Catalina Sandino Moreno

Didier Verdurand | 11 septembre 2004
Didier Verdurand | 11 septembre 2004

Catalina Sandino Moreno est arrivée à Deauville auréolée de l'Ours de la Meilleure Actrice à Berlin. Qui aurait pu dire il y a encore un an que cette jeune colombienne habituée des planches – de théâtre – allait faire le tour du monde des festivals et surtout devenir la révélation féminine de 2004 grâce à Maria pleine de grâce ? Sûrement pas elle. A l'aube d'une carrière prometteuse, elle s'est confiée sur sa nouvelle vie.

Maria dit dans le film qu'elle ne veut pas devenir célèbre. Et vous ?
Moi non plus. Je ne pensais même pas que j'allais faire du cinéma. Encore moins être connue grâce à ce rôle. Le mot « star » ne faisait pas partie de mon vocabulaire alors qu'on me le sort régulièrement maintenant… Ce qui me rend le plus heureuse, c'est de voir que les gens m'abordent croyant que je suis Maria car cela veut dire qu'en effet, je n'ai pas été mauvaise !

Vous n'avez tourné qu'un film, mais êtes-vous décidée à continuer dans cette voie ?
Depuis mon plus jeune âge, je suis passionnée par la comédie. Le problème en Colombie est que le seul moyen d'en vivre est de jouer dans un soap opéra. Grâce à Maria, je peux envisager de faire une vraie carrière au cinéma et ne pas me retrouver enfermée dans un rôle pendant des années…

Vous vivez désormais à New York. Retournez-vous de temps en temps en Colombie ?
J'essaie d'y aller le plus souvent possible car la Colombie reste mon pays, là où je me sens chez moi. Le film est sorti là-bas et a bien marché, mais je peux encore sortir sans être trop abordée car les vraies stars sont celles qui sont dans les soap. Je préfère cette situation car, je le répète, je ne recherche pas la célébrité.

Vous êtes-vous bien adaptée à New York ?
Oui, j'adore cette ville. J'y ai la possibilité d'aller voir des pièces de théâtre et des films que je ne pourrais pas voir à Bogota. Bien sûr, ma vie a changé car je vis désormais dans un petit appartement avec l'homme que j'aime, et ça change de la vie avec ma mère ! Je me suis prise en charge et j'avance ainsi.

Quels sont vos modèles chez les actrices contemporaines ?
Je n'ai pas d'idoles auxquelles je veux ressembler, je veux garder ma propre identité. Comme actrice préférée, je pourrais vous citer Frances McDormand que j'admire. Chez les hommes, je dirais William H. Macy.

L'immense popularité de Salma Hayek et Jennifer Lopez aide-t-elle les jeunes comédiennes d'Amérique Latine ?
Je ne veux pas être un stéréotype latino comme elles le sont. Elles sont toujours hyper sexy et ne sortent pas de ce créneau qui ne m'intéresse pas. Cela dit, elles excellent dans ce domaine ! En tout cas, jamais je n'accepterai un film sous prétexte que le personnage représente la jeunesse colombienne et c'est pourquoi je n'ai pas hésité quand on m'a proposé Maria pleine de grâce qui n'a rien à voir avec de quelconques clichés autour de l'Amérique latine ou plus précisément la Colombie.

Vous recevez beaucoup de scénarios ?
J'en lis énormément, d'autant plus que cela me permet d'améliorer mon anglais. Maria était le premier scénario que j'ai lu et je suis bien consciente de la chance extrême de tomber si facilement sur un aussi bon scénario! Je me doute bien qu'il faudra que j'en lise des dizaines avant d'en retrouver un d'aussi bonne qualité…

Quels sont les rôles que l'on vous propose ?
Quasiment que des rôles de jeune latine, très pauvre, désespérée, sexy ou droguée. Bref, tout ce que je ne veux pas faire. C'est la raison pour laquelle je prends mon temps avant d'accepter un nouveau rôle. Je veux être fière dans 10 ans de mes choix de carrière, pas accepter n'importe quoi. Ce serait le meilleur moyen de vite tomber dans l'oubli.

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