Cécile de France

Didier Verdurand | 12 novembre 2004
Didier Verdurand | 12 novembre 2004

Cécile de France, césar du Meilleur Espoir Féminin en 2003 grâce à son rôle dans L'Auberge espagnole, mérite à elle seule le déplacement pour se gausser devant le dernier film d'Étienne Chatiliez, La confiance règne, où elle interprète en compagnie de Vincent Lindon un couple de domestiques. Nous avons eu le plaisir de lui poser quelques questions le jour de la sortie du film, par téléphone. Allô, Cécile ?

Est-ce que vous avez une femme de ménage ?
Non. Il y a bien sûr un côté positif, qui est de donner du boulot à une autre personne, mais cela ne me correspond pas vraiment d'en avoir une. J'ai eu une éducation très soixante-huitarde, baba cool, anarchiste. Avoir une femme de ménage est plutôt une marque de richesse à laquelle je ne suis pas habituée.

Quand vous étiez jeune fille au pair, vous aviez des tendances kleptomanes ?
Un peu, parce que j'étais en manque affectif. J'étais jeune et loin de chez moi, je ne connaissais personne à Paris et je me sentais agressée. Donc, j'avoue, je piquais de la bouffe dans le frigo. Cela dit, on est quand même censée être nourrie quand on est fille au pair !

Le fait de voler était-il une source d'excitation ?
Pas du tout, je culpabilisais énormément !

Et voler un rôle à une autre comédienne ?
Ce n'est vraiment pas pour dire que je ne suis pas envieuse, mais je ne me pose pas ce genre de question. Je n'ai pas de désir refoulé, de fantasmes d'actrices ou par projection. Je fais vraiment confiance aux évènements de la vie, parce que j'ai beaucoup de chance. Je me dis plutôt que d'autres aimeraient être à ma place et que je dois profiter au maximum de ma situation.

Vous habitez Montmartre. On vous a déjà appelée Amélie dans la rue ? Ou bien Irène ?
Non, on ne m'aborde pas dans la rue. Je n'ai pour l'instant que les avantages de ce métier.

Puisqu'on parle d'Irène, je me demandais si vous accepteriez 21 millions de dollars et de prendre quinze kilos pour jouer dans Irène 2, comme vient de le faire Renée Zellweger dans Bridget Jones 2 ?
Pourquoi pas... J'aime bien me transformer pour un rôle, je l'ai déjà fait, sans grossir autant, c'est vrai. Mais bon, Zellweger sait bien que Bridget Jones 2 va marcher, elle ne prend pas quinze kilos pour rien !

Quelle est votre position aujourd'hui à Hollywood, après l'échec du Tour du monde en 80 jours ?
J'ai voulu jouer dans ce film parce que je voulais faire un film d'aventures à gros budget qui n'avait d'autre ambition que de vouloir faire rêver. Ce n'était pas par calcul. J'ai de jolis projets en France et en Belgique, et je ne me préoccupe pas en ce moment de ce que je pourrais faire aux États-Unis.

Vous avez parlé politique avec Schwarzenegger ?
Non, il n'était pas encore en campagne pour devenir gouverneur.

OK, revenons à La confiance règne, qui sort aujourd'hui. Comment se passe votre journée, dans quel état d'esprit vous trouvez-vous ?
Je me suis reposée un peu ce matin, mais sinon je continue d'enchaîner les interviews. Le pire pour moi est la promo. Vous lisez aussi les premières critiques, bonnes ou mauvaises, et c'est toujours assez dur. Je trouve ces moments stressants, cela va jusqu'à me couper l'appétit. J'ai beaucoup fumé de cigarettes... J'ai l'impression d'avoir vieilli d'un an en trois semaines, on a fait une tournée de quinze villes avec Étienne Chatiliez. Le faire en sa compagnie fut quand même un vrai bonheur, on s'entend super bien. Maintenant que le plus dur est passé, je vais retrouver un équilibre. Je ne m'intéresse pas aux chiffres. Évidemment, je voudrais que le film marche, mais je suis moins concernée que d'autres.

Un mot sur Les Poupées russes, la suite de L'Auberge espagnole ?
Cinq ans ont passé et je suis toujours une pote de Xavier, qu'interprète Romain Duris. Je suis dans à peu près un quart du film, la partie à Saint Pétersburg. La plupart de mes scènes sont aussi avec Kelly Reilly et Kevin Bishop. Je n'ai pas eu le sentiment que cinq ans avaient passé, que nous avions changé. Il y avait le même état d'esprit que sur L'Auberge espagnole, c'était encore plus agréable car nous nous connaissions. Et j'ai adoré retrouver la finesse de la direction d'acteurs que possède Cédric Klapisch.

Votre histoire belge préférée ?
Les Belges ne racontent pas d'histoires belges !

Propos recueillis par Didier Verdurand.

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