Masterclass David Cronenberg

Isabelle Banos | 31 octobre 2005
Isabelle Banos | 31 octobre 2005

Le 2 novembre, sort le nouveau film de David Cronenberg, A history of violence, récit étrange sur la violence justifiée et bilan trouble de la société américaine actuelle. David Cronenberg accompagné du premier rôle du film, Viggo Mortensen et de son chef opérateur de toujours, Peter Suschitzky, était de passage à Paris dans le cadre d'une masterclass Fnac, pour nous parler de son dernier film.

Comment le scénario de A history of violence vous est-t-il arrivé? Comment avez-vous pris connaissance du scénario ? Comment vous l'êtes approprié pour en faire une film de David Cronenberg ?
David Cronenberg : Lorsque j'ai reçu le scénario, c'est mon agent à Los Angeles qui me l'a fait parvenir, j'avoue que j'ignorais que c'était basé sur une BD, je sais que beaucoup d'entre vous aiment ça mais j'ignorais totalement que le scénario n'était pas un scénario original. Ce qui m'a intéressé dans cette histoire c'est qu'elle représentait un petit peu l'Amérique et tous les éléments icônes de l'Amérique : il y avait évidemment des éléments de westerns, des éléments de films de gangsters mais avant tout ce qui m'intéressait dans ce scénario c'était l'exploration de la mythologie de l'Amérique. En même temps je ne pense jamais à faire un film de David Cronenberg, j'essaye d'oublier quand je commence un nouveau film, tous mes films précédents. En effet, j'ai envie d'écouter le film, d'écouter ce dont il a besoin ce dont il a envie. Mon intention n'est jamais de mettre mon empreinte précise, mais forcément comme c'est moi qui le réalise, c'est forcément un film de David Cronenberg.

Est-ce que ces éléments mythologiques sur l'Amérique, le genre du western, du thriller ou du film de gangster, sont des choses qui vous importent personnellement en tant que cinéphile ? Votre formation cinéphilique vient plutôt du cinéma expérimental. Est-ce que le cinéma américain classique est quelque chose qui travaille votre imaginaire ?
David Cronenberg : Comme cinéaste je suis exactement entre Hollywood et l'Europe, les deux influences sont en moi. Étant enfant, j'ai été exposé aux films américains en premier puis aux films européens d'art et d'essai : aux films de Bergman, aux films de Fellini entre autres. Et Toronto est littéralement, physiquement et géographiquement entre Hollywood et l'Europe, donc comme mes films. En fait mon système nerveux central et cinéphile est entre Hollywood et l'Europe.

 


Dans le film, on peut dire qu'il y a une sorte de détournement de certains codes du thriller américain contemporain. Il y a des choses qu'on ne voit jamais dans un thriller hollywoodien, est-ce que vous avez fait ce film dans cette idée que c'était un commentaire critique ou ironique par rapport à ce qu'est aujourd'hui un film d'action américain, un thriller ?
David Cronenberg : Je ne crois pas que mon film soit ironique, il n'est pas d'ailleurs post-moderniste, à la limite je pourrais le qualifier de moderniste. Mais avec les acteurs nous avons pris une décision, de tourner un film de la façon la plus réaliste possible, la plus honnête émotionnellement possible et donc sans ironie aucune et je pense que mon film est d'avantage subversif en tout cas qu'ironique.

 

Comment vous avez pensé à Viggo Mortensen pour ce personnage ? Et vous Viggo, comment s'est passée votre rencontre avec David Cronenberg et de l'approche du personnage ?
David Cronenberg : Je n'ai jamais pensé à Viggo pour ce rôle, mais il était libre (rires). C'est une plaisanterie, car si vous avez vu le film, vous savez que c'est une citation du film.

Viggo Mortensen : Quand j'ai lu le scénario, j'ai tout de suite pensé qu'il était bon. Mais c'était à cause de David, parce qu'il était le réalisateur du film. C'est pourquoi j'ai dit oui, je suis un fan de David. Quand on voit ses films on voit qu'il est intelligent, peut-être un peu étrange.

David Cronenberg : Beau, aussi (rires).

