Sin City - Rodriguez, Miller et Murphy

Matthieu Perrin | 1 juin 2005
Matthieu Perrin | 1 juin 2005

À l'occasion de la présentation de leur film évènement lors du dernier festival de Cannes, Frank Miller et Robert Rodriguez accompagnés de la délirante Brittany Murphy sont venus rencontrer le public lors d'une Master Class à la Fnac de Cannes, l'occasion de parler des nouveaux enjeux du cinéma, de leurs rapports avec Hollywood, de bande dessinée, d'écran vert, de cuisine et de...film porno.

Retrouvez en vidéo, l'arrivée de l'équipe à cette Master Class Sin City

LA RENCONTRE

Frank Miller : Robert m'avait invité à venir voir les tests du bout de film qu'il avait tourné avec ses copains dans son studio Troublemakers, au Texas. Les copains en question étaient Josh Hartnett et Marley Shelton (c'est la scène d'ouverture). En y allant, c'est vrai que je m'étais dit suite à mes mauvaises expériences avec le cinéma, « un test, foutaises ». À la fin de la journée, j'étais tellement abasourdi par ce qu'il m'avait montré que je lui ai dit : « Quand est-ce qu'on commence ? Quand est-ce qu'on fait le reste du casting ? ». Robert a deux qualités essentielles : il est bon et honnête. Dès le départ, il avait compris toute l'essence de ce que devait être ma bande dessinée Sin city à l'écran. Puis, il a son propre studio qui s'appelle Troublemakers où il peut travailler avec une liberté presque totale. J'ai eu vraiment la sensation en le rencontrant qu'on était des jumeaux séparés à la naissance. Nous sommes infiniment proches. Et c'est vrai qu'en plus (faits non négligeables), il réalise de sacrés bons films.

Brittany Murphy : Et aussi de la sacrée bonne bouffe… (rires)

Robert Rodriguez : J'ai créé sur le tournage une spécialité de mon cru que j'ai appelé les « Sin city breakfast tacos ». Ne vous inquiétez pas, je vais mettre la recette sur le DVD. Plus sérieusement, je flippais car la première fois que j'ai rencontré Frank Miller, il fallait que je réussisse à la convaincre de me lâcher son bébé et d'accepter de me laisser le transposer à l'écran. Pour moi et pour n'importe quel autre cinéaste, c'était un défi vraiment incroyable. À l'époque, personne n'avait réussi ça. Ma priorité, c'était de le persuader que j'étais dans le même trip. Et s'il ne marchait pas dedans, ça lui aurait fait un film souvenir réalisé par des fans.
J'ai décidé d'adapter trois albums de la saga Sin city. J'ai quand même demandé avant à Frank quel était son opus préféré. Il m'a dit que pour lui Le Grand carnage était de loin celui qui avait la plus grande intensité à ses yeux. J'ai alors relu les albums et il paraissait évident qu'en effet Le Grand carnage (mais aussi Enfants de salauds) se prêtait totalement à une transposition sur grand écran.

CO-RÉALISATION

Robert Rodriguez : Je pense que l'ensemble des critiques et du public aurait pensé que Frank s'occuperait de l'aspect visuel et moi, de la direction d'acteurs. En fait, ça a été l'inverse. Je me suis finalement beaucoup occupé de la technique tandis que Frank s'est concentré sur les comédiens. Mais, à y repenser, c'était logique et évident. Frank avait déjà tellement fait sur le travail visuel qu'il avait en quelque sort déjà accompli ce qu'il aurait du faire en termes de réalisation. Moi, je savais exactement ce que j'allais faire derrière la caméra. Et finalement, nous avons travaillé à tour de rôle avec les acteurs. C'était vraiment un travail de collaboration.

