T.R. Knight (Grey's anatomy)

Stéphane Argentin | 11 octobre 2006
Stéphane Argentin | 11 octobre 2006

De tous les acteurs principaux de Grey's anatomy, T.R. Knight (pour Theodore Raymond Knight) est assurément le moins connu du grand public. Et pour cause, il a surtout exercé ses talents sur les planches avant d'en venir tout récemment au petit écran par le biais d'une poignée de guests à droite à gauche puis de décrocher le rôle du Dr. George O'Malley dans la nouvelle série médico-sentimentale phénomène qu'est Grey's anatomy. Lors de sa venue au festival TV de Monte-Carlo en juillet dernier, nous avons pu revenir en sa compagnie sur cette gloire aussi fulgurante d'instantanée qu'il rencontre désormais.

 

Je dois admettre que la couleur de vos cheveux m'intrigue (cf. portrait en bas d'article)…
C'est seulement pour l'été. Notre travail sur la saison 2 s'est achevé il y a un mois et demi environ et comme je n'avais rien d'autre de prévu au cours de l'été, j'ai voulu changé un peu. Ça disparaît petit à petit. Lorsque le tournage de la saison 3 reprendra d'ici trois semaines, j'aurais retrouvé ma couleur naturelle (cet entretien a eu lieu le samedi 1er juillet 2006, NDR).

Revenons-en tout d'abord au début : comment avez-vous décroché ce rôle dans Grey's anatomy ?
De la manière la plus classique qui soit : j'ai passé une audition. J'habitais à New York et je me suis rendu à Los Angeles durant la période où ils auditionnent énormément pour les pilotes, c'est-à-dire de janvier à mars. Parmi toutes les nouvelles séries à ce moment-là, le script de Grey's anatomy était celui qui m'a le plus interpellé.

 


 

Est-il vrai que votre mère travaille également dans un organisme de santé publique ?
Oui mais ce qu'elle y fait n'a strictement aucun rapport avec la série.

 

Aviez-vous quelques craintes quant au succès de la série qui est resté dans les cartons d'ABC avant de débuter à la mi-saison pour seulement neuf épisodes ?
Oui car auparavant, je n'avais fait que du théâtre et très peu de télé. Ma seule expérience en la matière était une série qui n'avait duré que sept épisodes et dont la diffusion fut reportée plusieurs fois. N'ayant que cet unique élément de comparaison, j'ai effectivement craint que la même situation ne se reproduise. J'ai donc été très surpris quand le succès a été au rendez-vous.

 

En découvrant le pilote terminé, vous ne vous doutiez pas, ne serait-ce qu'un peu, que la série marcherait ?
Non car vous ne pouvez jamais savoir si le public va répondre présent ou non. C'est l'éternelle question des goûts et des couleurs. Et bien que la série soit désormais très populaire, vous ne pouvez prétendre connaître les goûts des téléspectateurs pour l'an prochain. Est-ce qu'un autre show ne les intéressera pas plus que le notre ? Si tout va bien, nous résisterons pendant quelques années mais l'univers des séries TV est très éphémère.

 

Beaucoup décrivent Grey's anatomy comme un croisement entre Urgences et Ally McBeal. Comment la décririez-vous ?
Sans pour autant y voir de quelconques similitudes mais plutôt des réminiscences, je dirais que Grey's anatomy me rappelle davantage Six feet under qui est une série que j'adore. Vous vous surprenez à rire de situations où vous ne devriez pas forcément et les cas rencontrés – les cadavres en ce qui concerne Six feet under – ont systématiquement des répercussions dans la vie d'un ou plusieurs des principaux personnages.

 


 

Les critiques sur le manque de réalisme de Grey's anatomy en comparaison d'Urgences ne vous dérangent-elles pas ?
Urgences a fait date dans l'histoire et je suis très content que Grey's anatomy ne cherche pas simplement à l'imiter mais se focalise davantage sur la vie privée des docteurs là où Urgences mettait une grosse partie de son énergie dans le travail quotidien au sein de l'hôpital. Pour ce que j'en sais, tous les cas médicaux sont véridiques ou tout du moins envisageables. Mais ces cas ont peut-être eu lieu aux quatre coins du globe au cours des 25 dernières années alors qu'ils s'enchaînent comme par hasard en l'espace d'un an seulement au sein d'un même établissement hospitalier. Il ne faut donc pas oublier que l'une comme l'autre restent avant tout des séries TV, des divertissements, et que les histoires prennent parfois le pas sur la crédibilité médicale.

 

Dès le début du pilote, il est dit aux internes qu'ils ne réussiront pas tous. Avec une telle épée de Damoclès au dessus de la tête, ne craigniez-vous pas à ce moment-là que votre personnage n'aille pas plus loin ?
Cette crainte n'est venue que par la suite en raison, entre autres, de la nouvelle mode des shows de ABC tels que Lost ou Desperate housewives qui consiste à tuer des personnages sans qu'ils s'y attendent (rires). Mais il faut faire avec et savoir aller de l'avant dans le cas où, par exemple, votre personnage trébuche par inadvertance et retombe sur un scalpel bien tranchant (rires). À chaque fois qu'on vous remet le script d'un nouvel épisode, la première chose que vous vérifiez, c'est de savoir si vous êtes toujours en vie à la fin (rires). Le bon côté d'une telle incertitude, c'est que vous ne devenez pas trop confiant et suffisant.