Viggo Mortensen : C'est vraiment un maître. J'ai bien aimé travailler avec lui, tous les doutes et les questions que j'avais sur le scénario, il avait les mêmes. On a été d'accord dès le début.

Quel film vous touche particulièrement parmi ceux de David Cronenberg ?
Viggo Mortensen : Je n'ai pas vu tous ses films, il n'y en a pas un en particulier. Pendant le tournage je pensais beaucoup à Dead zone par exemple, pour le ton du film, les problèmes liés à la famille et à la personnalité. On a parlé de ça pendant le tournage.

 


Comment se passe au quotidien le travail avec David Cronenberg ? Est-ce qu'il dirige énormément les comédiens, est-il très précis sur des postures, sur des emplacements ? Ou est-ce qu'il vous laisse un champ assez libre pour apporter ce que vous voulez dans l'interprétation du personnage ?
Viggo Mortensen : On se sent bien, libre et bien préparé. Il communique très bien avec les acteurs et son équipe. Quand on a commencé à tourner le premier jour, on savait ce qu'il voulait faire, plus ou moins. Mais chaque jour, on avait la liberté de faire, de montrer des choses car il y avait une atmosphère de coopération, de travail d'équipe. On voulait faire du bon travail pas seulement pour nous-même ou pour le film mais pour lui, on voulait lui donner ce qu'il voulait voir. On n'a pas toujours un réalisateur qui donne ça, qui donne confiance.

 

 


Pour Peter Suschitzky : Avez-vous travaillé sur la BD dont est inspiré le film ou avez-vous essayé de vous en dégager pour définir avec David Cronenberg le style visuel du film ?
Peter Suschitzky : Je crois que David et moi on aime découvrir en route comment faire un film. On parle assez peu du film avant de le tourner. Moi, pour ma part, j'essaye de rentrer dans un film en aveugle. Je n'ai jamais fait de prises de vue d'un film avant de commencer. Car pour moi l'ennui de la création artistique, c'est la formule, donc j'essaye de ne pas aller vers la formule, et je vais comme un aveugle.

 

Est-ce que vous avez le sentiment, après presque 15 ans de travail en commun, que vous redéfinissez un style visuel entièrement différent à chaque fois? Est-ce que vous savez ce que David attend de vous, ou est-ce une expérience totalement inédite à chaque fois ?

Peter Suschitzky : Je ne sais pas ce que David attend de moi. Je me rappelle très bien il m'a téléphoné avant de faire ce film pour me demander mon avis. Car comme chaque metteur en scène il hésite avant de plonger et moi aussi parfois. Mais j'accepterai toujours de tourner avec lui parce que c'est toujours un grand plaisir. Et je lui ai dit afin de le convaincre qu'il y a un élément qui me rappelle les films de Fritz Lang : le thème de l'homme qui ne peut pas échapper à son destin, à son passé. On en a parlé avant tous les deux.

Viggo Mortensen : Ce sont de bons acteurs tous les deux car on avait l'impression de travailler avec des personnes organisées et très professionnelles (rires).

Au moment de sa sortie aux États-Unis, certains américains vous ont reproché le contenu idéologique du film, qu'il faisait l'apologie de la légitime défense ?
David Cronenberg : Les critiques aux États-Unis sont très précises. La plupart des critiques américains ont, au contraire, une vision très juste de mon film et peut-être que l'extrême droite aimera mon film, et j'espère bien d'ailleurs. J'étais très heureux de constater au contraire que la critique américaine, loin d'avoir mal compris mon film, l'avait perçu très justement. Quelques critiques même ont trouvé que ce film était très utile, car tout le monde n'est pas de droite aux États-Unis. Ils ont utilisé ce film au contraire pour montrer à quel point la situation américaine était malheureuse en ce moment et donc ce film exprime cela : non pas l'apologie de l'autodéfense mais au contraire notre critique de la situation américaine contemporaine.