Brittany Murphy : Ils n'avaient pas vraiment un rôle spécifique. C'était vraiment fantastique de voir une telle osmose entre deux personnes sur un plateau de tournage. Sur le plateau de tournage, Robert et Frank, c'était vraiment le Yin et le Yang. Pour être franche, il s'est passé quand même quelque chose d'incroyable et qui à mon avis, justifie à lui tout seul la réussite de Sin city : l'aspect technique (en l'occurrence le fond vert), qui fait toujours peur aux acteurs, s'est rapidement mélangé au jeu des comédiens. Je ne peux pas vraiment vous parler des effets spéciaux, vous dire qui a fait quoi car je n'étais pas là en post-production mais c'était à une équipe à laquelle j'avais à faire et non à plusieurs réalisateurs. Ce qu'a fait Robert avec l'œuvre de Frank, c'est un peu comme si vous preniez des tableaux du Louvre et que tout d'un coup, ils s'animaient.

Frank Miller : C'est vrai qu'on aurait pu pensé que cela aurait été extrêmement difficile de co-réaliser. Mon travail d'auteur de bandes dessinées est avant tout un travail solitaire. Je pensais que cela aurait été dur de partager avec un autre la retranscription de mon univers, de le partager avec un réalisateur, une équipe technique et des acteurs. Mais finalement lorsque je fais mes bandes dessinées, c'est exactement le même travail que celui de Robert. Je fais tout de A à Z, j'écris, je dessine, Robert fait la même chose mais avec des films. Finalement nous sommes extrêmement proches dans notre vision artistique. Nous sommes tous les deux des « outlaws ». J'ai donc pu trouver facilement ma place à ses côtés. Cette aventure et je crois qu'il n'y a aucun autre mot pour parler de Sin City, m'a vraiment ouvert les yeux. Le premier jour de tournage, je me suis découvert un amour infini pour les acteurs. Ce sont des gens totalement surprenants.

Brittany Murphy : Ce qui est formidable avec Robert et Frank, c'est qu'ils permettent une grande liberté aux acteurs et nous encouragent à aller le plus loin possible. Normalement, les réalisateurs avec lesquels j'ai travaillé me disent « T'en fait vraiment trop là, essaye de minimaliser ton jeu ! ». Robert et Frank me disaient « C'est bien mais tente d'aller encore plus loin. Fonce, éclate toi ».
LE CASTING

Robert Rodriguez : Quentin Tarantino m'a appris cette chose formidable et essentielle pour tout réalisateur : tout est dans le casting. Une fois que vous avez choisi les bons acteurs, le film est presque terminé. Vous avez juste à les écouter et les laisser agir. Je pense, comme lui que le casting, c'est peut-être 90 % du travail d'un réalisateur. Celui de Sin City est d'ailleurs assez exceptionnel car j'ai réuni la plupart des acteurs(ices) avec lesquel(le)s j'avais envie de travailler. Je voulais vraiment capter une énergie de groupe. Je ne voulais pas du tout passer par les procédés habituels. J'avais envie que ces personnes se déchaînent, donnent le meilleur d'eux mêmes. On les a « casté » et puis après on a choisi qui jouerait tel personnage et non l'inverse. C'est comme ça qu'on a choisi Brittany.

Brittany Murphy : En fait dans un casting normal, on vient auditionner pour un rôle spécifique. Là, personne ne savait qui allait jouer qui. Il y avait tellement de personnages qu'on a tous joué différents personnages.

Robert Rodriguez : C'est vrai qu'on a beaucoup parlé de mes choix concernant les premiers rôles notamment Bruce Willis, Mickey Rourke ou Benicio Del Toro mais on s'est beaucoup éclaté aussi sur les seconds rôles. Je voulais bosser depuis très longtemps avec Rutger Hauer qui pour moi est un acteur très intelligent et très intense. L'occasion avait failli se présenter sur un autre film mais ça ne s'était pas fait. Quant à Elijah Wood, j'avais bossé avec lui sur The Faculty. Et même si c'était plus ou moins le gentil du film, il y a un truc qui m'a toujours intrigué chez lui, ce sont ses yeux bleus intenses que beaucoup de femmes trouvent magnifiques. Sils représentent la pureté et l'innocence, je me suis toujours dit que derrière ces yeux, il devait y avoir quelque chose de pas net, que derrière devait se cacher un psychopathe (rires).

