mois qu'il est en tournage. Comme tout est sur fond vert, c'est plus simple. Ils n'ont qu'à prendre un petit moment pour filmer et reprendre plus tard.

 

Justement, à propos de l'expérience du fond vert en comparaison du désert d'Electrick Children ?

Au début, bien sûr, c'était assez difficile. Il faut prétendre que l'on pénètre dans une ville, et s'imaginer tout l'environnement. Car il n'y a qu'un écran vert et quarante techniciens qui vous regardent. Mais au bout d'un moment, on s'y habitue et finalement, j'avais l'impression d'être dans la même position que lorsque j'auditionne. Auditionner est finalement un très bon exercice.

 

Et les acteurs auditionnent généralement beaucoup !

(rire) Oui, exactement.

 
 
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