Paul Walker (Antartica)

Stéphane Argentin | 29 avril 2006
Stéphane Argentin | 29 avril 2006

Paul Walker, c'est une belle gueule sur un corps d'athlète. Un statut dont le comédien a parfaitement conscience et qu'il assume pleinement comme aujourd'hui encore dans Antartica, prisonniers du froid, un film aux conditions très « extrêmes ». Pour autant, cette belle tête est loin d'être écervelée comme le prouve la grande lucidité dont Paul Walker fait preuve dans le choix de ses rôles et l'accueil que le public réserve à ses films.

Vous avez conduit des voitures de course dans Fast & Furious et à présent une meute de chiens de traîneaux. Qu'est-ce qui est le plus facile ?
Les chiens. Si vous vous plantez, vous atterrissez dans la neige tandis qu'avec de telles voitures, si vous vous mangez n'importe quoi, avec la vitesse, le résultat n'est pas très joli à voir.

 


C'est vous qui conduisiez dans les deux cas ou bien était-ce des cascadeurs ?
Les cascadeurs font les trucs les plus dangereux. Dans le premier Fast & Furious, on m'a très souvent laissé prendre le volant, beaucoup moins dans le second car j'avais pris de l'importance en tant qu'acteur. Sur le premier film, ce n'était pas vraiment très grave s'il m'arrivait quelque chose, ils s'en fichaient un peu (Rires) mais pas pour le deuxième. Ça m'énervait d'ailleurs un peu. Mais j'ai quand même pu conduire de temps en temps car j'adore participer à des courses automobiles et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai accepter de faire ces films.

 

Vous courez d'ailleurs dans beaucoup de vos films, parfois même pour survivre : Une virée en enfer, Prisonniers du temps, La peur au ventre. Vous avez une affinité particulière pour ce genre de films ?
Je n'y avais jamais prêté attention sous cet angle. Ce sont surtout des films assez physiques et je pense que c'est ce que je sais faire le mieux ayant pratiqué énormément de sports depuis ma jeunesse. Et puis c'est vrai aussi que j'adore ce genre de rôles.

Un autre point commun entre tous vos films, ce sont vos magnifiques partenaires féminines : Jordana Brewster puis Eva Mendes dans Fast & Furious 1 et 2, Jessica Alba dans Bleu d'enfer, Vera Farmiga dans La Peur au ventre. Il y a une ligne particulière dans vos contrats pour que vous ayez des partenaires aussi belles ?
(Rires). On pourrait le croire en effet mais j'ai surtout eu beaucoup de chance jusqu'à maintenant, tout particulièrement avec Vera, mais elle est mariée. Non attendez, je crois qu'elle est célibataire à présent (Rires). J'ai totalement craqué sur elle. C'est une femme magnifique sur toute la ligne. Je vais regarder tous ses films, c'est sûr !

 


Paul Walker & Vera Farmiga dans La Peur au ventre
Pour autant, La Peur au ventre n'a pas vraiment marché au box-office américain. Pensez-vous que la raison en soit le contenu : la violence, la sexualité… ?
Bien sûr car c'est difficile de faire la promotion d'un film pareil, surtout à la télévision. Et comme les gens sont paresseux, ce qu'ils ne voient pas à la télévision ne les intéresse pas. C'est la raison pour laquelle il y a autant de films PG-13 (interdit aux moins de 13 ans aux USA, NDLR) en provenance des États-Unis et très peu de longs-métrages vraiment durs. En France, vous n'avez pas ce problème car vous ne pouvez pas faire de publicité à la télévision pour les films qui vont sortir en salles. J'aime les films durs et noirs qui n'ont pas peur d'aller jusqu'au bout et qui vous font réfléchir en sortant de la salle, que vous aillez apprécié ou non le film. Beaucoup de spectateurs n'ont pas pu supporter ce qu'ils ont vu dans La Peur au ventre, mais pour ma part, c'est ce qui me plaît : la violence, la sexualité, le langage cru. Tout cela ne me fait pas peur. Pour autant, je ne laisserais pas ma petite fille regarder ça (Paul Walker est le père d'une petite Meadow née en 1999, NDLR).

 

En regardant votre carrière, certains films ont bien marché au box-office tels que les Fast & Furious ou Antartica tandis que d'autres beaucoup moins tels que La Peur au ventre ou Prisonniers du temps. Est-ce quelque chose auquel vous prêtez particulièrement attention ?
Dire que vous vous en fichez serait stupide car si vous continuez à faire ce métier c'est parce que vous avez un certain poids au box-office aux yeux des investisseurs. C'est particulièrement vrai pour les blockbusters mais les producteurs de films plus modestes financièrement parlant ont également besoin d'un certain nombre de garanties avant de financer le projet. L'équilibre est donc très précaire et pratiquement impossible à trouver. Par exemple, je tenais tout particulièrement à faire La Peur au ventre et pourtant pratiquement personne ne l'a vu. Mais ce n'est pas si grave au final car j'ai reçu un coup de téléphone de Quentin Tarantino qui m'a dit qu'il avait adoré le film. C'était très réconfortant.

Vous seriez partant pour tourner avec Tarantino ?
Oui. Il est plutôt doué et j'adore ce qu'il fait donc on verra.

Vous évoquiez la télévision. Vous avez fait quelques guest dans des séries à vos débuts. Les productions TV étant de plus en plus considérées comme le véritable vivier actuellement à Hollywood, seriez-vous partant pour un rôle dans une série ?
Non car j'ai la bougeotte et avec les films, je peux faire des choses très différentes à chaque fois comme plonger dans l'océan puis conduire des chiens de traîneaux. Ces changements permanents correspondent bien à mon esprit aventureux. Je deviendrais dingue si je devais jouer dans une série TV pendant plusieurs années de suite. À la base je ne voulais pas devenir acteur et ce n'est que depuis un an environ que je commence à apprécier cette activité en temps que travail à part entière. J'aime bien ma liberté et lorsque vous faites des films, vous êtes obligés d'abandonner pas mal de choses.

 


Que pouvez-vous nous dire sur vos deux prochains films que vous venez de terminer, The Death and life of Bobby Z et Flags of our fathers ?
Je ne crois pas que Bobby Z sortira, c'était plus une sorte d'expérimentation qu'autre chose (Paul Walker y joue un Marine US emprisonné à qui l'on propose la liberté s'il accepte de prendre la place d'un puissant baron de la drogue mort récemment. Mais le plan dérape et il se retrouve en cavale avec le fils du trafiquant âgé de 6 ans, ndr). Quant à Flags of our fathers, c'était une formidable expérience. Je n'ai rien vu du film pour le moment mais je pense qu'il sera très réussi. C'est Clint Eastwood tout de même !

 

Propos recueillis par Stéphane Argentin.

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire