Wes Craven (Scream 4)

Paul Béranger | 7 avril 2011
Paul Béranger | 7 avril 2011

Tour à tour décrié, adulé, copié, voire pillé, Wes Craven tient une place à part dans le petit monde de l'horreur. Homme érudit, féru de littérature et de philosophie, le réalisateur a toujours pris soin de travailler le sens de ses oeuvres et de réfléchir à leur perception, au rôle du medium cinéma. La sortie de son dernier film, le quatrième volet de la saga Scream, était l'occasion rêvée de revenir avec lui sur une franchise atypique, entre hommage et pied de nez à la concurrence.  

 

Pourquoi avoir réalisé une suite de Scream dix ans après ?

Pourquoi pas ? En fait, c'est parce qu'on avait toute une décennie à commenter et surtout l'épanouissement des réseaux sociaux. C'est un film sur la nouvelle génération pour la nouvelle génération.


Et à quoi cette nouvelle génération peut-elle s'identifier dans le film ? Parce que les acteurs de ce dernier opus étaient eux-mêmes jeunes quand le premier Scream est sorti.

Vous savez, les DVD sont toujours en vente et accessible à tous. Les jeunes connaissent la saga. Je pense que la plupart d'entre eux ont regardé les DVD.

 

 

 

 

Dans ce dernier film, on retrouve les valeurs du premier. C'était un choix voulu ?

Oui, je le pense. Il possède l'ADN du premier de la série.

 

 

 

Quelles étaient vos intentions dans celui-ci ? Que voulez-vous transmettre au public ?

Beaucoup de choses, comme l'obsession pour les films d'horreur ou encore commenter cette influence des réseaux sociaux sur les jeunes d'aujourd'hui.


Dans Scream 4, un personnage décrit Saw comme « un film à la con ». C'est le fond de votre pensée ou simplement le scénario ?

C'est un petit peu les deux à la fois. Je ne suis pas un grand fan de tout ce qui  est gore. J'ai aimé le premier mais je n'avais aucune envie de regarder les suivants. Je pense que les gens sont fatigués de ce genre de films. Mais, je respecte les réalisateurs car ils ont fait du bon boulot dans les deux premiers Saw.

 

 

 

On a souvent reproché à la saga d'être des films d'horreur comiques, pour adolescents. Quelle est votre opinion sur ces critiques?

Je ne suis pas d'accord. Vous savez, il y a eu une période où tout le monde portait le masque de Ghostface. Puis, des griffes à l'honneur de Freddy. Il y a toujours eu des genres différents. En ce qui concerne les ados, ils représentent, par tradition, la majorité du public pour ces films-là. Sans exceptions, à part Le Silence des Agneaux. C'est un genre où il y a énormément de remakes et on tombe souvent dans l'imitation, c'est pourquoi j'essaye d'innover avec la saga Scream.


Dans le film, Emma Roberts est dans l'ombre de sa cousine, interprétée par Neve Campbell. Or, elle est la nièce de Julia Roberts. C'est pour cette raison que vous l'avez choisi ?

Pas du tout. Vous êtes le premier à le remarquer. On l'a choisi parce qu'elle est une actrice spéciale. C'est une jeune fille intelligente et qui possède aussi une grande force dans son jeu. Je l'ai trouvé prête pour ce type de rôle, qu'elle n'aura probablement plus dans sa carrière. Elle a apporté au personnage un niveau d'intensité et d'intelligence inhabituel.

 

 

Qu'avez-vous ressenti en redirigeant les acteurs du  casting originel (Neve Campbell, Courteney Cox et David Arquette) ?

On était tous très heureux de se retrouver. On a pris du plaisir en retravaillant ensemble. Et pas seulement avec les acteurs mais aussi avec le compositeur, le directeur photo. C'est quasiment la même équipe que dans les précédents films.


Il est question de réaliser une trilogie supplémentaire. C'est un projet qui avance ?

Oui. En tout cas c'est dans les plans du studio. Je serai de la partie, si j'arrive à écrire un scénario aussi bon que le dernier !


Que pensez-vous de l'évolution du niveau de violence dans la saga ?

C'est vrai qu'on a eu des scènes d'extrême violence dans le dernier mais je pense que c'est la nature de la saga.

 

 

Lors de notre dernière entrevue, il y a dix ans, pour Scream 3, vous aviez qualifié la MPA (organisme de censure aux States) de l'horreur de votre vie. Est-ce que la situation a changé depuis ?

Pour Scream 4, il n'y a pas eu de mauvaises surprises et ça m'a soulagé. Il est vrai qu'ils sont plutôt imprévisibles.


Pourquoi ne pas avoir tourné Scream 4 en 3D en sachant qu'elle attire de plus en plus de gens et surtout les jeunes ?

Je ne suis pas un très grand fan de  ce processus. Je pense qu'il vaut mieux, pour ce genre de film, de tourner en 2D et de l'apprécier sans lunettes !


Vous êtes satisfait du final cut ?

Ouais. Il y a tout ce que je voulais.

 

Interview: Laurent Pécha

Retranscription:  Paul Béranger

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