Christina Ricci (Pénélope)

Laurent Pécha | 7 avril 2008
Laurent Pécha | 7 avril 2008

La sortie de Pénélope, mignon conte de fées moderne, est l’occasion de rencontrer son héroïne principale, Christina Ricci. Petit bout de femme qu’on aurait peur de casser en deux si on devait la serrer dans ses bras, la comédienne est dans le métier depuis la nuit des temps. Interview avec une enfant de la balle qui connaît parfaitement l’exercice et s’y adonne avec un professionnalisme forçant le respect.

 

 

Vous êtes une sorte d’erreur de casting dans le film…Il est effectivement bien difficile de croire que les hommes vous fuient de façon aussi spontanée juste à cause de votre nez. Même avec un tel appendice, vous restez belle.

(sourire) Merci ! Le film est avant tout un conte, une fable moderne. Tout y est forcement exagéré, afin de pouvoir faire passer ce message fort de tolérance, cette idée qu’il faut accepter son prochain quel qu’il soit et quel que soit son physique.

 

 

Vous-êtes vous inspiré de votre vie d’enfant-acteur pour votre rôle, ce côté enfance différente des autres qui colle parfaitement au personnage de Pénélope ?

Difficile de répondre tant j’ai l’impression de n’avoir qu’une seule vie. Pour tout vous dire, je ne me souviens plus du tout de mon existence avant que je ne débute dans le métier de comédienne. Et puis, j’ai quand même suivi une scolarité normale, je ne me sentais en rien différente des autres enfants de mon âge…sauf que, parfois, je m’absentais pour tourner dans un film (sourire).

 

 


 

 

Sur le plateau de Pénélope, adoptiez-vous la méthode actor’s studio en gardant votre groin tout le temps, pour être imprégnée du rôle ?

Il fallait plusieurs heures pour que les maquilleurs installent le groin. Il fallait donc être très patient. Et je vous assure, je n’avais aucune envie de le garder plus longtemps que nécessaire, tant cette prothèse était loin d’être agréable à porter. Sans parler que je n’avais pas le droit d’éternuer, sous peine de détruire tout le travail effectué.  

 

Vous avez à peu près le même âge que des actrices comme Natalie Portman, Kirsten Dunst,…qui ont tourné dans de nombreux blockbusters. Regrettez-vous de ne pas avoir fait les mêmes choix qu’elles ?

Non, pas vraiment. J’ai toujours préféré opter pour des films où le rôle que je devais interpréter m’apportait quelque chose. Je vois ce métier comme un challenge à relever. Il faut qu’il y ait une vraie étincelle à la lecture du script, comme ce fut le cas avec Pénélope… Mais je n’ai rien contre les blockbusters quand ils sont bien faits. Comme c’est le cas avec Speed racer.

 

 


 

 

Justement, comment appréhendez-vous la sortie de Speed racer ?

Je ne suis pas inquiète, Speed racer est extraordinaire. Nous avons vu 15 minutes du film à la fin du tournage et tout le monde était enthousiaste. Cela ne ressemble à rien de ce qui a été fait avant et il y a une vraie implication émotionnelle. L’œuvre repose sur un excellent scénario, qui parle de famille et d’intégrité. C’est sans doute le tournage le plus amusant que j’ai connu : on jouait, pour de vrai, toute la journée. J’y interprète le genre de filles que j’aurais toujours voulu être. Elle se bat, elle fait du kung-fu, de la gymnastique, des courses de voitures, elle sait piloter un hélicoptère… Mais elle a une tenue différente pour toutes ses activités. En ce sens, elle reste toujours très féminine, sans jamais perdre son rouge à lèvres.


Pour en revenir à Pénélope, vous semblez apprécier les films et rôles qui flirtent avec le fantastique. Entre La Famille Adams, Sleepy hollow, vous êtes coutumière du fait. Une raison ou est-ce juste le hasard du bon rôle ?

J’ai toujours adore le fantastique. J’étais une vraie geek quand j’étais gamine… en secret, dans ma chambre. J’ai toujours voulu tourner dans un conte de fée ou dans un film de science-fiction. Je crois que je suis naturellement attirée par tout ce qui sort de l’ordinaire, qui échappe au quotidien.

 

 


 

 

Vous avez déclaré que vous ne devez pas votre succès à votre look. Mais n’avez-vous pas obtenu certains rôles grâce à lui ?

Je ne crois pas, non. Par exemple, pour Sleepy hollow, lorsque je me suis présentée devant Tim Burton, j’étais brune et bien différente de mon look dans le film. Mes rôles, je les ai souvent gagnés lors des auditions, en montrant au réalisateur que je pouvais interpréter le personnage.

 

Pensez-vous toujours que vous seriez morte si vous n’étiez pas devenue actrice ?

Voilà le genre de phrases que j’ai dites quand j’étais jeune, lors de premières interviews, et qui me poursuivent depuis. En fait, je ne savais pas quoi répondre à l’époque, je pensais qu’il fallait absolument que je me démarque, alors j’ai sorti quelques grosses énormités qui sont malheureusement restées.

 

 


 

 

Avec quel acteur aimeriez-vous tourner, j’ai lu que Viggo Mortensen aurait vos faveurs ?

Ah Viggo ! Je l’adore. C’est un acteur merveilleux. Il était formidable dans les films de Cronenberg (History of violence et Les Promesses de l’ombre). Et bien sûr, dans la trilogie du Seigneur des anneaux.

 

Pensez-vous que le cinéma peut changer le monde ?

Pas avec un seul film, non. Mais si plusieurs films sont faits sur le même sujet, s’il y a une implication sur la durée, oui, cela peut faire évoluer les choses et contribuer à améliorer la situation.

 

 


 

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