Eli Roth (Hostel II)

Créé : 16 juillet 2007 - Laurent Pécha
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Toujours partant pour évoquer son travail et sa passion pour le cinéma, Eli Roth sait se multiplier pour faire partager ses points de vue. Qu'importe que nous n'ayons pas pu l'interviewer lors de son passage à Paris pour la promotion de Hostel Chapitre 2, le bonhomme a accepté de répondre par mail à nos questions.

 

 

Pourquoi avoir fait une suite à Hostel ?

J'étais si touché par les réactions positives vis-à-vis du premier Hostel que j'ai pensé à en faire une suite. Je voulais faire une séquelle comme le sont Mad Max 2 et Aliens, prendre les éléments qui marchent le mieux dans le film original et les utiliser comme la fondation principale de la suite. Je sentais que je pouvais apprendre de mes erreurs passées et faire ainsi un meilleur film, plus intelligent et effrayant que l'original. Je voulais que l'on découvre plus les clients et ainsi explorer comment fonctionne l'organisation derrière ces tortures.

 
 

 

Hostel était un film sombre, particulièrement sa fin, Hostel Chapitre 2 est plus fun, notamment si on se réfère à la scène finale. Pourquoi avoir choisi cette optique ?

J'ai le sentiment que Hostel 2 nous amène dans des endroits plus effrayants que le premier. Finir sur une note sombre aurait été trop déprimant. Je pense que de finir de manière aussi décalée et amusante permet aux spectateurs « d'apprécier » la violence qu'ils ont vue précédemment.

 

 

Edwige Fenech dans une séquence de torture, un fantasme d'adolescent ?

Mais qui n'a jamais fantasmé sur Edwige Fenech ? Pour ma part, cela ne s'est pas arrêté à l'adolescence (rires). Regardez-la dans les gialli qu'elle a tournés. Elle a fait tant de films sombres, délirants et dérangeants. C'est l'une des plus grandes icones cinématographiques de tous les temps. Ce fut un honneur de travailler avec elle.

 
 

 

Avez-vous choisi intentionnellement deux acteurs de Desperate housewives pour jouer les bourreaux de ces dames

C'est une coïncidence totale. Ce sont des comédiens formidables et ils m'ont convaincu de leur donner le rôle lors de leur audition. Et pour tout vous dire, je ne savais même pas qu'ils jouaient dans la série puisque je n'en ai jamais vu un seul épisode.

 
 

 

Qu'avez-vous contre l'Europe de l'est et ses enfants ?

Pourquoi dites-vous ça ? Je pense que les américains dans le film sont dépeints de manière bien plus horrible. La représentation des européens dans les deux films reflète en fait les stéréotypes et les peurs des cultures européennes qu'ont les américains. En revanche, mon portrait des américains dans les Hostel est totalement proche de la réalité. On pourrait dire pour l'occasion que mes films sont des versions horrifiques de Borat. Le film est une satire du capitalisme montrant à quel point cette vision américaine du monde peut entraîner la misère et le malheur pour de nombreux gens.

 

Que pensez-vous de tous ces films qui tournent autour des enlèvements et des tortures et notamment de la saga des Saw ?

Ce ne sont pas ces thèmes qui font le succès de ces films. Les gens les apprécient parce qu'ils abordent les divers thèmes d'une manière originale. Les trois Saw sont des films amusants à suivre car on doit découvrir les diverses énigmes en même temps que les personnages. Les Hostel montrent la peur des autres cultures et comment les gens peuvent devenir malades et fous quand ils sont malheureux et insatisfaits. Que ce soit dans Saw ou Hostel, il y a un message sous-jacent qui vous dit que vous devriez être contents de ce que vous avez.

 
 

 

Pensez-vous que la vague de films d'horreur actuelle va continuer à durer ?

Je suis d'avis que tant que des gens feront des bons films, les films d'horreur seront toujours de la partie. Par contre, si les cinéastes commencent à vouloir faire uniquement de l'argent facile, le genre mourra comme ce fut le cas à la fin des années 80 et au début des années 90.

 
Pouvez-vous nous parler de votre experience sur Grindhouse

C'était trop amusant de travailler avec Quentin. Je me souviens être allé voir Munich de Spielberg et me dire : « Mec, Kassovitz a tout compris ! Il travaille comme acteur avec les meilleurs réalisateurs du monde et il n'a plus qu'à appliquer ce qu'il a vu sur le tournage à ses propres films. » Je me suis ainsi retrouvé à deux semaines du tournage de mon propre film au Texas en tant qu'acteur du film de Quentin. On tournait toutes les nuits et je tentais en même temps de préparer mon film. J'ai juste pensé : « attention à ce que tu souhaites ». Mais même si ce fut très difficile, je suis trop heureux de l'avoir fait. J'ai repoussé mes limites comme jamais auparavant. Je suis très fier de la bande-annonce de Thanksgiving. A la fin du tournage de Hostel 2, j'ai pris deux jours et on a filmé comme des fous, autant qu'on le pouvait. Jamais je ne m'étais autant amusé sur un tournage. C'était absolument libérateur.

 

 

 

Pensez-vous faire un film de Thanksgiving ?

Pas pour le moment. J'ai fait un pari avec Edgar Wright que s'il fait Don't, je ferai Thanksgiving.

 

Vos futurs projets ? L'adaptation d'Alerte à Malibu ? L'adaptation de Cell ? Le projet avec Richard Kelly ?

Je ne suis pas impliqué dans l'adaptation d'Alerte à Malibu. Richard Kelly est en train de tourner The Box et je ne suis pas concerné. Cell est pour le moment en développement. Mon prochain film sera sûrement une comédie.

  

Quels sont les films qui vous ont effrayé récemment ? Quel est votre film d'horreur préféré ? Celui qui vous a fait le plus peur ?

J'adore Les Révoltés de l'an 2000 de Narciso Ibáñez Serrador. Ce film est effrayant. J'ai découvert récemment le segment de Fellini d'Histoires extraordinaires et j'ai adoré. Mes films préférés sont trop nombreux pour que j'en fasse une liste mais je peux vous citer les films qui m'ont inspiré pour Hostel 2. Il y a Torso de Sergio Martino, La Bête tue de sang froid de Aldo Lado et Avere vent'anni de Fernando DiLeo.

 

  

Nous avons interviewé votre actrice, Vera Jordanova (lire l'interview ici) et elle avait une question à vous poser :  « qu'est-ce qui t'a décidé à me choisir pour le rôle d'Axelle ? Tu as pris un gros risque en le faisant puisqu'il s'agit de mon premier film. »

J'aime les yeux de Vera. Je ne plaisante pas. Elle a un corps fantastique mais sa douceur est dans ses yeux. Je voulais qu'elle passe d'un regard doux et innocent à un regard froid sans pour autant qu'elle donne l'impression de vouloir apparaître méchante. Vera est une fille très intelligente et elle a réussi à donner cette impression d'une fille distante, sans sentiments ni émotions. C'est exactement ce que je recherchais. Peu de filles peuvent faire cela. En fait, seule Vera pouvait le faire. En plus, c'est une fille si gentille et j'aime avoir des gens gentils autour de moi sur le plateau. C'est très important, cela permet d'avoir un tournage amusant et enrichissant.

 

 


 

 

Un grand merci à Eli Roth pour sa disponibilité et à Axel Foy pour sa persévérance.  

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