Michel Hazanavicius (OSS 117)

Laurent Pécha | 15 avril 2009
Laurent Pécha | 15 avril 2009

Pour la sortie du deuxième épisode d'OSS 117, rencontre avec son réalisateur, Michel Hazanavicius. C'est la fin de la journée, la dernière interview d'une longue série mais le monsieur est toujours aussi disponible à faire passer son message et ses intentions, en toute décontraction. 

 

En quoi OSS 117 Rio ne répond plus, peut être considéré comme meilleur que son prédécesseur, OSS 117, Le Caire nid d'espions ?

L'ambition, c'était de faire un peu mieux. Le premier film avait la nécessité de faire la pédagogie du personnage, de montrer patte blanche. Il fallait donc un long travail de préparation. Le succès du premier ayant validé nos choix, on a pu se lâcher plus sur ce nouvel épisode. L'enjeu ici, c'est de savoir que trop souvent, le second film est moins réussi que le premier. C'est amusant et excitant d'être confronté à ce problème.

 

 

 

OSS 117 sans Jean Dujardin, cela peut-il exister ?

Non. C'est un acteur fabuleux et en plus intelligent. Il y a une vraie osmose entre lui et le personnage mais il est tout à fait capable de faire d'autres choses. Il n'est pas schizophrénique.

 

Peut-on voir en OSS 117 un potentiel de franchise à la Bond ?

Je ne pense pas. J'estime qu'il y a la place pour un troisième mais 5 ou 6, non, je ne pense pas. Notre personnage est trop sur un équilibre précaire pour être comparé à un Bond par exemple. Et puis il ne faut pas ronger le même os toute sa vie. Il faut savoir changer aussi.

 

 


 

 

Puisque les blagues sur les juifs vont cette fois-ci très loin, peut-on rire de tout ? Y a-t-il une limite à l'humour ?

Celui qui trinque dans le film, c'est OSS. Ce sont les clichés qui trinquent. Il n'y a pas d'ambigüité, c'est le personnage d'OSS qui parle. Dire aujourd'hui que les juifs ont des gros nez, ne peut pas pris au pied de la lettre.

 

Une comédie doit-elle drôle de bout en bout ?

Le truc ultime pour moi serait que dans 15 ans, un mec me dise qu'il a vu le film à l'âge de 10 ans et qu'il a adoré, qu'il l'a revu à 15 ans et qu'il a encore adoré tout en ayant vu un tout autre film, et ainsi de suite avec une nouvelle vision à chaque fois. C'est une manière de dire qu'il y a plusieurs niveaux d'humour et que personne ne peut tout apprécier. Un gosse de 8 ans ne rigolera pas aux mêmes gags que toi par exemple. Je revendique le côté comédie populaire. Je ne veux pas faire un film élitiste.

 

Question « grand détournement » : qui est le mec le plus classe du monde ? Abitbol ou OSS ?

(sourire) Je suis obligé de dire que c'est George Abitbol mais OSS n'est pas loin !

 

 


 

 

Le film est bourré de références cinématographiques. S'il fallait n'en garder que trois ?

Le dernier plan de La Mort aux trousses avec le train qui rentre dans le tunnel. Paul Newman et ses costumes dans Harper. En fait, tout ceci est du vol mais il faut que cela fonctionne en tant que tel pour tous ceux qui ne connaissent par les références. C'est pour ça que je parle plus de détournement que d'hommage. Je ne fais pas ça pour faire le mariole mais uniquement pour servir la comédie. Qui peut dire que les films d'Hitchcock ne fonctionnent pas ? Ca n'a rien de calculé. Ces films là, c'est ce qui me nourrit au quotidien. Mais je suis éclectique puisque je puise mon inspiration de la série A à la série Z.

 

Justement, vous avez un amour sans limite pour les films de catch mexicain au point de déclarer que tout le monde aime voir se battre des mecs de 120 kilos à moitié nu...

Oui, c'est pour faire le con que j'ai dit ça. Mais c'est vrai que j'adore ça. Cela me rappelle les matchs que je voyais avec mon frère quand on était gamins. J'adore leur look. Et dans l'écriture avec Jean-François Halin, on s'est aperçu qu'il manquait un truc, quelque chose de très Z. Et hop, j'ai fait débarquer mes catcheurs.

 

Et à part les catcheurs, quels sont les films qui vous font rire ?

Alors d'abord il y a OSS 1 et 0SS 2 (rire). Plein de choses. En ce moment je suis fan de la série Flight of the conchords. Sinon, j'adore The Office, version british. J'aime tout Billy Wilder, notamment La Garçonnière ou La Scandaleuse de Berlin. Dans ce dernier, ça envoie sévère. Nous, on est des gamins à côté. C'est très, très gonflé. J'étais fou de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? J'ai pris une grosse baffe avec The Blues brothers. J'apprécie aussi beaucoup les films d'Yves Robert, Un éléphant, ça trompe énormément et sa suite.

 

 


 

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