Cyril Cohen (Big Family)

Julien Dury | 4 mars 2007
Julien Dury | 4 mars 2007

Quand donc avez-vous vu un court-métrage pour la dernière fois, au cinéma de surcroît ? Six mois, un an ? Plus ? Réalisateur de Big family, Cyril Cohen a donc bénéficié d'une chance plutôt rare lorsque son court-métrage s'est retrouvé en complément de programme de Prête-moi ta main. Une success story qui méritait d'aller voir de plus près comment un jeune cinéaste peut en arriver là et quel rôle Alain Chabat a joué dans l'affaire. Rendez-vous chez la maison de production Barbecue Films dans une ambiance sympathiquement artisanale entre bureau et appartement.

 

Un film comme Big family a-t-il mis longtemps à se monter depuis l'idée de départ ?
À peu près huit mois, entre l'idée, la présentation, l'acceptation d'Alain Chabat et finalement la réalisation. Ca s'est fait très rapidement puisque le court-métrage même s'est tourné en un mois.

 

C'est un très court-métrage, basé sur une simple idée. N'est-ce pas difficile de convaincre un producteur avec une base aussi réduite ?
Justement, je crois que c'est ça qui a plu. Une idée effectivement, une histoire bien précise, une « joke » en fait. De plus, comme ce n'était pas long, c'était parfait à caser avant un long-métrage.

 

 

 

À voir le film, on se dit que l'on a plus l'habitude de voir ce genre de choses à la télévision. Était-ce important de viser le grand écran ?
Ah oui. Il faut dire que c'est un plan-séquence de New York qui dure trois minutes où il se passe pas mal de choses. Ca devait donner quelque chose au niveau de l'image et du son, que l'on voit et entende bien. Le cinéma était donc le support idéal, même si ça peut se regarder à la télévision. Sur un plus petit écran comme un ordinateur, c'est un peu plus délicat au niveau de l'ambiance. On doit être accaparé par l'univers du film.

 

 

Tu as parlé de Chabat. Comment l'as-tu convaincu ?
J'avais travaillé sur le making-of de Prête-moi ta main et je savais qu'il était à la recherche d'un court-métrage à diffuser avant le long. J'ai proposé l'idée à sa société de production, ça l'a tout de suite fait rire et il a dit « Banco ! »… Il n'a pas du tout interféré dans le tournage. Je lui ai montré à la toute fin, et comme c'était conforme à ce qu'il avait lu, la mission était accomplie !

 

Penses-tu que le court-métrage a un avenir et qu'il faudrait en montrer plus au cinéma?
Oui, évidemment. Là, ce qui était bien, c'est qu'Alain a insisté en temps que coproducteur auprès des distributeurs pour qu'eux même demandent aux exploitants de passer le court en salles. Du coup, une trentaine de salles ont joué le jeu avec plaisir. En soi, ce n'est pas énorme mais pour un court-métrage, c'est génial. Certains cinémas comme le MK2 Quai de Seine sont plus habitués à diffuser ce genre de films, mais de manière général tous ont eu le plaisir de voir que le public réagissait très bien. D'après les retours, les gens ont été très agréablement surpris de voir ça avant le long-métrage qu'ils étaient venus voir. Disons qu'il faut que ce soit limité dans le temps. Les exploitants ne passent pas de films de plus de quatre minutes, sans quoi le film qui suit est décalé. Là, Big family restait court et dans l'esprit de la séance, donc c'était parfait. Avec Alain et Éric Lartigau, nous sommes allés incognito dans trois ou quatre salles et on a constaté que le tout était très bien accueilli.

 

Et à l'avenir, tu continues dans le court ?
Oui, il y a cinq ans j'avais déjà réalisé un film très différent qui s'appelait Il n'y a qu'un seul Dieu, où l'on voyait deux vieux juifs et deux vieux arabes faire la course pour un banc au soleil… Là, on en a un troisième en préparation sur un format un peu plus long. Enfin, je suis aussi en train d'écrire un long-métrage puisqu'il faut bien y aller à un moment ! Malgré tout, Barbecue Films tente toujours de faire des petits formats en vidéo sans se priver dans le côté léger.

 

C'est vrai que l'ambiance ici est plutôt familiale. Est-ce que ça convient mieux pour ce genre de projets ?
Carrément. Le principe, c'est ça. C'est sur une idée que ça peut se jouer. Tu prends une caméra, on a une table de montage, des comédiens (ou pas, dans le cas de Big family !)… et puis on le fait.

 

Propos recuillis par Julien Dury.
Autoportrait de Cyril Cohen.

 

 

Retrouvez l'interview d'Alain Chabat en cliquant sur son autoportrait : 

 

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