Frank Miller : Quant à moi, j'ai toujours eu envie de voir Frodo bouffer des gens (rires).

Robert Rodriguez : J'ai aussi confié un rôle à Frank. En fait, on cherchait un type qui avait un air assez maléfique pour interpréter un des personnages. Je me creusais vraiment la tête et puis, j'ai regardé Frank et j'ai dit « Attends une minute, c'est toi, tu vas le jouer ».

Frank Miller : Cela a été une étape importante pour moi et ça a aussi fait partie de mon éducation en tant que réalisateur. Je n'avais jamais été de ce côté là de la caméra. Je me suis rendu compte à quel point le travail d'acteur était un travail solitaire, encore bien plus que celui de réalisateur. C'est à ce moment là que j'ai pris conscience de l'importance du rôle du réalisateur. En tout cas, l'expérience de la comédie a vraiment changé ma propre façon de parler aux acteurs.

L'ÉCRAN VERT

Robert Rodriguez : Beaucoup parlent de l'écran bleu comme étant l'ennemi des acteurs, qu'ils n'ont aucune marche de manœuvre avec. Sur Sin City, cet écran a permis vraiment aux acteurs d'être au plus près de leurs personnages. Cela leur a permis de trouver le ton juste. C'est vrai que jusqu'à présent, j'ai toujours fait un énorme travail sur l'espace, j'ai toujours utilisé les décors pour faire virevolter les comédiens dans les airs, notamment Antonio Banderas. Mais avec l'écran vert, vous pouvez en faire dix fois plus. Tout ce que vous imaginez, vous pouvez le faire. Sur les tournages « normaux », vous êtes limités par les contraintes physiques. C'est un peu comme dessiner un univers, vous n'êtes pas limités pour exploiter un espace que vous avez choisi. Dans ce cas là, vous créez cet espace. On ne se dit plus qu'on pourrait utiliser New York pour la transformer. On recréé tout. Quelque part ce que Frank fait avec ses livres, moi je le fais avec l'écran vert.

LE MONTAGE

Frank Miller : C'est vraiment Robert qui a fait tout le travail sur le montage. Il m'a cependant laissé bosser sur certaines scènes.

Robert Rodriguez : Frank devait souvent s'absenter et quand il revenait, il avait un regard totalement neuf qui m'a vraiment beaucoup aidé pour le montage.

Frank Miller : Oui, j'arrivais et je lui disais « Il faut vraiment couper cette scène, ce personnage, ça fonctionne pas sinon ». Et Robert me disait « Je voulais que l'un de nous deux soit celui qui coupe, le méchant de l'histoire, je suis content que ça soit toi » (rires).

Robert Rodriguez : Le montage a de loin été la partie la plus difficile mais ne vous inquiétez pas sur le DVD, on pourra réintégrer toutes les scènes et tous les personnages que j'ai du couper. J'avais quand même trois histoires que je devais faire converger en une seule.

Frank Miller : J'ai été vraiment ébloui lorsque j'ai vu le résultat final. Cela va au delà même de l'adaptation cinématographique d'une bande dessinée. C'était encore mieux que la promesse de départ que Robert m'avait faite. Il a réussi à traduire, retranscrire cet univers et lui donner une vie cinématographique grâce évidemment aux personnages mais aussi aux effets spéciaux. Et croyez moi, les deux sont vraiment totalement indissociables.

