Laurence Fishburne (Contagion)

A supprimer | 8 novembre 2011
A supprimer | 8 novembre 2011

Curieusement, Laurence Fishburne ressemble plus à Gwyneth Paltrow qu'à Matt Damon lorsqu'il arrive au loin. Avec sa tunique fushia tendance kimono, l'acteur semble au moins aussi illuminé que Morpheus, et ce ne sont pas ses réponses particulièrement étonnantes qui renversent la vapeur.

 

 

Dans Contagion, vous jouez un intellectuel.

C'est très agréable, et rare. Je m'étais dit que mon rôle de détective scientifique dans Les Experts avait du jouer en ma faveur. Scott (Burns, le scénariste de Contagion, ndlr) m'a dit depuis que c'était bien le cas. C'est fantastique. Je voulais être acteur pour être n'importe quoi, n'importe qui. Un intellectuel, un criminel. Président même ! Tout ce que l'être humain peut être.

 

Votre personnage ne se contente pas de résoudre les problèmes, il doit prendre des décisions personnelles difficiles.

Je pense que le plus dur pour lui est ce qui touche au professionnel. Comment gérer ces informations, les médias, contrôler les évènements et les équipes sur le terrain. Mais je pense que le dire à sa femme et lui sauver la vie n'a rien de difficile. Il le fait naturellement, en ayant conscience des conséquences.

 

Mais c'est très risqué.

Oui mais ... on peut avoir raison, ou être marié ! Sérieusement, j'aurais fait pareil, dans sa situation. Il y avait une scène qui n'a pas été jusqu'au montage final : on le voyait devant le Congrès, lors d'un procès. Je pense qu'il prend simplement cette décision comme un homme, en connaissance de cause, avec toute la responsabilité qu'elle implique.

 


 

Apparemment, Steven Soderbergh montrait un montage des scènes tournées dans la journée chaque soir.

Oui, mais je n'aime pas trop regarder ça. Je n'en ai pas besoin, je sais ce que je fais. Que je le fasse bien ou mal, peu importe. J'ai tendance à rester accroché à une prise spécifique, et pas forcément celle qui est choisie par le réalisateur, alors j'évite la frustration. Mais Soderbergh est vraiment impressionnant.

 

Vous avez aimé que Contagion ne mette pas en avant de héros, mais de simples êtres humains pris dans les évènements ?

Je n'y ai pas pensé de cette manière. D'ailleurs, je n'ai jamais vu Contagion comme un film catastrophe. Le film suit la manière dont le virus interagit avec tout le monde, et frappe la planète, jusqu'à remonter au J1. J'aimais beaucoup cette construction. J'ai particulièrement été touché par l'histoire de la famille Emhoff (Matt Damon et Gwyneth Paltrow, ndlr). L'idée qu'il soit immunisé mais qu'il perdre sa femme et son fils est terrible.

 

Votre mère était justement une scientifique. Vous avez un intérêt particulier pour ce domaine ?

La science-fiction oui. La science, la vraie, non ! Disséquer les grenouilles et ces conneries, non !

 

Qu'est-ce que vous aimez en science-fiction ?

J'adore les comics books, et les films. J'ai signé pour un film qui s'appelle Matrix. J'ai lu le scénario, et j'ai dit oui. J'ai aussi fait Event Horizon. Cela dit c'est plus un film d'horreur, une maison hantée dans l'espace, comme Alien.

 


 

Vous lisez des comics books récents ?

Le dernier que j'ai aimé est Planète Hulk, qui est vraiment cool. Mais ça remonte à quelques années déjà ... Je lis beaucoup moins maintenant. J'aime les super-héros qui sont liés à l'enfance. Batman, Superman, Green Lantern, Iron Man, Thor, Avengers. Maintenant, mes enfants jouent aux jeux vidéo. Je ne suis pas vraiment attiré par ça, surtout qu'ils adorent les FPS (First Person Shooter). En tant qu'acteur, j'ai joué des tas de fois à ce type de jeu en 3D, en tournant un film, un flingue à la main. Rien de très excitant sur une télévision ! Alors que je n'ai jamais été un super-héros, et je m'y reconnais plus.

 

Vous aimeriez jouer Black panther ?

Non, pas vraiment. J'aurais adoré jouer Docteur Octopuss dans Spiderman 2. Ou Apocalypse, si jamais il apparaît dans un prochain film X-Men.

 

Avec Les Marches du Pouvoir de George Clooney, présenté en ouverture de la Mostra, la politique est très présente pendant le festival. Etes-vous pessimiste quant à la suite des évènements ?

Non, je suis un optimiste. Malgré les soucis rencontrés par le monde, et le fait que les évènements de Contagion pourraient se produire, je crois que nous pouvons changer les choses. Nous avons ce pouvoir, si nous le voulons bien sûr.

 

Vous êtes politiquement actif ?

Je pense que mon travail l'est. Mes choix de films sont à leur manière, politiquement et socialement importants. Je suis attiré par ces rôles. Si je devais choisir entre un intellectuel et un gangster, je choisirai le premier. Ou un gangster intelligent.

 

Vous pensez que Hollywood a changé ces dernières décennies pour les comédiens Afro-Américains?

Non, pas vraiment. Hollywood est toujours pareil, même si les choses fonctionnement un peu différemment. Je suppose qu'on peut dire que c'est un peu mieux, ou beaucoup mieux suivant qui on est, et où on est. Pour les femmes, c'est différent, leur position évolue moins facilement.

 

Vous êtes sur le point de rejoindre le casting du Superman de Zack Snyder (actuellement en tournage, ndlr).

J'y vais la semaine prochaine pour être plus précis ! Je vais tourner à Chicago. Cela va être très bon.

 

Vous êtes si impatient ?

Alors voyons. Zach Snyder réalise. Il travaille avec Christopher Nolan. Il y a un scénariste de The Dark Knight. J'ai comme partenaires Michael Shannon, Kevin Costner, Julia Ormond (qui a quitté le projet depuis, ndlr), Russel Crowe, Diane Lane. Ca va être génial.

 

La nouvelle vague de films d'action se veut plus sombre et amère.

Ah bon ?

 

Oui, depuis The Dark Knight jusqu'à Watchmen. Les blockbusters sont plus complexes.

Complexe oui. C'est très bien. Mais malgré sa complexité, Contagion est très simple finalement, c'est ça qui m'a attiré aussi. Cela et un casting international de cette envergure. C'est rare aujourd'hui, alors qu'il y a quelques temps, c'était une chose très courante à Hollywood.

 

Vous avez entendu parler d'une suite à Matrix ?

Non, pas du tout.

 

Avec le recul, quel regard portez-vous sur Matrix ?

C'est fantastique. On m'en parle encore, et c'est génial. Bordel, je suis Morpheus ! C'est comme dire « Je suis James Bond » !

 

 


Entretien mené et traduit par Geoffrey Crété.

 

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