Laurent Baffie

Didier Verdurand | 3 janvier 2005
Didier Verdurand | 3 janvier 2005

Il ne désire plus être acteur au cinéma, mais veut continuer à en faire sous la casquette de réalisateur. C'est au théâtre Comédia, où se joue la pièce Sexe, magouilles et culture générale, que nous avons rencontré son auteur, metteur en scène et interprète pour parler de son premier film, Les Clefs de bagnole, fraîchement sorti en DVD, et pour en savoir un peu plus sur ses dernières conversations...

Genèse ?
Je cherchais une histoire et je piétinais, donc l'idée de la non-idée m'est venue à l'esprit. Je décortique le cinéma à ma façon et lui rend hommage en lui lançant ce cri d'amour. Il y a de nombreuses références, des clins d'œil...

Promo ?
Tout le monde pense que l'affiche des Clefs de bagnole (« N'y allez pas c'est une merde ») a desservi le film. Il est difficile de quantifier le nombre de spectateurs qui ont décidé de ne pas y aller, parce qu'en même temps je pense qu'elle en a attiré d'autres. En tout cas, je suis très fier d'avoir fait cette campagne de pub, elle est un peu historique.

Guest stars ?
En ce moment, j'ai pas mal de retours positifs, parce que les stars du début découvrent pour la plupart le film en DVD et me téléphonent pour me complimenter. Il y a des irréductibles qui ont vraiment refusé de jouer dans Les Clefs de bagnole, comme Bacri qui me dit que ce n'est pas contre moi mais qu'il ne fait jamais ça. Je lui demanderai dans cinq ou six ans.

L'histoire sans fin ?
Je filme encore des refus de stars internationales : Andy Garcia, Matt Damon, Brad Pitt... Ainsi je continuerai à agrandir ce générique historique perpétuellement. Quand le film ressortira en DVD ou en salles, ce sera une nouvelle version. Pareil lorsqu'il passera à la télévision. C'est un « never ending movie ».

Montage ?
J'avais beaucoup tourné et il faut être draconien au montage, qui a été plus long qu'à l'accoutumée puisqu'il a duré six mois. J'ai un problème avec le définitif... Je continue même à le tourner une fois qu'il est fini, c'est vraiment devenu obsessionnel.

Commentaire audio ?
On en a fait un et ce n'était pas terrible, il y avait trop de monde autour de la table. Pour une prochaine édition, il faudrait que j'en refasse un seulement avec Daniel Russo.

DVD ?
Je trouve que les bonus sont bien travaillés, on a bien bossé. Le making of dure près d'une heure, c'est un sacré boulot. Ceux qui ont vu l'habillage du DVD sont épatés. Universal n'aimait pas l'affiche pour la sortie ciné donc on en a choisi une autre.

Dernier DVD acheté ?
Citizen Kane, que je n'ai jamais vu. Et j'aimerais bien me procurer Hellzapoppin, auquel mon film a été comparé, mais il n'existe pas en DVD. Je ne l'ai pas vu non plus. Tout cinéphile que je suis, j'ai quand même des lacunes.

La télévision : un handicap ?
Les gens m'avaient prérangé dans le club de ceux de la télé qui se payent un bide au cinéma, avec Karl Zéro ou Benoît Delépine. Finalement, je ne rentre pas dans cette case. Mon film est atypique, et même s'il n'y a pas eu de triomphe commercial, il y a d'excellentes critiques, et ce n'est ni un échec ni un navet.

Votre dernière conversation avec...

Daniel Russo.
La dernière, je ne sais pas, mais la prochaine, je peux en parler ! Je l'ai vu hier dans le téléfilm 93, rue Lauriston, et comme d'habitude je l'ai trouvé parfait.

Bigard.
Il y a trois ou quatre jours. Nous allons à la même station de ski, à Vars, et comme il y va bientôt, je vais essayer d'en faire autant, même si ce n'est pas évident avec la pièce de théâtre.

Claude Berri.
C'était à sa remise de la Légion d'honneur où il m'avait cordialement invité. J'ai beaucoup de tendresse pour ce mec et je pense que c'est réciproque.

Gérard Depardieu.
Le même soir justement, puisque la réception avait lieu dans son restaurant. Nous n'avons pas parlé de grand-chose, car il y avait beaucoup de monde. Je ne cesse de le remercier d'avoir participé à mon film quand je le vois ou que je l'ai au téléphone. Je ne le connaissais pas du tout avant, et il a été vraiment génial d'accepter et de le faire.

Thierry Ardisson.
C'était par texto, avec l'audimat de Tout le monde en parle.

Brad Pitt et Matt Damon.
Pendant l'enregistrement de l'émission de Thierry. Mes vannes n'étaient pas traduites, du style « Tu as baissé tes prix, tu brades, Pitt ? » J'ai l'habitude que mes vannes tombent à l'eau avec les Anglo-Saxons. Je leur ai demandé de tourner un refus de jouer dans Les Clefs de bagnole, et Matt Damon l'a fait avec plus de conviction.

Le monteur de l'émission Tout le monde en parle.
Je ne le vois jamais le monteur, je ne suis pas concerné par ça, ce n'est pas ma cuisine ! Je ne les connais même pas ! Il y a moins de bidouillages au montage que le disent certaines personnes, et comme Thierry fait attention à son image et qu'on lui a reproché un montage parfois trop charcuté, il fait désormais plus attention à ce domaine. Parfois, c'est vrai qu'il devrait laisser quelques ratages qui donnent de la vie, mais bon, ce n'est pas non plus le montage d'une autre émission, cela reste celle qu'on a tournée !

Marc-Olivier Fogiel.
Ça date de quelques années, et je lui ai dit ce que j'avais à lui dire à l'époque. Mais comme je suis rancunier, mon discours n'a pas tellement changé !

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