Bérénice Bejo

Aurélie Mayembo | 10 mai 2005
Aurélie Mayembo | 10 mai 2005

Découverte dans Meilleur espoir féminin de Gérard Jugnot, Bérénice Bejo mène avec entrain sa jeune carrière. Doublement à l'affiche ce mois-ci, dans Sans Elle, un premier long-métrage franco-portugais, et Cavalcade de Steve Suissa, elle confirme tout le bien que l'on pense d'elle, en apportant fraîcheur et légereté à ces films. Rencontre au détour d'une terrasse.

Sans elle est le premier film d'Anna da Palma. Une bonne expérience ?
C'est assez agréable de tourner un premier film parce que l'énergie du réalisateur est très différente, il a envie d'y arriver et n'est pas du tout blasé.
Qu'est-ce qui vous a touché dans le scénario ?
Fanfan, mon personnage et Jo, son frère, ont la particularité d'être nés en France de parents portugais, bref d'être partagés entre deux cultures. C'est un peu comme moi, je suis née en Argentine, mais je parle espagnol avec un accent français. C'est ce qui est drôle avec les doubles cultures, on ne sait jamais bien ce que l'on est, dans quel pays on veut vivre… On a toujours une langue qu'on parle mieux que l'autre. Pour toutes ces raisons, ce film me parlait beaucoup. Ce n'est pas un hasard si je l'ai tourné.


Dans le film, vous jouez aux côtés d'acteurs portugais ?
Vitor Norte (le père), Maria Emilia Correia (la mère) et Isabel de Castro (la grand-mère) sont des vedettes au Portugal. « La grand-mère » est une actrice de théâtre, une sorte de Danielle Darrieux portugaise. C'est sympa de travailler avec des acteurs que l'on ne connaît pas, même si j'ai très peu de scènes avec eux.
Vous formez un couple de jumeaux avec Aurélien Wiik. Comment avez-vous crée ce lien à l'écran ?
C'est assez drôle parce que Aurélien et moi, on a tout de suite connecté aux essais. On avait l'impression d'avoir été élevés ensemble. Pendant le tournage qui a eu lieu au Portugal, Anna (da Palma, la réalisatrice) nous a obligé à vivre dans le même appartement, à partager la même salle de bains. On petit déjeunait ensemble, on mangeait le soir ensemble... Tout d'un coup, il y a une espèce de connivence, de lien qui s'est crée entre nous.

Fanfan et Jo partent ensuite chacun dans leur direction. Votre personnage est plutôt solaire, dans la découverte, tandis que celui d'Aurélien Wiik se replie sur lui-même. Avez-vous été séparés à un moment du tournage ?
On ne nous a pas séparé mais ce qui s'est passé, c'est qu'Aurélien tournait beaucoup plus que moi. Je me suis donc souvent retrouvée seule à marcher dans Lisbonne, d'où effectivement, une sensation de « je suis avec toi, puis je ne suis plus avec toi ». Je faisais un peu comme Fanfan, mon personnage, je découvrais la ville et le pays. On peut dire que c'est un film que j'ai presque vécu sur le tournage !


Vous avez aussi appris le portugais ?
J'ai pris des cours de portugais même si je le parlais un peu avant. C'est génial d'avoir l'opportunité d'apprendre une langue et de se plonger dans une autre culture.

Il y a une tonalité incestueuse entre les jumeaux. Le film a, d'ailleurs, été interdit aux moins de 16 ans au Portugal. Qu'en pensez-vous ?
J'ai été surprise de cette interdiction. En même temps, ça fait parler du film… C'est un parti pris de la réalisatrice de dire que la société dans laquelle on vit est pleine de barrières, d'a priori et que peut-être, on se trompe. Ce sont des questions qu'elle pose, elle ne donne pas de réponse… Maintenant je n'ai pas joué un rapport incestueux avec Aurélien Wilk, mais juste mon personnage.

Sans Elle a été tourné en 2003, il ne sort qu'aujourd'hui. Pourquoi ?
Il a mis beaucoup de temps à sortir à cause de difficultés financières, mais je suis très contente qu'il sorte. Aujourd'hui, c'est tellement difficile de faire un film, de le sortir et qu'il soit vu. C'est un miracle !


Vous êtes également à l'affiche de Cavalcade, de Steve Suissa, avec qui vous avez déjà tourné dans Le Grand Rôle. Pourquoi ces retrouvailles ?
Il m'a proposé le rôle de Manon. Tout simplement. Dans les films de Steve, il y a beaucoup d'acteurs qui reviennent régulièrement : Laurent Bateau, Lionel Abelanski, Stéphane Guerin-Tillié, Alice Carel… Il aime bien l'esprit de troupe, l'esprit de famille. Quand il a des rôles, il n'hésite pas à les proposer aux gens qu'il connaît et avec qui il aime travailler. Il préparait Cavalcade et il a pensé à moi… J'ai accepté avec plaisir.

Toujours une guitare à la main, que ce soit dans Sans Elle et Cavalcade !
Effectivement ! Il faut dire que les deux personnages, Manon et Fanfan sont très proches. Ce sont des êtres solaires, très positifs. Dans Cavalcade, mon personnage est un peu la note d'espoir du film, même si je ne veux pas révéler la fin.

Avez-vous des tournages en cours, en ce moment ?
Je prépare le tournage du film OSS 177, mis en scène par Michel Hazanavicius. C'est une parodie de James Bond, avec Jean Dujardin. Il y a donc beaucoup de préparation physique et de travail en amont. Je dois prendre des cours de danse et travailler pour des cascades, j'ai notamment une bagarre avec Aure Attika…. Le tournage doit durer jusqu'à mi-août.

À l'avenir, quel type de rôle souhaiteriez-vous avoir ?
Celui que je prépare en ce moment ! C'est totalement différent de ce que j'ai déjà fait : ça se passe dans les années 1950, il y a tout un travail sur les costumes, les décors et la lumière et une façon de parler à trouver… Mon rôle est celui d'une sorte de James Bond girl, mais intelligente ! Alors que OSS 117, lui est bête (rires). Mon personnage est très carré, très féminin, très glamour. Pour une fois, on ne me verra pas en jeans baskets, mais en talons tailleurs…

Propos recueillis par Aurélie Mayembo.

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