Vahina Giocante : "Il est peut-être temps de mettre son orgueil dans sa poche"

Adrien Léger | 13 avril 2013
Adrien Léger | 13 avril 2013

Lors de son passage au cinquième Festival du Film Policier de Beaune, Ecran Large a passé quelques minutes avec Vahina Giocante. Le temps de revenir sur la place de la femme dans les polars et au cinéma en général, mais aussi de parler carrière et films préférés.

Comment se place-t-on dans le polar en tant que femme ?

C'est devenu rare les scénarios de polars avec des très beaux rôles de femmes. Je pense que la grande époque de Catherine Deneuve, Romy Schneider et Isabelle Adjani est révolue. C'est comme si quelque part les auteurs et les réalisateurs avaient peur des femmes. C'est très bizarre. Pourquoi les hommes n'arrivent-ils pas à écrire pour les femmes et qu'elles les inspirent aussi peu ? On nous propose que des rôles de mamans ou de putains, alors qu'on pourrait se servir de la féminité au cinéma d'une manière beaucoup plus belle et complexe, comme c'est le cas aux Etats-Unis.

 

Au-delà du genre du polar, les actrices ont beaucoup de mal à tenir sur la durée.

Il y a toujours un moment où l'on n'est pas forcément satisfait de notre travail. C'est un peu comme un surfeur qui attend la très bonne vague. Parfois elle vient, mais parfois elle ne vient pas. Elle peut être immense et vous emmener très loin, et parfois elle peut être destructrice et nous casser en mille morceaux. Pour ce qui est des polars et des femmes, il faudrait retrouver des réalisateurs comme Chabrol ou Corneau. Je suis plus sensible à des films comme Le choix des armes qu'à du grand n'importe quoi où ça défouraille à tout va.

Est-ce que vous regardez vos films ?

Oui je les regarde, même si ça m'est arrivé de ne pas en voir. Mais la plupart du temps, je les regarde avec beaucoup de recul et de distance. S'il est mauvais, j'ai l'honnêteté de le dire, et s'il est bon, tant mieux. Je vois l'œuvre dans sa globalité. Si je suis très bonne dans un film à chier, ça ne sert pas à grand-chose. Et inversement, si je suis très mauvaise dans un très bon film, ce n'est pas mieux.

 

Si vous deviez choisir votre genre préféré ?

J'adorerai faire un Western ! Ça serait super d'être à cheval et tirer sur des mexicains ou des cowboys (rire).

Vous êtes tout de même bien attachée au cinéma indépendant, tout du moins en France.

C'est vrai, mais j'ai fait récemment un film indépendant américain. C'est ce qu'on appelle ici des films d'auteur, mais il ne faut pas oublier qu'il y a de très, très belles histoires. J'ai aussi fait un film israélien qui n'est pas sorti en France. Donc, j'essaye quand même de m'exporter ou en tout cas d'avoir des expériences diverses et variées. Mais vous savez, j'ai un peu de mal à me motiver pour partir sur autre chose aujourd'hui. Quand j'ai commencé ma carrière, on est venu me chercher alors que je ne voulais pas devenir actrice. Donc j'ai été mal habituée depuis le départ. Je suis dans une période où je me dis : « Le temps passe et il est peut-être temps de mettre son orgueil dans sa poche ».

 

Pour conclure, quels sont vos polars préférés ?

Bugsy Malone, Il était une fois en amérique et Le choix des armes.

 

Retranscription et mise en forme par Adrien Léger  

 

 

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