Tony Jaa (Tom yum goong)

Stéphane Argentin | 8 février 2006
Stéphane Argentin | 8 février 2006

Sacré « nouveau dragon venu d'Asie » après sa performance très remarquée à travers le monde dans Ong-bak, Tony Jaa est aujourd'hui de retour dans un film qui, en français, porte bien son titre : L'Honneur du dragon – Tom yum goong. Rencontre avec ce nouveau « monsieur casse-cou » du cinéma…

Combien de nouvelles blessures avez-vous inscrites à votre dossier médical pendant le tournage de Tom yum goong ?
Il n'y a rien eu d'aussi grave que sur Ong-bak où j'avais terminé à l'hôpital à un moment donné. Cette fois-ci, à l'exception de quelques entorses et autres déchirures musculaires, le tournage n'a jamais été stoppé plus de 24 ou 48 heures. La routine en somme.

Combien de temps a nécessité la scène en plan-séquence dans le restaurant où vous gravissez plusieurs étages ?
Il y a eu plusieurs problèmes de coordination pour cette séquence : l'équipe chargée de la sécurité qui n'était pas prête, puis la bobine qui était arrivée au bout… En tout, cette scène a nécessité un mois de préparation, quatre jours de tournage et huit prises avant d'obtenir la bonne.

 


Lorsque vous arrivez à l'aéroport de Sydney, votre personnage croise un sosie de Jackie Chan. Pourquoi ne pas avoir demandé au vrai Jackie Chan d'apparaître dans le film ?
Parce que nous n'avions pas les moyens. C'est bien entendu un clin d'œil, mais la plupart des gens ont cru que c'était le vrai Jackie Chan lorsqu'ils ont découvert le film.

 

Lors de la scène à l'intérieur du hangar, vous effectuez un backflip identique à celui de Yuen Biao dans Dragon forever. S'agit-il là encore d'un hommage voulu ?
Absolument. Yuen Biao tout comme Jackie Chan ou encore Sammo Hung font indéniablement partie de mes influences. Je regarde beaucoup de films auxquels ils ont pris part.

L'histoire de Ong-bak tournait autour du trafic d'objets bouddhistes, celle de Tom yum goong autour du trafic d'animaux, et plus précisément d'éléphants. Le but était-il de dénoncer un tel trafic ?
J'ai grandi entouré de ces animaux qui sont partie intégrante de la culture thaïlandaise. Dans Tom yum goong, l'éléphant adulte s'appelle d'ailleurs « grand-père » et l'éléphanteau « petit frère ». L'idée était donc de combiner cette partie de ma vie privée avec le muay thaï pour en faire un film et non un message d'alerte vis-à-vis du trafic d'animaux. De nombreuses personnes et de nombreux organismes s'en chargent bien mieux que ce film.

 


L'action de Tom yum goong se déroule principalement en Australie, visant ainsi le marché international. Avez-vous personnellement des vues à l'étranger, notamment pour des films à Hong-Kong ou à Hollywood, alors qu'une rumeur prétend que vous êtes sous contrat en Thaïlande pour plusieurs années encore ?
J'apprécie en effet tout particulièrement les films hongkongais, mais ce n'est pas pour autant que je vais y partir dès demain pour tourner le premier film venu. Cette rumeur de contrat est inexacte. J'ai plusieurs projets en préparation en Thaïlande et je souhaiterais avant tout faire connaître notre savoir cinématographique de par le monde au travers de ces films, avant d'envisager une carrière à l'étranger, l'intérêt d'une reconnaissance internationale étant surtout de pouvoir obtenir des financements plus conséquents (comme c'est actuellement le cas en Chine où des films sont financés par Hollywood. Ndlr).

 

Avez-vous prévu de mettre ce laps de temps à contribution pour apprendre l'anglais avant de partir tourner à l'étranger ?
J'aimerais bien, ne serait-ce que pour communiquer directement avec la presse et le public lors des tournées promotionnelles, mais je n'ai malheureusement pas le temps pour l'instant.

À Hong-Kong, les scènes d'action sont parfois décidées et filmées par les acteurs et le chorégraphe sans l'intervention du réalisateur. La situation était-elle identique sur Tom yum goong ?
En amont du tournage d'une scène, je décidais toujours des cascades que je souhaitais exécuter, en accord avec mon maître, Panna Rittikrai (chorégraphe du film. Ndlr), mais le réalisateur Prachya Pinkaew était systématiquement présent au cours de ces discussions.

 


Pourquoi n'avez-vous pas joué dans Born to fight réalisé par Panna Rittikrai ?
Tout simplement parce que je tournais Tom yum goong.

 

Si vous deviez choisir entre tourner sous la direction de Pen-Ek Ratanaruang (Last Life in the universe) ou bien celle de Thanit Jitnukul (Bang rajan), lequel choisiriez-vous ?
Je commencerais tout d'abord par lire le scénario, bien entendu, pour m'assurer que l'histoire tienne la route. Mais si je devais choisir, ma préférence irait à Pen-Ek Ratanaruang.

Que pensez-vous du film The Beautiful Boxer qui donne une toute autre image de la boxe thaï, beaucoup moins violente que dans Tom yum goong ?
J'aime beaucoup The Beautiful Boxer, mais ce film est une biographie avec des combats de ring. Ça n'a donc rien à voir avec les affrontements de rue de Tom yum goong.

Y a-t-il justement des changements en matière de chorégraphies martiales entre Ong-bak et Tom yum goong ?
Pour ce type de films, vous devez pouvoir faire face à toutes les cascades possibles. C'est donc un apprentissage permanent auprès des maîtres de muay thaï mais aussi de tous les autres arts martiaux, ainsi que dans les livres. J'ai même appris la danse.

Que pensez-vous faire dans plusieurs années, précisément lorsque avec l'âge vous ne pourrez plus assurer vous-même toutes les chorégraphies ?
Je continuerai aussi longtemps que mon corps me le permettra. Mais j'aime tellement le cinéma que le jour où ce ne sera plus le cas, je pense devenir chorégraphe ou bien alors enseigner auprès des plus jeunes, afin qu'ils disposent des bonnes bases.

Propos recueillis par Stéphane Argentin.
Autoportrait de Tony Jaa.
Un grand merci à Mme Kanokwan Rick (interprète).

 

 

commentaires

Aucun commentaire.

votre commentaire