A part Ça, les trésors perdus de Stephen King : Maximum Overdrive

Simon Riaux | 19 août 2017
Simon Riaux | 19 août 2017

Tous les week-end jusqu'à la sortie de Ça, la rédaction se penche sur une adaptation oubliée du maître de l'horreur ! 

Carrie au bal du diableShiningThe Mist … L’œuvre foisonnante de Stephen King a logiquement servi de matrice à certains des grands films fantastiques de ces dernières décennies. Alors qu’approche la sortie du remake de Ça, que La Tour Sombre débarque sur les écrans et que la série Mr. Mercedes démarre, la rédaction vous propose de revenir sur les adaptations de King.

Mais pas n’importe lesquelles : pas les chefs d’œuvres ultra-commentés, pas les réussites éclatantes ou les perles du genre. Non, derrière ces emblèmes bien connus se niche une tripotée d’adaptations beaucoup moins connues, qui composent un coffre à trésors horrifiques particulièrement réjouissant.

Films fous, inclassables, ratés, malades ou incompris... chaque week-end, Ecran Large plonge dans l’héritage bizarroïde du Maître de la Terreur, en vous proposant de revenir sur des adaptations peu ou mal connues.

 

PhotoOn appelle ça draguer les lecteurs bien comme il faut

 

Nous sommes en 1986, les romans de Stephen King ensanglantent l’Amérique, leurs adaptations sur grand écran fascinent les cinéphiles. Après les éclatantes réussites de Carrie, Shining ou encore Dead Zone, plus d’un producteur se dit qu’associer directement le cinéma de genre et un de ses plus grands artisans littéraires sera synonyme de succès.

Pour sa part, Stephen King caresse depuis un moment l’idée de passer derrière la caméra, et les libertés parfois prises par de brillants cinéastes avec ses travaux n’y sont peut-être pas pour rien : l’artiste rappelle volontiers combien le métrage de Stanley Kubrick lui est toujours resté en travers de la gorge. « On n’est jamais mieux servi que par soi-même » lancera-t-il ainsi pendant la promotion du film qui nous intéresse aujourd’hui. Pas sûr qu’il soit toujours du  même avis.

 

Photo

Maximum overdose

 

CRASH TEST

Soudainement, toutes les machines prennent vie et attaquent les humains. Idée qui traverse toute l’œuvre de King et se retrouve ici décuplée, alors qu’une bande de joyeux nigauds se retrouvent coincés dans une station service assiégée par plusieurs camions en mal de chair fraîche.

Le film était le second d’un deal signé entre la MGM et le fameux producteur Dino de Laurentiis (avec Le Sixième Sens de Michael Mann). Et si s’associer à un producteur aussi célèbre pouvait sur le papier présager d’un attelage de première classe, tout laisse à penser que quelque (plein de choses, en fait) ne se sont pas passées comme prévu.

 

PhotoRappelle-toi d'Alamo gamin !

 

Sur le plan cinématographique, Maximum Overdrive, qui s’inspire de la nouvelle Poids Lourd, écrite par King lui-même, est un spectaculaire ratage. Absolument rien ne fonctionne. Le scénario est rachitique, les personnages sont stupides et leurs interprètes manifestement dans le coma, les effets spéciaux sont passablement inégaux, le rythme d’une mollesse impitoyable et enfin, le récit alterne entre misogynie et racisme douteux typique des séries B de l’époque.

Un comble, quand on sait que King s’est toujours fait fort d’interroger les démons de l’Amérique, dans son rapport tourmenté aux questions de genre et à ses problèmes raciaux. À l’évidence, l’écrivain-réalisateur semble avoir perdu le contrôle. Comme il le dira lui-même à maintes reprises, l’écrivain était « cocké jusqu’aux yeux » pendant la fabrication du film, qu’il décrit également comme « la pire adaptation » de son travail.

 

PhotoDites moi ! Ce pare choc ne m'a pas l'air tout à fait réglementaire...

 

TWILIGHT ZONE

Et pourtant, Maximum Overdrive est un indispensable pour tout amateur de King, ou amateur de péloches azimutées. À coups de mise à mort bizarroïdes, de design étranges (ah ce camion aux airs de Bouffon Vert…), le métrage se transforme progressivement en série Z inclassable.

Rien ne tourne, rien ne fonctionne comme prévu et petit à petit, ce qui devait être la consécration du maître de l’horreur vire à la pure comédie (on vous recommande à ce titre la VF du film, invraisemblable). Plus intéressant, le King a peut-être involontairement rendu hommage à tout un pan de sa culture horrifique. Dans son passionnant essai Anatomie de l’Horreur, il revient longuement sur ses premiers contacts avec le genre.

 

PhotoLe suicide du jardinier ? Non, une attaque de tronçonneuse...

 

De fictions radiophoniques en pulps, sans oublier d’innombrables petits films fauchés, King s’est constitué dans sa jeunesse une connaissance encyclopédique d’une certaine culture populaire, de ses codes et de son inconscient. Alors qu’il dirige Maximum Overdrive dans un état second, plutôt que le condensé d’horreur sociale et humaine qu’il nous a offert jusqu’alors sur papier, c’est bien à ces sous-genre bricolés, fragiles et indispensables, qu’il rend inconsciemment hommage. Sortie de route historique, ratage, délire méta, révérence imprévue à tout un pan du cinéma bis, Maximum Overdrive est tout cela à la fois.

C’est quasiment simultanément que sortira en librairie un des chef d’œuvres du maître : Ça. Grippe-Sous le Clown y est une entité monstrueuse qui se repaît de la peur des enfants de la bourgade de Derry, en prenant l’apparence de créatures issues de divers films, livres ou œuvres horrifiques. Dans un autre monde, Maximum Overdrive aurait pu nourrir de son fuel avarié l’imagination carnassière du monstre, bouclant une boucle sinueuse, tordue et passionnante.

 

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PhotoLa scène du distributeur de cannettes tueur est un must

commentaires

Florian2meaux
19/08/2017 à 22:51

Je kiff ce film , pure série z sans queue ni tête avec une bande son du tonnerre

Flash
19/08/2017 à 11:19

Je me souviens l'avoir vu lors de sa sortie, c'était vraiment pas bien, jamais eu envie de le revoir depuis.

Redmond Barry
19/08/2017 à 11:12

Lors de sa venue en France, King a évoqué Maximum Overdrive et c'est le premier à s'en moquer. Par contre il dit vraiment apprécier le boulot de frank Darabont.

Satan LaTeube
19/08/2017 à 10:09

Avec une musique d'AC/DC quand même.

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