Le film est un succès aux États-Unis, parlez-nous de votre relation avec l'industrie du cinéma hollywoodien ?
David Cronenberg : J'ai une relation avec Hollywood, qui a été souvent inexistante, ça dépend de l'année dont vous parlez. Mais je crois qu'après ce film, ma valeur à Hollywood a largement grimpé contrairement à l'époque où je tournais Crash ou Spider où peu de gens voulaient même me parler. Mais je dois dire que mes expériences avec Hollywood n'ont jamais été mauvaises. Concernant M. Butterfly, ça a plutôt été une déception et je ne peux pas blâmer Hollywood pour ça. L'époque à laquelle le film est sorti n'a pas été très favorable. Mais mon expérience sur A history of violence a été tout à fait extraordinaire, car j'avais à la fois l'impact d'un studio et effectivement aussi l'indépendance créative. Donc, à la fois, j'avais la créativité et je n'avais pas à me soucier du financement. Pour moi ça a été quelque chose d'assez génial.

Est-ce que le titre du film A history of violence est le même que la BD dont il est inspiré ? Et pensez-vous qu'il y ait différents sens au mot « history »?
David Cronenberg : C'est différent en français, cela signifie un récit, une histoire. Aux États-Unis, on a une expression : quand on arrête un homme qui a « A history of violence », c'est quelqu'un qui a un passé criminel, un passé violent. Donc c'est un parfait suspect. J'ai voulu parler de ce sens aussi. En un sens plus académique, on parle de l'Histoire et même si on pense d'abord à l'histoire des États-Unis, beaucoup de nations ont fondé leur territoire sur des guerres, d'autres le colonialisme, d'autres la destruction des natifs. C'est vraiment dans ce sens également. Et puis le troisième sens, c'est notre histoire en tant qu'espèce, c'est l'histoire de la condition humaine. Un jour, quelqu'un m'a demandé si j'avais voulu faire de ce film un documentaire et j'ai répondu que ce serait un très très long documentaire s'il me fallait en faire un sur la longue histoire de l'espèce humaine.

 


Le film est quand même traversé par un humour très froid, sarcastique. Est-ce quelque chose que vous réfutez totalement ?
David Cronenberg : Oui. Absolument je le refuse. Mais d'un autre côté, c'est vrai que ce film se situe hors d'une certaine réalité, ce n'est pas la vraie vie d'une vraie petite ville américaine que je montre. Mais en un sens, j'explore la mythologie de l'Amérique, l'Amérique idéalisée. Donc il y a des échos de la façon dont l'Amérique a exploré dans le monde entier sa propre mythologie. Et s'il y a de l'humour dans mon film et non pas de l'ironie, je pense qu'il vient de mes personnages et non pas de moi dépeignant en tant que créateur ces personnages. C'est donc un humour organique qui vient de mes personnages eux-mêmes. Et oui il y a de la dislocation, oui, il y a du subversif, mais il n'y a pas ce dont vous parlez.

 

Pour Viggo Mortensen : Par rapport à votre jeu, le personnage ne semble pas ressentir de remords. Est-ce un fait dont vous avez discuté avec David Cronenberg ?
Viggo Mortensen : C'est surtout une chose pratique, presque normale et nécessaire, cette connaissance du personnage vis-à-vis de la violence. On ne voit pas de joie non plus chez lui. Je pense que David et Peter ont tourné les scènes de violence de façon simple et réaliste. Et ça les rend encore plus frappantes et dangereuses. Je ne suis pas sûr que ce soit son instinct mais plutôt un don qu'il a, le don de la violence.

David Cronenberg : Un jour on m'a demandé si la violence était un virus ou une maladie contagieuse. Malheureusement la violence fait partie finalement de n'importe quel être humain tout à fait sain de corps et d'esprit et c'est en ça que c'est intéressant: cette capacité que nous avons tous d'être violent. Quand j'essayais de penser à ce film et comment filmer la violence, je me suis poser plusieurs questions. Tout d'abord d'où vient cette violence ? Ma réponse est qu'elle vient de certains personnages. Où ont-ils appris cette violence et quel est son sens ? Ma réponse est qu'elle vient des rues de Philadelphie et elle n'a rien à voir avec la violence des arts martiaux ou une forme de réponse sadique. C'est en fait le business des mafieux, elle doit être efficace, la plus rapide possible pour ensuite vaquer à ses autres affaires. C'est pour ça que cette violence n'est pas stylisée au contraire, elle est presque une anti-stylisation de la violence.

