Gwyneth Paltrow (Contagion)

A supprimer | 8 novembre 2011
A supprimer | 8 novembre 2011
A peu près tout peut arriver à Venise. Même se retrouver dans un bateau Warner Bros vers un hôtel de luxe, rejoindre une salle monumentale où le sol et le plafond sont séparés d'une dizaine de mètres, s'asseoir à un table avec quelques autres journalistes, et attendre que la moitié de l'équipe de Contagion vienne discuter.

Dans le film, Gwyneth Paltrow est la jolie femme de Matt Damon, mais surtout, elle n'est pas épargnée. La comédienne est habillée en rose fluo, armée d'un beau sourire et de son jetlag en bandoulière.

Avertissement : l'interview révèle plusieurs éléments importants du scénario. Pour les plus audacieux, beaucoup sont clairement annoncés dans la bande-annonce.

 

 

Dans Contagion, vous jouez une femme en apparence parfaite, mariée à Matt Damon, dont l'infidélité déclenche en partie à une épidémie horrible. Est-ce que c'était une manière de jouer avec votre image ?

C'était juste écrit, et je l'ai fait pour Soderbergh. Ce film était d'abord idéal car mon rôle est très court, je n'ai pas quitté la maison longtemps. J'ai aussi beaucoup aimé ce personnage car elle est très humaine. C'est intéressant que l'infidélité soit révélée de cette manière, et je me suis demandé comment le jouer pour ne pas la rendre antipathique. Sans jamais la juger, car je ne pense pas qu'on puisse juger qui que ce soit sur quoi que ce soit. Mais j'ai trouvé ça cool qu'elle ait ce petit « plus ». Souvent au cinéma, on tombe facilement dans « «la gentille», ou « la méchante ».


Vous avez vu le montage final du film pour la première fois hier soir. C'était comment ?

Hilarant. Je n'arrêtais pas de rire. Mais c'est juste moi je crois. Se voir allongée, maquillée, avec des lentilles, dans cet état ... j'y étais et je sais que c'était faux, alors j'ai trouvé ça très drôle.

 

Vous avez aussi rigolé en lisant le scénario?

Non, pas en le lisant (rires). Mais en fait, c'est tellement macabre que ça en devient hilarant.

 

Vous êtes déjà été tuée si rapidement dans un film ?

(Silence) Non.

 

Et scalpée ?

Dans Seven, je suppose ... mais on le voit pas !



 

Vous n'êtes pas vraiment à votre avantage dans le film. Vous aviez votre mot à dire sur les maquillages ?

Non, Steven n'arrêtait pas de dire « Plus laide, plus moite, plus blanche !».

 

C'est pas vraiment une chose qu'une actrice aime entendre, si ?

Pourquoi pas, c'est bien je trouve. J'ai assez eu de séances de maquillage dans ma vie. J'ai adoré avoir une attaque et mourir comme ça.

 

Cela dit, il y a cette mode des actrices qui s'enlaidissent et gagnent en crédibilité, comme Charlize Theron dans Monster.

Elle avait beaucoup de prothèses, et elle a totalement transformé son physique, son âme même. Elle est incroyable dans ce film. Moi ce n'est qu'un petit rôle, rien de comparable.

 

Est-ce que c'est difficile de jouer un rôle dans un film si violent ?

Non. Steven Soderbergh a une approche fascinante. Il m'a dit un jour « Voilà l'appareil photo, monte sur le bateau et filme ta soirée ». Je lui ai demandé si on allait tourner ce soir, et il m'a répondu « On ne tourne pas, TU tournes ». C'était cool. Il est brillant.

 


 

Est-ce que participer à ce film rend paranoïaque?

Je pense qu'on sait tous qu'une chose pareille peut arriver. Il y a dix ans, mon frère a lu une enquête dans un journal. Un docteur avait été envoyé dans Manhattan prendre des échantillons partout, du métro aux verres des grands hôtels. Il était terrifié, « Il y a des excréments partout, des bactéries partout ! ». Depuis j'ai pris l'habitude de me laver les mains très souvent.

 

Comment on appelle cette maladie obsédante?

Un TOC. Mais non, je n'en ai pas ! (rires).

 

Qu'est-ce qui guide vos choix entre un blockbuster de la taille d'Iron Man et des films plus intimistes comme Sylvia?

J'aime travailler avec des gens doués, que ce soit avec un budget de 10$ ou de plusieurs millions. J'aurais fait n'importe quel film avec Jon Favreau et Robert Downey Jr.. Il se trouve que ça s'est fait avec un film de super-héros. J'aurais fait un des films fauchés de Steven Soderbergh aussi. Je ne fais pas très attention à ça, je veux être inspirée par des acteurs et réalisateurs. Aussi, je n'ai pas accepté de premier rôle depuis la naissance de ma fille. Je cherche des bons seconds rôles, car je ne peux pas être dans chaque scène. Cela peut être très petit comme Contagion, ou plus important comme Iron Man, ou même Country strong où je n'étais là que la moitié du film. Je ne veux pas rater des moments précieux avec ma famille, en tant que mère c'est impossible.

 

Qu'en pensent vos managers ?

Ils n'aiment pas ça, je ne suis pas une très bonne cliente (rires). Mais ce sont des femmes, alors elles comprennent très bien.

 

Vous aviez demandé à apparaître dans Glee, la série qui cartonne en ce moment?

Non, je n'en avais jamais entendu parler ! Ryan Murphy m'avait demandé de jouer un second rôle dans son film Courir avec des ciseaux. Je ne voulais pas, je venais d'accoucher, je n'avais pas envie d'aller en Californie, mais mon agent m'a convaincue, et j'ai adoré Ryan. On est resté en contact, et en septembre dernier, j'ai reçu un mail de lui. Il avait écrit un rôle pour moi et voulait que je vienne dans Glee. Je me suis dit, « Qu'est-ce que c'est Glee ? ». Je suis tellement pas dans le coup. J'ai appelé mon frère pour lui demander, et il m'a dit que je devais absolument le faire. Mais depuis, j'adore !

 

Vous avez passé beaucoup de temps sur The Avengers ?

J'ai été sur le plateau de The Avengers ? Vraiment ? Où avez-vous entendu ça ?

 

Dans votre filmographie, et un peu partout.

Ah... Ca ne vient pas de moi. C'est tout ce que j'ai à dire. Sinon je vais me faire étrangler, et on me trouvera pendue sur Time Square. (depuis, tout le monde le sait, alors c'est moins drôle forcément, ndlr).

 


Entretien mené et traduit par Geoffrey Crété.

 

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