Rencontre avec Simon Baker (Mariage à l'anglaise)

Melissa Blanco | 12 avril 2013
Melissa Blanco | 12 avril 2013

- Est-ce que tu peux faire l'interview de Simon Baker ?

- Qui ?

- Le héros de The Mentalist 

- Ah ! Mais je n'ai jamais vu un épisode...

- Pas grave !

L'heure est grave ! Après avoir entendu mes collègues longuement en parler, ce qui fut jusqu'alors de l'ordre de la rumeur finit par se matérialiser. Je suis conviée à mon premier junket. Un junket ? À priori, rien à voir avec de la junk food... Quoi que. À la chaine, des journalistes interviewennent un acteur/réalisateur/scénariste/producteur, venu faire la promotion de son film. Tout y est organisé, chronométré: "Vous aurez sept minutes, top chrono". Si dans le cadre d'une interview lambda, l'expression "top chrono" est souvent une façon d'inviter le journaliste à ne pas bousculer l'agenda de la journée, elle est ici parfaitement consacrée : un chronomètre est disposé derrière l'interviewer, décomptant vos précieuses secondes. Sept minutes pour paraître pertinente, drôle et intelligente, pour glaner la confession qu'aucun autre journaliste n'aura eu, pour éviter la question posée par tous vos collègues. À moins de ne faire comme Chris Stark. Heureusement, Simon Baker est un gentil. Rencontre.

 

Comment définiriez-vous Mariage à l'anglaise ? Est-ce plutôt une comédie avec de la romance ou une comédie romantique avec de l'humour ?

Pour moi,  c'est définitivement une comédie avec de la romance. Le film est drôle, divertissant et romantique, pas forcément dans cet ordre là d'ailleurs mais c'est avant tout une comédie.

 

C'est quelque chose de nouveau pour vous de jouer dans un registre comique. Est-ce que ce fut une expérience amusante ?

Ce qui fut intéressant, c'est d'être entouré de personnes qui ont un rapport extrêmement sérieux à la comédie, qui travaille régulièrement dans ce registre là, ce qui n'est pas mon cas. J'essaye toujours d'apprendre quelque chose, de découvrir de nouvelles choses. J'ai eu quelques rôles où il y avait de la comédie mais jamais une réelle comédie, et qui s'avère être drôle. A vrai dire, j'ai déjà essayé mais sans réel succès (rires), je trouve celle-ci réussie. Drôle et romantique à la fois. Les humoristes sont des gens intéressant parce qu'ils étudient en permanence ce qui est drôle et ce qui ne l'est pas. C'est une approche intellectuelle. Pour ma part, j'ai besoin de ressentir les choses, est-ce que cela me semble juste ou non. Quand je ne trouve pas quelque chose de drôle, je demande à réessayer. C'est plus ma manière de faire plutôt que, comme les humoristes, d'analyser et de comprendre pourquoi ce n'était pas drôle. Ils prennent les choses très sérieusement.

 

Le  film repose majoritairement sur les personnages et non l'histoire en elle-même. C'est quelque chose à laquelle vous avez été sensible à la lecture du scénario ?

La majorité du temps, je fais très attention aux personnages. Parce que, si l'histoire est là, si le réalisateur est là, on peut démarrer quelque choses mais les personnages doivent être développés. S'ils sont unidimensionnels, c'est difficile pour moi de les incarner, je m'ennuie. S'il n'y a pas assez d'éléments dans le scénario, ils doivent être réécrits. Mais pour ce film, il y avait beaucoup de matière. Ce sont des personnages qui essayent de se trouver et de trouver par la même le partenaire idéal.

 

Guy, votre personnage, est extrêmement conscient de son "américanité" et en joue. Est-ce que c'est quelque chose que vous avez apporté ou tout était écrit ?

La majorité des choses étaient écrites. La seule scène que j'ai improvisé est la première, dans le bureau, quand Guy arrive et incarne un cliché de l'américain.

 

En tant qu'australien, ce fut amusant de justement pousser le cliché ?

Oui. (rires)

 

Et, en tant qu'acteur australien, d'incarner un américain dans une comédie britannique ?

Dis comme ça, cela sonne effectivement étrange mais c'est un job comme un autre. On y pense pas. La preuve, Rose Byrne est australienne et joue régulièrement des anglaises dans des comédies britanniques.

 

Est-ce que vous êtes sensible à l'humour britannique ?

J'aime énormément l'humour anglais et ce depuis toujours. En Australie, quand j'étais enfant, nous n'avions que deux chaines de télévision - nous en avons évidemment plus aujourd'hui - et beaucoup des programmes étaient britanniques. Nous avions des comédies anglaises en permanence et j'ai été élevé en regardant The Goodies par exemple. Notre sens de l'humour est assez similaire, pas aussi sophistiqué mais vraiment semblable. Je trouve que les britanniques excellent dans le domaine de la comédie romantique, en particulier Working Title, mais vous savez, si le scénario est drôle, il est drôle, point, et vous savez où commencer.

 

La version vidéo de l'interview, en VO pour les puristes 

 
 
 
Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Aucun commentaire.
votre commentaire