Cinq questions à Benjamin Renner

Nicolas Thys | 14 mars 2013
Nicolas Thys | 14 mars 2013

Du 6 au 8 mars 2013, le forum de coproduction Cartoon Movie s'est déroulé à Lyon. Au cours de cette manifestation qui l'a vu sacré personnalité de l'année (et dont vous pouvez retrouver le compte rendu détaillé ici) nous avons pu rencontrer Benjamin Renner pour lui parler d'Ernest et Célestine qu'il a réalisé et qui vient de recevoir le césar du meilleur film d'animation.

 

Ecranlarge : Quel a été votre parcours ?

Il a été assez classique. J'ai fait les Beaux-Arts d'Angoulême où je faisais un peu de BD et d'animation. Après trois ans là-bas, je suis entré à la Poudrière qui est une école d'animation. C'est quelque chose qui m'intéressait même si ce n'était pas une envie particulière. J'en faisais aux Beaux-Arts, sans cours spécifique mais je l'incluais dans des œuvres. J'ai appris de manière autodidacte et plutôt artistique, sans véritable narration et un peu gadget.

Pour la Poudrière, j'ai passé le concours par simple curiosité, comme celui des Gobelins que je n'ai pas eu. Je les passais surtout pour voir comment ça se déroulait et étrangement, j'ai été accepté. Ca a été un vrai choc d'être pris et j'ai voulu aller au bout de l'aventure. C'est là que j'ai vraiment appris à parler au public en faisant un film. C'était passionnant de découvrir une autre logique que celle des Beaux-Arts, plus tournée vers le grand public.

 

 

EL : Comment avez-vous été choisi pour Ernest et Célestine ?

Didier Brunner cherchait des réalisateurs. Plusieurs se sont succédés avec lesquels ça ne marchait pas trop. Moi je suis arrivé sur le projet d'abord pour monter l'équipe artistique du film. Je m'occupais surtout d'animation. J'ai commencé comme ça, comme membre de l'équipe artistique puis d'autres personnes sont arrivées sur le film et on discutait beaucoup tous ensemble. Pendant longtemps et jusqu'à la fin du film, la chef décoratrice et le chef animateur étaient presque autant les réalisateurs que moi. Après c'est moi qui aie hérité du titre car je donnais un peu les directives et les orientations générales. Mais des réalisateurs on peut presque dire qu'il y en a eu 5 ou 6.

 

EL : Comment s'est opéré le passage du court-métrage en solitaire au long-métrage avec équipe à gérer ?

Comme j'ai rencontré des gens de l'équipe artistique assez incroyables, ça s'est très bien passé. On a travaillé ensemble de manière à ce que ce soit le film le plus beau qu'on ait envie de montrer aux spectateurs. Et après, comme c'est une adaptation, ce n'est pas moi que je mettais en scène, ce n'est pas mon univers ni mon histoire donc c'est très différent d'un court plus personnel. Pour un premier film, je trouve ça intéressant ce travail d'adaptation, c'est un bon exercice qui permet de se protéger un peu.

Ensuite, pour l'adaptation, on voulait coller au livre, être le plus proche possible de l'original mais au bout d'un moment on s'est rendu compte qu'on avait besoin de trouver notre identité. Le mimétisme peut être beau mais je pense qu'il fait perdre beaucoup d'âme à une œuvre. C'était important qu'on s'y retrouve.

 

 

EL : Le film a été une grande réussite artistique et critique avec le César à la clé...

On avait un véritable engouement en faisant le film, on était heureux et très enthousiaste de faire un film qui nous semblait différent en termes artistiques, très ambitieux, avec une technique qu'on créait à mesure qu'on la développait. L'animation a été faite sur Flash car on avait une équipe qui aimait beaucoup cette technique qui permet de travailler de manière très spontanée même si on s'est pris tous les problèmes possibles au cours de la réalisation. Après, pour le succès on se disait que ça n'allait peut-être pas être un grand succès mais que l'important n'était pas là. Et pourtant ça a bien marché ! Le film est déjà sorti en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, au Canada cette semaine et il a pour l'instant été vendu dans une trentaine de pays.

 

EL : Vous avez déjà de nouveaux projets ?

BR : Oui, mais je préfère ne pas trop en parler pour le moment !

 

 


 

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