Adrian Paul

Stéphane Argentin | 31 décembre 2004
Stéphane Argentin | 31 décembre 2004

Son nom vous dit forcément quelque chose puisqu'il a interprété durant six années consécutives le rôle de Duncan MacLeod, un immortel âgé de 400 ans dans la série au succès mondial Highlander. À l'occasion de la sortie DVD en France de la première saison, Adrian Paul était de passage dans la capitale. Rencontre avec un comédien baraqué et francophone qui évoque avec nostalgie ses débuts d'acteur et qui souhaite aujourd'hui couper définitivement la tête de l'immortel qui l'a rendu célèbre.

Vous êtes venu en France uniquement pour la promotion du DVD d'Highlander ?
Oui, mais j'en profite également pour aller rendre visite à ma famille à Londres (sa ville natale, NDR).

Après tout ce temps, vous n'avez pas peur que le personnage vous colle à la peau pour toujours ?
Un peu en fait, car ce n'est que depuis tout récemment que le public me voit autrement qu'en Duncan MacLeod, surtout aux États-Unis où j'ai tenu pas mal d'autres rôles depuis.

Et pourtant, vous n'avez pas du tout débuté comme comédien…
Au tout début de ma carrière, j'étais danseur et mannequin. Puis, des personnes de mon entourage m'ont encouragé à devenir comédien, tout d'abord sur scène, dans des pièces de théâtre, puis à l'écran.

Comment vous êtes-vous retrouvé sur la série Highlander ?
Je me suis rendu à un casting dans un hôtel où il y avait quatre ou cinq personnes, parmi lesquelles des producteurs et des scénaristes. J'étais le premier acteur qu'ils voyaient et je me suis présenté devant eux en leur disant : « Ce n'est pas la peine que vous rencontriez les suivants car c'est moi le personnage. » Ils m'ont regardé avec des yeux grands comme ça. Ils devaient sûrement penser un truc du genre : « Il est un peu con celui-là ». Toujours est-il qu'après trois mois de recherche à Londres, New York et Los Angeles, je faisais partie des six acteurs qui restaient sur leur liste. Puis, après plusieurs bouts d'essai, nous n'étions plus que deux comédiens en lice pour le rôle. Mais, comme dans la série, il ne pouvait en rester qu'un, et en l'occurrence c'était moi (rires).

Qu'est-ce qui, selon vous, a bien pu jouer en votre faveur ? Le fait que vous soyez anglais, que vous pratiquiez les arts martiaux, l'escrime ?
Mes origines anglaises ont dû jouer, en effet, puisque la décision finale s'est faite entre moi et un autre comédien britannique. Quant à mes aptitudes physiques, mes interlocuteurs les ignoraient, donc ça n'a pas pu influencer leur jugement. Je crois que, comme très souvent dans ce milieu, le choix s'est fait au feeling. Les personnes chargées de faire passer les castings sentent si tel ou tel acteur va convenir ou non, un point c'est tout. C'est quelque chose qui ne s'explique pas en fin de compte. Pour en revenir aux arts martiaux, je pratiquais le katana depuis environ un an lorsque j'ai débuté sur la série, mais je n'ai débuté l'apprentissage du kung-fu qu'après. Et je continue à le pratiquer depuis car j'adore ça.

C'est vous qui effectuiez vos propres combats dans la série ?
Oui, même si mon « style », qui était un mélange de plusieurs arts martiaux, avait tendance à déconcerter mes partenaires qui s'étaient entraînés juste avant avec le maître d'armes, car je ne faisais pas toujours exactement les mêmes gestes que ceux auxquels ils avaient été préparés.

J'ai entendu parler d'une histoire à propos d'une personne qui avait volé quelque chose au cours du tournage et que vous auriez arrêté. Est-ce vrai ou est-ce une rumeur ?
Ça s'est vraiment passé. Je me trouvais dans ma loge quand j'ai entendu crié : « Arrête ! » Je suis sorti et j'ai vu passer juste devant moi un type qui avait volé une caméra à deux touristes, poursuivi par un assistant. Je me suis lancé à ses trousses à mon tour et l'assistant et moi sommes parvenus à le rattraper et à le plaquer au sol jusqu'à l'arrivée de la police. Mais il faut dire aussi que les studios de tournage à Vancouver étaient un peu légers question sécurité.