 


 

La créatrice du show (Shonda Rhimes, NDR) ne vous confie donc rien à l'avance ?
Non et je pense que c'est une sage décision car elle sait précisément dans quelle direction elle souhaite aller avec sa série et elle ne voudrait pas que ses efforts soient ruinés par inadvertance. Si elle nous en dévoilait trop sur ce qui va arriver par la suite, une révélation malheureuse pourrait nous échapper car après tout nous sommes des acteurs, et les acteurs n'aiment rien moins que jacasser. Énormément même (rires).

 

Ne trouvez-vous pas cela gênant d'avancer « à l'aveugle » ?
Nous avons tout de même une vague idée de ce dont il retourne. De plus nous sommes avertis si un évènement majeur doit survenir, auquel cas nous sommes tenus au secret. Après, chaque acteur répond différent à une telle méthode de travail. Mais si votre personnage doit y passer pour de bon, je crois qu'il est effectivement préférable que le comédien soit au moins au courant de ce qui va lui tomber dessus (rires).

 

George O'Malley, votre personnage, est en quelque sorte le stéréotype du « bon copain » ?
Certains le verront peut-être ainsi aux tous débuts mais Shonda Rhimes, la créatrice du show, possède cette formidable faculté d'entraîner constamment les personnages dans des directions inattendues. J'espère donc que ce cliché s'estompera aux yeux du public au fil des épisodes.

 


 

En matière d'épisodes, y en a-t-il un que vous préférez ?
C'est difficile d'en choisir un en particulier car j'aime beaucoup toutes les situations inattendues où George « explose » en quelque sorte. Ce sont tous ces petits moments qui dévoilent véritablement le personnage dans toute sa splendeur comme par exemple la fois où il devient la star en se retrouvant obligé de prendre le scalpel en main lorsqu'il est bloqué dans l'ascenseur avec un patient.

 

Prendre une douche avec trois femmes somptueuses, est-ce vraiment l'un de vos fantasmes (Épisode 2-16 – Code noir, NDR) ?
(Il éclate de rires). Difficile. Très très difficile comme travail. C'est très différent à tourner que ça ne l'est à regarder. C'est drôle et étrange à la fois. Vous êtes habillé avec des sous-vêtements les plus simplistes qui soient et vous essayez de paraître le plus sexy possible sans éclater de rire alors qu'une quarantaine de personnes vous entoure sur le plateau. Ça n'a plus rien d'intime ou de si plaisant. Vous voyez c'est… (il cherche ses mots avant d'éclater à nouveau de rires, NDR).

 

Vous ne vous êtes jamais retrouvé dans une situation similaire ?
Non, c'est le rêve de George (rires).

 

Peut-on percevoir le début d'une évolution dans les relations entre George et Miranda (interprétée par Chandra Wilson, NDR) depuis l'épisode où vous l'aidez à accoucher ?
Je ne crois pas que les deux personnages aient quoi que ce soit en commun, et c'est d'ailleurs ce qui rend la situation d'autant plus comique. Miranda est quelqu'un de très calme, confiante et sûre d'elle, tandis que George est encore très jeune, naïf et dispersé. Voilà un autre exemple de scènes que j'aime beaucoup car la situation est inversée : Miranda est au plus bas de son autorité à cet instant-là tandis que George est apparemment le seul à pouvoir l'aider et à prendre les choses en main.

 


 

Compte tenu du final de la saison 2, savez-vous si Katherine Heigl (qui interprète Isobel « Izzie » Stevens, NDR) sera de retour l'an prochain ?
Il y a eu un malentendu à ce sujet quand a été annoncé le fait qu'elle quitterait le programme car Izzie va quitter le programme d'internat au sein de l'histoire mais pas la série. Là encore, la suite des évènements pourrait me donner tort car nous ne sommes pas au courant de tout, mais j'espère vraiment qu'elle restera.

 

Avec ce que vous avez appris sur la série, seriez-vous en mesure de porter secours à quelqu'un désormais ?
Absolument… pas (rires) ! Il y a tellement de choses à retenir, ne serait-ce que les dialogues dont la plupart sont réenregistrés en post-prod. Et étant donné que je n'ai pas le cerveau le plus développé au monde, la place pour tout retenir est limitée. En revanche, je pourrais ouvrir quelqu'un avec un objet suffisamment tranchant désormais, même si après ça, il faudrait que cette personne se débrouille par ses propres moyens. Encore que, ouvrir quelqu'un soit à la portée de n'importe qui quand on y réfléchit.

 

Comment s'organise le planning de tournage ?
Nous tournons cinq jours par semaine, voire six lorsque la fin de saison approche. Une journée peut varier de 15 à 17 heures de travail selon les différents membres de l'équipe. Ellen (Pompeo qui interprète Meredith Grey, cf. notre interview, NDR) est assurément celle qui a le plus de travail parmi nous car elle est dans presque toutes les scènes.

 

Comment passez-vous votre temps durant ce break estival ?
Au cours des deux mois et demi de break, en dehors de la tournée promo, comme j'ai dû emménager à Los Angeles où est tournée la série, je retourne aussi souvent que possible à New York pour garder le contact avec les personnes que je connais et qui vivent encore là-bas.

 

Pour combien de saisons avez-vous signé ?
Six saisons bien que ce contrat puisse être rompu à tout moment par les producteurs si la série s'arrête bien entendu mais aussi s'ils décident de se séparer de votre personnage. C'est la règle dans ce milieu : vous n'avez aucune garantie.

 


Propos recueillis au cours du 46ème festival de télévision de Monte-Carlo en juillet 2006.

 

Copyright : La photo en bas d'article (ci-dessus) a été obtenue avec l'accord du festival de télévision de Monte-Carlo en vue d'être exploitée exclusivement dans le cadre du site Ecran Large. Toute autre utilisation en dehors de ce cadre est par conséquent formellement interdite.

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