Vera Jordanova (Hostel Chapitre II )

Didier Verdurand | 9 juillet 2007
Didier Verdurand | 9 juillet 2007

Pour une fois qu'on arrive à mettre la main sur un mannequin d'Elite, voilà que c'est par mail... Vera Jordanova, qui fait ses premiers pas cinématographiques dans Hostel - Chapitre II a eu la grande gentillesse de répondre à quelques questions par mail de Los Angeles. Voilà un appât de charme qu'Hollywood n'est pas prêt de laisser filer.

 

 

Qu’as-tu pensé du premier Hostel ?

Je l’ai trouvé différent et original dans le genre. En plus d’être un bon réalisateur, Eli Roth sait parfaitement comment raconter une histoire pour la rendre passionnante. Il y avait des moments terrifiants et gores, mais ce qui m’a le plus terrifiée, c’est d’imaginer que cet endroit pouvait réellement exister. Eli a su rendre les personnages attachants et on se préoccupe de leur sort, on veut qu’ils survivent. Ce n’est pas toujours le cas dans des films d’horreur.

 

 


 

Comment tu as rencontré Eli Roth ?

À ma première audition pour Hostel - Chapitre II. Je rendais visite à mes parents en Finlande et il se trouve qu’il commençait la pre-production à Prague donc j’ai fait un détour pour lui lire deux scènes. C’est plus motivant que de passer devant un directeur de casting. Cela dit, ce n’était pas si simple. Un mois après mon retour à Los Angeles, où je vis, on m’a demandé une nouvelle lecture cette fois avec la directrice de casting, Kelly Wagner. Un mois plus tard, rebelote. La compétition était rude puisque plusieurs centaines d’actrices européennes étaient sur le coup. Je n’oublierai jamais le jour où l’on m’a annoncé que j’avais le rôle. Ce sont des moments rares qui voient des rêves devenir réalité.

 

Tu as imaginé le passé de ton personnage avec Eli ?

Pas avec lui, non, mais toute seule. Je pense qu’il est impossible de jouer un personnage sans l’aimer ou le comprendre. Et trouver un lien entre moi et une psychopathe demandait une étude creusée ! Axelle est diabolique mais elle n’est pas née ainsi. Sa vie rude et des mauvaises expériences l’ont transformé. Elle a été tellement touchée que ce qu’elle fait ressemble à une vengeance, c’est très triste d’ailleurs.

 

 

 

Dans Hostel - Chapitre II, la mystérieuse entreprise pour laquelle tu travailles s’appelle Elite Hunting. Dans la vie, tu es dans l’agence de mannequins Elite. Quels sont les autres points communs ?

Être mannequin peut parfois être très douloureux mais je ne comparerais pas cela avec des tortures ou des meurtres ! Cependant, on peut trouver des ressemblances entre les filles de l’Est qui travaillent dans ces deux boites.

 

Y a-t-il eu des scènes particulièrement difficiles à tourner ?

Pas une en particulier. Le tournage a duré trois mois et on a eu notre part de bons et mauvais moments. C’était ma première expérience et cela a été forcément très enrichissant, je découvrais tellement de choses chaque jour… Tous les autres membres du casting avaient déjà tourné dans 15 à 20 films, et j’étais très bien encadrée. Tourner dans une langue qui n’est pas votre langue maternelle était aussi une difficulté supplémentaire.

 

 

Dans le film, à Rome, tu poses nue et si les dessinateurs en profitent, en revanche le spectateur, non. L’exhibitionnisme a ses limites ?!

Axelle est une femme très mystérieuse et j’ai toujours pensé que certaines choses gagnaient à faire travailler l’imagination.

 

Comment décrirais-tu Axelle et qu’as-tu pensé de ta performance quand tu t’es vue à l’écran ?

Axelle est à la fois très manipulatrice et cruelle, mais elle a aussi des qualités appréciables. Je trouve qu’un bon méchant doit toujours avoir du charisme et je la trouve très sexy, gracieuse et mystérieuse. Cela rend le personnage attirant et intéressant car il a plusieurs facettes. Néanmoins, il ne m’a pas été facile de me voir sur un grand écran. Je suis du genre perfectionniste et je ne suis jamais satisfaite à 100% de ce que je fais.

 

Combien de fois as-tu entendu aujourd’hui, à l’heure où tu lis ces questions, que tu es jolie ?

Je suis trop modeste pour répondre mais je suis flattée que tu me la poses !

 

 

Est-il plus difficile ou facile pour un mannequin de trouver des bons rôles dans de bons films ?

Trouver de bons rôles n’est facile pour personne à Hollywood, y compris pour des comédiens qui sont depuis longtemps dans ce business. Être mannequin est une arme à double tranchant et il existe une discrimination contre eux. Il faut savoir faire la part des choses car ces deux métiers n’ont rien à voir. On peut évidemment faire tourner bien des têtes parce qu’on est jolie, mais ça ne suffit pas pour construire une carrière d’actrice.

 

Tu aimes le foot ? Tu aimerais jouer avec qui ? (Cette question n’est pas un cheveu lancé dans la soupe, vous comprendrez en voyant Hostel - Chapitre II…)

Oui et j’y jouais quand j’étais petite. Comme je suis d’origine bulgare, je dirais que je jouerais volontiers avec Hristo Stoichkov quand il était à son plus haut niveau, sa rapidité était extraordinaire. Sinon, le choix est large du côté des Français… Zidane est une légende vivante, il a tout gagné, n’est-ce pas ?

 

 

Tu as vécu à Paris alors peux-tu nous dire en quelques mots ce que tu en as retenu ?

J’y suis resté 5 ans (tout en voyageant pour mon travail) et c’est sans conteste ma ville préférée au monde. Je vivais dans le VIème arrondissement, rue Saint André des Arts. Je prenais le Pont-Neuf pour rentrer chez moi. Il n’y a pas un jour sans que je m’y sois arrêtée pour admirer la Seine. Je ne me suis jamais lassée de cette vue. Chaque fois je pensais que j’étais la fille la plus chanceuse au monde, qui vivait dans l’un des plus beaux endroits au monde – sans que je prenne ça pour un acquis. J’habitais dans un duplex sous les toits avec un chat noir, Raymond. Il connaissait tous les toits de la rue… J’adorais aller au cinéma à Châtelet, manger des fallafels dans le Sentier, boire le meilleur chocolat chaud de Paris à La Jacobine, un vieux restaurant dans ma rue et passer le reste de la journée au Musée d’Orsay…

J’ai aussi fait des trips en dehors de Paris, et j’ai notamment un souvenir très fort du Mont St Michel. On avait pris la Route du Cidre en Normandie et nous avions terminé dans une fête de village, à manger des huîtres et boire du cidre. Je me suis tellement amusée, j’aurais pu y rester une semaine…

 

Le dernier film que tu as aimé ?

Hier, j’ai vu Courir avec des ciseaux et la performance d’Annette Bening m’a bluffée. Sinon, le film de ma vie, c’est Delicatessen.

 

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