Julie-Marie Parmentier (Sheitan)

Didier Verdurand | 17 février 2006
Didier Verdurand | 17 février 2006

Quelle actrice t'a donné envie de faire ce métier ?
Difficile de répondre parce que j'ai commencé le théâtre quand j'avais 9 ans, et à cette époque j'étais plus portée sur les dessins animés ! J'ai gardé le même état d'esprit, j'adore enfiler un costume et me plonger dans la peau d'un personnage, sans penser à une actrice en particulier. Je ne me rappelle pas mon premier film au cinéma, je devais avoir 3 ans… (Rire.) Mon plus vieux souvenir dans une salle de ciné remonte à 1988, quand je suis allée voir Qui veut la peau de Roger Rabbit. J'avais donc 7 ans. Ce film m'avait bien plu à l'époque, aujourd'hui encore d'ailleurs.

Tu as pris des cours de comédie ?
J'ai fait du théâtre de 9 ans à 18 ans. Au départ, mes parents me payaient des cours amateurs là où j'habitais, dans l'Aisne. J'ai ensuite emménagé en Picardie et j'ai passé un bac à Amiens avec option théâtre.

 


Comment as-tu trouvé un agent ?
C'est l'enchaînement naturel quand tu enchaînes les castings. Mes parents m'emmenaient à Paris et nous en avons rencontré un, que j'ai gardé le temps d'un film mais nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes donc nous en avons changé très rapidement. Depuis, c'est le même. Enfin, la même, elle s'appelle Marie Chen. Elle aime et défend ses comédiens. Je ne sais pas exactement comment ça se passe ailleurs mais je crois d'après ce que m'ont dit mes amies comédiennes qu'il est rare d'être aussi proche de son agent. Je la considère comme une amie, nous sommes très proches, jusqu'à nous voir le jour de Noël par exemple.

 

Tu es passée par l'étape des petits boulots ?
Comme j'ai commencé à tourner à l'âge de 15 ans, je suis arrivée à Paris avec de l'argent car je n'avais rien dépensé. Donc j'ai eu la chance de pouvoir vivre de ce métier depuis le départ. C'est chaud, n'imagine pas le contraire, mais j'y arrive.

 


Te rappelles-tu du premier casting que tu as passé et comment s'est déroulé celui de Sheitan ?
(Silence.) Je devrais m'en rappeler mais ce n'est pas le cas ! J'ai tellement passé de castings depuis l'âge de 11 ans… Très souvent, on est déçu après, quand on en passe autant. Il faut déjà avoir la chance de passer le casting avec le réalisateur ou la réalisatrice, ça n'arrive pas souvent, généralement, la directrice de casting donne la réplique. C'est assez marrant de rejouer la scène après, lors du tournage. Dans Sheitan, ce fut encore plus spécial car mon rôle ne parlant quasiment pas, Kim Chapiron donnait une scène d'Eve – Roxane Mesquida – à interpréter, celle où elle engueule les mecs parce qu'elle croit qu'ils ont touché aux poupées. Je repense au casting chaque fois que je la revois dans le film ! (Rire.) Avant d'être convoquée au casting, j'avais fait une recherche sur le net pour en savoir plus sur Kourtrajmé, suite à un reportage sur eux qui était passé à la télévision. J'avais téléchargé tous leurs clips et je les avais trouvés formidables, donc quand j'ai réalisé six mois plus tard que j'allais passer un casting pour le film de Kim, j'y suis allée avec beaucoup d'enthousiasme et de motivation. Quand je suis arrivée à la boîte de prod, ça grouillait de mecs. Des Blacks, des Chinois, des beurs, il y avait de tout, partout ! Rien à voir avec les castings habituels que tu passes devant deux personnes maxi ! (Rire.)

 

Tu as trouvé facilement ton personnage ?
Il y a eu des répétitions à l'« Kourtrajmé Actor's Studio », comme disait Kim. Il n'y avait pas grand-chose d'écrit sur mon personnage, il n'y avait que quelques lignes dans le scénario. Au départ, Kim voulait que tout les campagnards parlent patois mais cela s'est avéré trop compliqué pour le casting donc cette idée a été mise de côté. Quand j'ai eu le rôle et que j'ai appris cela, j'ai dit à Kim que je le parlais, il était ravi et nous avons inventé des dialogues, qui n'étaient donc pas écrits au départ.

 


Tu aimes te voir à l'écran ?
Je n'ai pas la télé depuis des années donc je ne vois pas toujours ce que je tourne. (Rire.) Quand tu y penses, le cinéma est tout jeune sur l'échelle humaine, il n'a qu'un siècle. Cela reste très étrange de se voir jouer dans le miroir qu'est le cinéma, ce n'est pas encore naturel à mes yeux. J'ai ri en me voyant dans Sheitan, comme dans le reste du film. Je ne vais pas me faire peur, ça serait quand même le comble !

 

Le principal souvenir du jour de la sortie de Sheitan ?
Comme je jouais le soir même au théâtre, je n'avais pas que Sheitan en tête, cela permet d'évacuer le stress. Nous n'étions pas portés sur les chiffres, ce que nous vivons est un privilège que nous savourons pleinement. Ce jour-là, j'avais une séance photo mais j'ai trouvé un moment pour aller acheter un ticket, sans l'utiliser. (Rire.) J'ai été le voir en salle le lundi suivant, c'était fantastique de voir les spectateurs réagir.

On t'a reconnue ?
Non, je reste assez discrète. Il y a un type qui est venu me demander une cigarette, à la sortie, et il ne m'a pas reconnue, apparemment ! « Désolée, je ne fume pas ! »

Propos recueillis par Didier Verdurand.
Photos de Côme Bardon.
Toute reproduction interdite.

 

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