Quand a eu lieu votre rencontre avec les autres acteurs, et notamment Christophe Lambert ?
J'ai fait la connaissance de Christophe Lambert au moment du tournage du pilote. Je ne l'avais jamais rencontré auparavant, mais le courant est très vite passé entre nous. Nous nous amusions beaucoup sur le tournage et cette complicité en coulisses correspondait parfaitement à celle qui existe entre les deux personnages que nous interprétions à l'écran.

Vous aviez déjà vu les deux premiers longs métrages avant d'être engagé sur la série en 1992 ?
Oui. J'aimais bien le premier, mais je trouvais le deuxième un peu moyen.

De nombreuses personnes considèrent justement que la série s'est améliorée au fil des ans alors que chaque nouveau film était pire que le précédent.
C'est malheureusement vrai ! C'était comme des progressions inversées si l'on compare les deux, même si la sixième année de la série était moins réussie car les producteurs et les scénaristes cherchaient un moyen pour prolonger celle-ci, ce qui donnait des épisodes un peu disparates. Mais il faut dire aussi que la quatrième et la cinquième saison étaient sans doute les plus réussies et j'ai d'ailleurs eu la chance de réaliser quatre épisodes au cours de ces deux années-là, dont le 100e. Un chiffre très symbolique car les séries qui franchissent ce « cap » sont très rares. À ce moment-là, le succès était à son zénith et Highlander était diffusé dans quatre-vingt pays.

Pourquoi la série s'est-elle arrêtée ?
Après la cinquième saison, j'ai décidé d'arrêter car je n'y prenais plus autant de plaisir et j'estimais que l'on ne pourrait pas faire mieux. D'ailleurs, la sixième année l'a prouvé : la série se répétait car il n'y avait plus rien de nouveau à raconter.

Vous avez tout de même repris votre rôle dans le quatrième film en 2000, Highlander : Endgame, et l'on parle déjà d'un cinquième long métrage. Vous en ferez partie à nouveau ?
J'ai déjà été contacté en ce sens mais j'ai répondu que tout dépendrait du scénario. Si je décide de reprendre mon rôle, ce sera uniquement pour mettre un terme une bonne fois pour toutes au personnage de Duncan MacLeod. En plus, reprendre le rôle aujourd'hui, ce serait un peu comme revenir en arrière pour moi.

À présent, vers quoi vous destinez-vous ?
Je suis en train d'écrire une biographie de Casanova depuis quatre ans maintenant. Ce personnage me fascine car il possédait de multiples facettes, pour la plupart inconnues du grand public, que je souhaiterais montrer. Tout le monde connaît Casanova comme étant un grand séducteur qui paradait dans toutes les cours d'Europe du XVIIIe siècle, mais c'était également un espion pour le compte du gouvernement français. Il a aussi traduit en italien l'Iliade d'Homère ou encore écrit certaines parties de Don Giovanni, le célèbre opéra de Mozart. Si le projet se concrétise, il se fera sous la forme d'une mini série télévisée, car j'estime que c'est le meilleur moyen pour pleinement développer la vie de ce personnage. De très nombreux projets d'excellente qualité ont vu le jour ainsi au cours de ces dernières années, notamment via la chaîne HBO (Frères d'armes, Angels in America…). Je suis également sur un projet de pièce de théâtre. Je souhaite d'ailleurs jouer de plus en plus sur les planches, car c'est non seulement par là que j'ai débuté ma carrière en tant qu'acteur, mais c'est aussi là que je peux le mieux m'exprimer en tant que comédien.

Autoportraits d'Adrian Paul.

commentaires

marie
12/02/2017 à 13:00

Domage car tu été genial en macleode.tu devrais continuer l comedi sa t v bien

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