QUENTIN TARANTINO

Robert Rodriguez : C'est moi qui a choisi la scène que Quentin devait tourner mais cela a beaucoup dépendu de son emploi du temps surchargé. D'ailleurs, ça tombait pile pendant qu'il était président du jury au festival de Cannes. J'avais vraiment pensé à deux scènes : la séquence d'ouverture avec Bruce Willis ou la séquence avec Clive Owen et Benicio Del Toro, mort mais qui parle toujours. Et finalement je me suis dit que cette dernière scène était assez surréaliste et drôle, un peu comme un court-métrage au sein même du gros film que Sin City était et je me suis dit que Quentin était tout à fait capable de le faire. C'était assez bizarre car Quentin aime vraiment le côté artisanal du cinéma et tient à lui rendre hommage en utilisant les bonnes vieilles méthodes. Il tourne sans effets spéciaux numériques. À un moment, c'était très drôle parce qu'on tournait une scène de violence et Quentin n'arrêtait pas de me dire : « Il y a un problème, ce type se fait tirer dessus et il ne saigne pas, ce n'est pas normal ». Je lui répondais qu'on allait rajouter tout ça en post production. Et il était là : « Ouais mais là il ne saigne pas ton personnage » (rires). Alors, il faut quand même que vous vous imaginiez qu'il s'est retrouvé sur notre film, seul avec deux acteurs, une voiture et un écran vert alors qu'il était censé pleuvoir et que la voiture était en marche et qu'il n'y avait pas de route. Quentin a du faire son Star wars et il a adoré. Il a adoré la liberté que permettait ce procédé. Quentin a vu que l'écran vert n'était pas seulement un artifice numérique mais qu'il permettait de rapprocher le réalisateur des acteurs. Rien ne sépare les acteurs du réalisateur, ni les décors, ni la pluie,…

Frank Miller : En ce qui me concerne, même si je savais que Quentin était un grand fan de mon univers, je ne l'avais jamais rencontré. Je l'ai rencontré la première fois avant de réaliser Sin City. Pendant la scène que tournait Quentin, on était tous là et je crois qu'on est redevenu trois gosses. Nous sommes d'ailleurs devenus inséparables depuis. D'ailleurs, Robert nous appelait « los tres amigos ».


Brittany Murphy : Il fallait les voir : ils se comportaient comme des enfants mais dans le sens le plus noble du terme. Ils semblaient partager leur passion commune du cinéma dans la plus pure innocence. C'est déjà assez rare de se retrouver en face d'un réalisateur qui a cette passion et cette innocence, alors imaginez avoir trois cinéastes comme ça. Pour un acteur, c'est sans doute le truc le plus incroyable qui puisse lui arriver. Ils se complétaient mutuellement. C'était assez dingue !

Robert Rodriguez : Quand Quentin a terminé de réaliser sa séquence ( qu'il avait tourné très rapidement), j'étais en train de préparer la prochaine scène. Il est venu vers moi et m'a demandé ce qu'on allait tourner plus tard. Je lui ai répondu qu'on allait s'occuper de la scène avec Brittany. Et là comme un gamin, il m'a dit : « Est-ce que je peux venir et me mettre dans un coin pour regarder ? » Je lui évidemment dit « ok ». Le lendemain, je suis sur le tournage, je donne des suggestions à Brittany tout comme Frank. Et d'un coup, Quentin sort de son coin et se met à lui en donner aussi. Et Brittany de s'écrier « Mon Dieu, il sont trois !!! ».

Brittany Murphy : C'était si surréaliste.

HOLLYWOOD, FRANCIS FORD COPPOLA ET GEORGE LUCAS

Frank Miller : Nous n'avons pas peur d'Hollywood (rires).

Robert Rodriguez : Il faut croire en Hollywood. Hollywood a besoin qu'on croit en elle. Mais regardez dans cette salle, il y a plein de caméras. La beauté de ça, c'est qu'on peut faire des films partout. Loin de Los Angeles, on s'est créé nos propres règles, notre propre façon de filmer, on ne s'est pas laissé influencer par le « proper way ».

