Gilles Lellouche (On va s'aimer)

Louisa Amara | 12 juin 2006
Louisa Amara | 12 juin 2006

Galanterie oblige, Gilles Lellouche a laissé sa partenaire, Alexandra Lamy s'exprimer, donc à son tour de nous donner son point de vue sur son personnage dans On va s'aimer...

 

 

Vous incarnez dans le film l'homme idéal du 21e siècle : drôle, sensible, intelligent, macho mais pas trop, pas sûr de lui, touchant.. Ca fait quoi d'incarner l'homme idéal ?
(Rires) C'est un très beau rôle, c'est vrai.

 

Mais chanter, ça n'a pas dû être évident ?
Non seulement ça ne l'était pas, mais ça faisait super peur ! Surtout que je ne suis pas forcément fan des chansons qu'on entend dans le film. Mais elles font partie du patrimoine, si elles sont populaires, ce n'est pas pour rien. En tout cas, ce qui me plaisait dans ce personnage, c'était ce côté viril, d'où le look, barbe de 3 jours, cheveux courts, je voulais accentuer ce côté très carré, macho. Il essaie d'avoir le physique de Charles Bronson mais à l'intérieur c'est Maya l'abeille. C'est une sorte de gros bisounours. Il représente un peu l'image des garçons d'aujourd'hui : on a le cul entre deux chaises. On voudrait être le reflet des bonhommes qu'on a connus, nos modèles très virils, Lino Ventura etc, mais on a une sensibilité à fleur de peau, très romantique. Et il y a une ambivalence entre ces deux choses là. Je trouvais le personnage cohérent par rapport à ça. Notre génération est, je pense, fondalement très romantique, mais on est peureux de l'être totalement.

 


 

Vous sentez l'homme un peu perdu par rapport à la femme ?
Pas un peu, totalement ! Ya une peur de la femme chez les mecs, assez récente. Mais il y a aussi cette accessibilité au plaisir, qui est finalement assez pathétique, parcequ'on a une relation à l'amour comme on a une relation à la consommation. On change de fringues, on arrête pas d'acheter de nouveaux produits. On a l'impression qu'on pourrait se racheter des coeurs et qu'on va pouvoir passer d'une histoire à l'autre sans transition. On regarde sans arrêt ailleurs pour voir s'il n'y a plus beau que ce qu'on a déjà. On voit que le sens des responsabilités en couple s'étiole de plus en plus. Le divorce est devenu beaucoup plus simple etc. Tout ça est un trauma total pour tout le monde. Alors que finalement, on est romantique et on voudrait juste être amoureux pour la vie. On fait ce qu'on peut. On est fait de chair et de sang, de lâcheté, de courage.

 

Votre personnage se remet en question, il doute, se fait sa petite crise de jalousie, et puis la maturité arrive avec l'épreuve, c'est ce qui vous a plu chez lui ?
Oui, il a besoin de passer par là. Il engage même un détective privé, alors que tout se passe devant lui, parmi ses proches. Mais finalement, malgré ses airs macho, il est très naïf et pas du tout vicieux, il ne voit pas du tout que son ami l'a trahi. Il va apprendre le sens de la nuance.

 

Il a d'ailleurs un rapport avec les enfants qui est assez génial. Comment s'est passé le tournage avec les enfants ?
J'ai adoré travailler avec les gosses, peut-être parce que j'en suis un moi-même. J'ai passé une journée géniale. Mais quand j'ai ce long monologue où j'explique en classe que les princes charmants, les contes de fées n'existent pas, j'ai demandé à ce que la salle soit vide. J'avais pas envie de dire ça à des gamins.

 


 

Pour les spectactrices qui verront le film et qui ne manqueront pas de se poser la question, je vous le demande : vous êtes célibataire actuellement ?
(Rires) Non, je ne suis pas célibataire, mon coeur est déjà pris. Mais c'est le personnage qui est intéressant. Sa naïveté, sa douceur, me plaisaient beaucoup. Après ma vie en l'air, où je jouais un glandeur, un canapé vivant, mais qui avait son évolution aussi. Ca changeait beaucoup. Un personnage qui n'évolue pas de toutes façons, ça ne m'intéresse pas.

 

Vous aviez déjà chanté avant ce film ?
Non, jamais.

 

Vous chantez étonnamment bien. Des quatre, avec Mélanie Doutey, vous êtes les meilleurs !
Merci ! C'est vrai que Mélanie a en plus une très jolie chanson. On a chanté en studio. On chantait plusieurs fois les mêmes chansons, et ils ont gardé les meilleurs pistes, en fait, c'est ça le secret. Mais moi avec le casque et tout, je m'y croyais. Pourtant, sur le tournage, chanter, les yeux dans les yeux avec Alexandra Lamy, "j'te le dis quand même" de Bruel, sans se marrer, c'était du sport, vraiment. Chaque fois, je me disais que mes potes allaient se foutre de moi. Je les vois déjà d'ailleurs. Ils ont vingt ans de vannes devant eux avec ce film ! Cette chanson de Patrick Bruel est sortie quand j'avais 17 ans, c'était LA chanson d'amour. Elle a accompagné mes premières histoires, mes premiers flirts... « flirts », d'où j'ai sorti ce mot-là, moi ? Je suis en régression totale.

 

(Rires) Non mais c'est tout à fait l'esprit de la chanson. Et les chansons du film collent parfaitement aux émotions des personnages.
Oui c'est une prolongation de l'état de pensée des personnages. Mais là, il y a un second degré quand même.

 


 

Vous dansez aussi dans le film...
(Rires) Je suis un vrai baton. Il a fallu qu'on répète plusieurs jours pour y arriver. À part les slows, moi.. faut vraiment me pousser pour danser. D'ailleurs c'est con qu'il n'y ait plus de slows, c'était génial pour draguer.

 

Maintenant, ils mettent du zouk
Ouais c'est autre chose, faut arriver directement et se la jouer : « Bonjour, je suis sexy. »

 

[Comment voyez-vous les relations d'amitié entre homme et femme ?
J'adore la compagnie des femmes, pour moi c'est complètement possible l'amitié homme/femme. Et je trouve que quand des femmes sont là, il y a une tenue tout de suite chez les hommes. Ils essaient d'être à la hauteur, font des efforts. Parce que des mecs entre eux, bon.. ça tourne vite en rond. Les filles entre elles aussi. Mais moi, je ne peux pas me passer de la compagnie des filles.

 

Il y a clairement un clin d'oeil à Un éléphant ça trompe énormément dans On va s'aimer, vous êtes fan des films d'Yves Robert.
Je suis fan, à mort ! Yves Robert, Claude Sautet... Ces films populaires et intelligents manquaient. Ca revient, grâce à OSS 117 notamment. J'en suis très content.

 

Après Narco qui a pris plusieurs années de votre vie, vous êtes prêt à vous relancer dans l'écriture ?
Narco m'a pris 3 ans effectivement. Et oui, je co-écris un film avec Benoït Poelvoorde adapté d'un roman irlandais, une histoire d'amour très rock and roll et violente. Un changement de registre, un film que je vais réaliser seul, cette fois. Tristan, lui, va réaliser un film de son côté aussi. Mais je n'ai pas l'écriture facile. J'ai besoin de partir plusieurs semaines pour écrire, le cliché total de l'écrivain solitaire me correspond bien. (Rires)

 

Propos recueillis par Louisa Amara.

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