Viggo Mortensen : C'est vrai aussi, pour revenir au personnage de Joey, que nous avons aussi considéré ensemble que ce n'était pas forcément un personnage très violent mais que c'était plus de son environnement à Philadelphie, de son frère qui lui est un mafieux. Et il a utilisé à l'époque la violence pour survivre comme une des choses qu'il savait faire avec la pression culturelle qu'il y avait, c'est cela qui l'a façonné. Donc dès le départ nous ne l'avons pas forcément vu comme un personnage violent, pathologiquement violent, mais comme un être tout à fait normal et formé par son conditionnement social. Ça ne veut pas dire qu'il est plus innocent que Richie par exemple. Car il ressent du remord, on peut voir les conséquences physiques mais aussi psychologiques de la violence : sur sa famille et sur lui. Je crois qu'on apprend pendant le film que mon personnage souffre beaucoup à cause de la violence et qu'il a essayé d'échapper à la violence de sa vie, de son frère, du milieu de la violence. C'est une des choses intéressantes de ce film et surtout c'est David Cronenberg qui l'a analysé et pas un autre. On voit que les êtres humains sont capables de dire non à la violence, même un homme comme Joey. Il veut dire non, il veut trouver un autre chemin.

Pour David Cronenberg : Vous avez fait beaucoup de télévision dans les années 70. Aujourd'hui avec le succès de séries comme Alias ou Lost, n'avez-vous pas envie de reproduire ou réaliser des séries TV ? Et pourquoi pas une série issue de A history of violence ?
David Cronenberg : J'ai joué moi-même dans des épisodes d'Alias en tant qu'acteur et ça a été une expérience très drôle. C'est vrai qu'on m'a suggéré d'adapter A history of violence à la télévision. Mais ça voudrait dire qu'une fois par semaine, des malfrats arriveraient dans la ville de Mellbrook et Tom serait obligé de les abattre (rires). On ne sait jamais, peut être que je retournerai à la télévision. Aujourd'hui c'est très difficile d'y travailler car un réalisateur est toujours à la recherche d'une grande qualité et pour un metteur en scène, même si ça semble un peu cliché, la télévision est avant tout l'espace du producteur. Le réalisateur a moins de contrôle dans ces cas-là. Je ne dis pas que je ne le ferai pas mais il y a peu de chance que je le fasse.

 


Dans une de vos interviews, vous disiez que le sexe et la violence étaient liés. Pouvez-vous développer ?
David Cronenberg : Chez moi c'est comme ça (rires). Je crois toujours qu'il y a un élément sexuel dans la violence et un élément violent dans la sexualité. Bien sûr les proportions varient mais ce que j'ai dit tient toujours. Je crois que c'est dû à notre héritage d'animal humain, de primate. En général ce type de questions me lance dans une discussion fort longue sur le babouin. Si vous êtes un babouin, un chimpanzé, un primate l'acte de violence est un passage obligé avant l'acte sexuel car il faut tuer pour devenir le mâle dominant et donc conquérir la femelle. Et les femelles se battent entre elles pour cela. Je crois que cela est dû au Darwinisme et à la fameuse évolution de l'espèce, à la survie de l'homme. Même si aujourd'hui c'est un peu caché, ce côté violent dans le sexe, est bien c'est là, tout le temps sous-jacent.

