Matt Damon (Contagion)

A supprimer | 9 novembre 2011
A supprimer | 9 novembre 2011

Le crâne rasé mais le sourire Hollywoodien, Matt Damon a à peu près autant la classe que dans notre imagination. Il est en tous les cas plus cool encore que sa belle gueule le laissait espérer. La preuve : son look à la GI Jane était nécessaire pour le rôle qu’il tient aux côtés de Jodie Foster dans Elysium, le nouveau film de Neil Blomkamp. Un projet encore bien mystérieux, et qui intrigue absolument tout fan de SF depuis District 9.

 

 

 

Vous venez défendre Contagion, mais on ne voit qu’Elysium sur vous !

J’aime rester occupé. Tant que des réalisateurs doués vont m’appeler, je ne vais pas dire non.


Dans Contagion, vous jouez Monsieur Tout le monde. Quand Steven Soderbergh vous a proposé le rôle, vous vous êtes senti soulagé de ne pas avoir de préparation ?

J’ai plaisanté en disant que je prendrais 15 kilos pour le film. Après la fin du tournage de True Grit en avril, je savais que ma fille allait naître, et que Contagion n’allait demander que deux semaines en décembre. Alors je n’ai pas travaillé pendant un moment, et j’ai mangé (rires). Quand j’ai dit à Steven que j’avais pris du poids, il était super content ! Il m’a dit que mon personnage était au chômage depuis un an, alors je lui ai dit que c’était parfait, j’étais prêt ! Il m’a dit de raconter en interview que c’était pour le film, mais bon (rires).


Vous n’êtes pas trop jeune pour avoir une fille de quatorze ans ?

J’ai 40 ans vous savez, alors pas vraiment. Les gens croient peut-être que j’en ai 35 mais vraiment, j’en ai 40.

 



Vous avez récemment dit aux médias que Soderbergh voulait arrêter le cinéma, ce qu’il a rapidement contredit en vous traitant de gamine de quatorze ans, justement. Une réaction ?

Je pense que … il a raison ! Je n’aurais pas du le répéter, mais j’étais si surpris et je pensais tellement qu’il était sérieux que j’ai pas réussi à la boucler. Avec un peu de chance, il va juste prendre une année sabbatique et continuer. Il y a très peu de réalisateurs qui sont arrivés à son niveau. Sa méthode est vraiment, vraiment incroyable à regarder. Presque plus personne ne tourne et monte à cette vitesse.


A ce point ?

Spielberg et Eastwood font ça, mais c’est une forme d’art perdue. Aujourd’hui, on tourne des tonnes de prises, on se couvre sous tous les angles, par sécurité. Eastwood m’a parlé d’un court-métrage de Vittorio De Sica où il jouait. En plein milieu d’une prise, il a coupé. Clint lui a demandé, « Tu veux pas que je termine ma réplique ? ». Il lui a répondu « Non, tu la finiras quand la caméra sera de ce côté ». Cette anecdote est amusante, mais beaucoup de réalisateurs faisaient ça avant pour ne pas laisser le choix aux studios. C’est eux qui avaient le final cut, et c’était une manière de garder le contrôle sur le film. C’était une nécessite. Mais j’ai rencontré peu de réalisateurs qui font ça.


Concrètement, que fait Soderbergh (qui est aussi directeur de la photographie sous le pseudonyme de Peter Andrews, sur la plupart de ses films, ndlr) ?

Il utilise uniquement deux focales différentes, pour les plans serrés et les plans larges. Il avait des règles, comme ne pas bouger la caméra sauf pour accompagner un mouvement. Il y a une totale rigidité formelle, mais une vraie liberté pour les acteurs. Il lançait une répétition et nous regardait, pour inverser le processus, et s’adapter. Il voulait que chaque scène soit tournée avec le minimum de plans possible pour capturer notre jeu, sans exiger quoi que ce soit de notre part. On finissait les journées tôt, c’était pareil sur The informant. On tournait jusqu’à sept pages et demi par jour, c’est juste dingue ! Normalement, c’est deux pages ! Mais comme il monte et tourne en même temps, dans sa tête, il sait exactement ce qu’il veut, et il y a peu de prises. Le soir à l’hôtel, les rushes numériques étaient amenés et téléchargés sur son ordinateur. Il mettait un casque et restait dans son coin pendant qu’on décompressait. Après 45 minutes, il tournait l’ordinateur vers nous et on regardait le montage de la journée. C’est dingue ! En tant qu’acteur, ça donne tellement d’éléments utiles sur le film et le ton général.


Surtout que Contagion a beaucoup d’histoires indépendantes. Vous n’avez eu que deux semaines de tournage ?

Oui, et absolument tout reposait sur Soderbergh. On faisait tous notre partie, mais lui seul contrôlait l’équilibre du film.


Utiliser autant d’acteurs célèbres est une manière d’aider le spectateur à ne pas se perdre ?

Oui, pour situer et accrocher rapidement, car il y a beaucoup d’informations dans le film. Mais tout devait être vrai, réaliste. Des personnages, pas des acteurs qui jouent. Regardez Gwyneth, une fille incroyable et magnifique, dans un état pas possible, en sueur, malade. Je viens de voir le montage final du film hier, et je suis vraiment fier de notre groupe d’acteurs. Il fallait abandonner la vanité d’une star, et tout le monde a accepté ça.


Aujourd’hui, comment vous voyez l’Oscar du Meilleur Scénario pour Will Hunting (partagé avec Ben Affleck, ndlr) qui a lancé votre carrière en 1998 ?

C’était super. Evidemment. Ca m’a rapidement permis d’être partie intégrante du processus artistique des projets sur lesquels je travaillais. Je peux participer, collaborer, forger l’identité du film. Je ne me suis jamais senti comme le mec engagé, le simple rouage dans la machine.

 



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