Frank Miller : En tout cas, moi, Sin City ne m'a pas réconcilié avec Hollywood mais avec Austin, Texas (NLDR/ c'est là où se trouvent les studios Troublemakers de Robert Rodriguez).

Robert Rodriguez : J'ai en effet mes propres studios à l'extérieur d'Hollywood. George Lucas a lui aussi un studio assez hallucinant, le Skywalker ranch mais je me sens beaucoup plus proche de Francis Ford Coppola. Quand Coppola a appris que j'avais monté mon propre studio, il est venu nous rendre visite sur le tournage et il a dit que pour ses feux studios Zootrope, c'était ce qu' il avait rêvé : pouvoir rassembler des réalisateurs, des acteurs, des scénaristes, des techniciens, tous unis par la passion du cinéma et prêts à expérimenter. C'est vrai que beaucoup de personnes pensent peut-être que je me suis inspiré de Rusty James, le noir& blanc, les touches de couleurs et Mickey Rourke. J'aime beaucoup ce film et j'estime que Coppola est un précurseur, un visionnaire et un pionnier, toujours en avance sur son temps. Nous n'avons pas vraiment discuter de ça mais quand il a vu Sin city, je suis sûr qu'il a du penser « J'ai déjà fait ça il y a 20 ans (rires).

Frank Miller : Je pense que Robert et moi, on a vraiment eu l'impression de faire du « Cinema renaissance ». Il y a trois réalisateurs, tous ces acteurs et pas de décor. On avait conscience qu'on faisait un film totalement nouveau.

L'APRES SIN CITY

Frank Miller : Je pense que beaucoup de fans ont du penser que l'adaptation de Sin City au cinéma signait son arrêt de mort en bande dessinée. Je les rassure, je suis loin d'en avoir fini avec l'univers de Sin City. J'ai beaucoup d'histoires qui sommeillent en moi. Je pense qu'en plus le fait d'avoir réalisé un film aussi expérimental que Sin City va sans aucun doute influencer mon travail de dessinateur mais aussi d'écrivain. Je pense désormais faire avec les bandes dessinées ce que justement le cinéma (Robert, Quentin avec tout leur génie et les innovations techniques) ne peut montrer.

Robert Rodriguez : Je vous donne un scoop : le début du tournage des deux suites aura lieu en janvier prochain. On va les tourner en même temps comme ça, on aura tout le monde sur place. En ce qui concerne les épisodes, il y aura l'adaptation du volume « Pour toi, j'ai tué ». Pour le troisième, je n'ai pas encore décidé, il y en a tellement de bien que c'est vraiment très difficile de choisir. Dans tous les cas, Brittany reprendra du service.

Brittany Murphy : Merci Robert (rires).

Frank Miller : Et oui pourquoi s'arrêterait-on en si bon chemin ?
LE DVD

Robert Rodriguez : Avez-vous vu le DVD de Desperado 2: il était une fois au Mexique ? Il y a dedans un bonus qui s'appelle « the ten minutes film school » où je montre les recettes que Johnny Depp préfère. Je l'ai surtout réalisé pour apprendre aux gens à cuisiner car je ne comprends pas comment mes amis peuvent ne pas savoir cuisiner. Pour moi quelqu'un qui ne sait pas cuisiner, c'est quelqu'un qui ne sait pas baiser (rires). À la fin de ce bonus , j'avais mis « Coming soon : the ten minutes fucking school ». Si vous voyez où je veux en venir…Sans trop vous en dévoiler, je peux juste vous dire qu'on a commencé à réaliser ce bonus avec Brittany ce matin à Cannes, juste avant de venir ici. Je ne veux pas trahir ce que seront ces dix minutes. J'ai d'ailleurs décidé que cette fois, je n'avais pas besoin de co-réalisateur pour cela. Désolé Frank !

Brittany Murphy :Ce matin, je croyais que j'allais à une interview pour le making of. Je n'ai pas réalisé que j'allais faire une satire de film porno, excusez moi d'un film d'éducation sexuelle (rires).

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