 

Concernant le choix des acteurs, peut-on avoir confiance dans les agents ?
David Cronenberg : C'est difficile car on ne peut pas toujours faire confiance aux agents. Moi-même j'ai quitté mon propre agent à Los Angeles car un jour je lui ai demandé de soumettre un de mes projets à un acteur et ma propre agence m'a dit qu'il l'avait refusé. La vraie raison était qu'ils pensaient que « ça n'allait pas être bon pour sa carrière ». Alors qu'en fait quand j'ai rencontré plus tard cet acteur, je me suis rendu compte qu'il n'avait jamais lu ce projet. Cependant, il y a une force structurale très forte entre les managers et les agents et il est très difficile d'approcher directement les acteurs, les réalisateurs. Mais il y a une bonne raison à cela, car si c'était possible certains acteurs ou réalisateurs seraient enfouis sous une masse de projets qui n'auraient aucune chance d'aboutir un jour. C'est vrai aussi que la relation personnelle est importante. Par exemple, aujourd'hui je peux appeler directement Viggo et lui demandé si je peux lui envoyer directement mon scénario ou si je dois nécessairement passer par son agent. C'est vrai que c'est difficile mais il y a de bonnes raisons à cela. La relation personnelle devient effectivement la clé, souvent.

Viggo Mortensen : Je ne connais pas la situation en France. Mais par exemple au Danemark, les acteurs n'ont pas d'agents. En Espagne, ils existent mais ils n'ont pas les mêmes pouvoirs qu'aux États-Unis avec les producteurs, les réalisateurs. Aux États-Unis, ils sont dangereux pour la raison dont il a parlé mais ils peuvent aussi faire la liaison, assister, faire marcher des projets. C'est comme dans la vie, quand on ne connaît pas une personne on ne sait jamais si on peut lui faire confiance. Personnellement, j'ai eu de mauvaises expériences avec des agents et je préfère parler directement à un réalisateur et lire moi-même le scénario. Dans le cas de A history of violence, quand j'ai lu le scénario j'ai pensé que c'était bon, mais si ça n'avait pas été David et que je ne l'avais pas rencontré, je ne l'aurais pas fait.

 


Les conséquences de la violence dans le film sont de courtes scènes gores. Avez-vous eu des problèmes de censure ?
David Cronenberg : Non, il n'existe qu'une seule version du film. Peut-être que dans certains pays il va y avoir des coupes dues à la censure locale. Mais vous savez quand on sort un film dans plus de 150 pays, on ne peut pas toujours savoir dans quel pays il y aura des coupes ou pas. Je dois dire qu'en France, dans la plupart des pays européens, au Canada, aux États-Unis, en Angleterre, il n'y a eu aucun problème de coupe ou de censure. Même la censure américaine, qui souvent s'inquiète davantage de la représentation du sexe que de la violence, n'a rien trouvé à redire et ne m'a rien obligé à couper dans mon film. Pour la télévision, il y a eu des coupes comme dans les avions. Il y a eu également des coupes dans le langage : on change certains mots par d'autres et au final, ces versions édulcorées sont très, très drôles.

 

Avez-vous pensé que votre film pourrait faire partie lui-même de l'histoire de la violence sur nos écrans ?
David Cronenberg : Oui, en effet. Je suis heureux de faire partie de cette histoire dont vous parlez car il s'agit d'une violence cinématique, d'une violence artistique et en aucun cas de violence réelle.

 


En quoi Bergman influence-t-il votre cinéma et en particulier A history of violence ?
David Cronenberg : C'est vrai que parfois on croit, à tort, qu'influence veut dire imitation. On se dit qu'on veut faire la même chose que ce que l'on voit sur l'écran. Or la question de l'influence est bien plus subtile. Bien sûr il y a Bergman, mais aussi Fellini, Kurosawa, Truffaut…Et je voulais montrer ce qu'un metteur en scène pouvait être. C'est-à-dire une voix unique, une sensibilité unique, qui d'ailleurs dépasse largement ce que vous voyez sur un écran puisque ils sont devenus dans le langage courant des adjectifs : on parle d'une expérience fellinienne, d'une expérience bergmanienne… il y a là-dedans toutes ces influences de ces grands réalisateurs modernes et classiques qui bien sûr, sont dans mon cinéma.

 

Viggo Mortensen : Je comprends finalement pourquoi il a parlé une espèce de suédois presque tout le tournage que personne ne comprenait (rires).

Interview conduite par Jean-Marc Lalanne, rédacteur en chef des Inrockuptibles et retranscrites pour Écran Large par Isabelle Banos.
Photos de Alexandre Papaïs. Tous droits réservés.

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